Tempano - The Agony and the Ecstasy

23/01/2003

Par Djul

Label: Musea

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Tempano est loin d’être un inconnu de nos services de renseignement : groupe vénézuélien fondé en 1977, il n’a à son actif que trois albums (après 1979, il faudra attendre 1999 pour les voir réapparaître avec Childhood’s end), ce nouvel essai compris ! Mais cette longue expérience transparaît à chaque seconde de The Agony…. Autant briser le suspense tout de suite : cet album est une belle pièce ciselée, travaillée, un régal pour l’amateur de progressif de tous horizons.

Tempano navigue entre les différentes sphères composant le genre : rythmique tressautante assez jazz rock, guitares floydiennes, parfois crimsonniennes, des claviers en nappes, mais aussi des boucles électroniques et un chant très clair qui rappelle le meilleur du néo-prog. D’ailleurs, le bien nommé « Twisted Mind », composition bicéphale, est un parfait résumé de ce subtil équilibre. On ne s’ennuie jamais, rien n’est inutile ou surfait, et tout paraît couler de source.
Pedro Castillo, leader de la formation, fait merveille avec un chant en anglais très maîtrisé, et ses compères assurent des rythmiques souvent complexes derrière des mélodies accrocheuses. Des titres comme « Just a Second » (une mélodie à la Land’s End, s’éloignant toutefois du cliché années quatre-vingt par un break médiéval et un démarrage à la Deus Ex Machina), ou « Timeless Time » (floydien en diable) sont irrésistibles. Des instrumentaux parsèment le disque et sont autant de subtiles transitions, souvent atmosphériques (« All Ages Tears » est beau…) ou tordues (« Intermezzo »).
L’ambiance générale est à la délicatesse et il se dégage tout à la fois une formidable énergie (on pense à du Neal Morse sur « Il Duomo ») et une douce mélancolie (« Pieta »), le tout étant servi par un son ample où chacun est à l’honneur. Notons au passage la qualité de l’artwork, qui vous dissuadera d’en obtenir une copie par des voies illégales.

On pourrait reprocher au disque un certain académisme, mais rarement les différentes influences d’un groupe n’ont été si bien assimilées, pour délivrer, reconnaissons-le, ce qui est une déclaration d’amour au progressif.