Ashes to Ashes - Cardinal VII

24/01/2003

Par Djul

Label: DVS Records

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Ashes to Ashes, c’est de prime abord un logo et un nom pas très originaux et évoquant un goût avoué pour l’obscur. Après écoute attentive, on en est certain : le groupe officie dans un registre que l’on pourrait décrire comme du métal agressif et gothique, saupoudré de symphonique.
L’entrée en matière, sorte de sous-Children of Bodom, ne risque pas de marquer la mémoire. Par la suite, quelques spécificités apparaissent : de fortes disparités de tempos, un chant « varié » (black, à la Rammstein, avec des chœurs assez malheureux à la Enigma…). Les claviers sont plutôt pesants (Cradle of Filth est presque léger en comparaison), surtout quant ils ont droit à une plage entière (« Among Mortals »). Le reste est dans la pure tradition du métal à tendance « satanique qui fait peur » : guitares saccadées, rythmes thrashisants, le tout baignant dans un son lourdement compressé.
On pense souvent à Therion, le talent en moins, à l’écoute de Cardinal VII : pseudos incursions dans la mélodie arabisante (« Truth on Scaflod »), riffs « menaçants » avec un batteur sous ecstasy, etc. Chaque morceau est enchaîné au précédent dans une cohérence que nous ne sommes pas arrivés à percevoir sauf du point de vue des clichés, bien présents, eux. Nos amis n’ont de plus pu résister à la composition de l’incontournable « titre épique de 10 minutes », mais comment faire sans inspiration ? On fait du doom, hélas sans bonheur, incluant des vocaux « gentils » (et les chants grégoriens qui reviennent) et une plage symphonique primesautière.
Bizarrement, le tout s’arrange un peu vers la fin du disque, notamment sur le titre éponyme. Mais le mal est fait, et la note est dure. Ce groupe aurait peut être reçu un accueil plus compatissant auprès d’un magazine plus près de ses racines. Et encore, bien plus probablement s’il était sorti en 1996, à l’époque où chaque disque dark était encensé. Mais la roue tourne…