The Flower Kings - Unfold The Future

04/11/2002

Par Djul

Label: InsideOut Music

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Roine Stolt sort un nouveau double album, le premier depuis l’excellent Flower Power et le classique Stardust We Are. Attention : nous sommes en présence d’un album des Flower Kings, qui ne sonnent pas comme Transatlantic, même si Roine répète à longueur d’interviews qu’il utilise indifféremment ses compositions pour les deux groupes (NdR : Transatlantic ayant mis la clé sous la porte, la question d’une confusion ne se posera plus).
Néanmoins, le groupe a changé depuis 1998 avec deux albums composés (Space Revolver et The rainmaker) avec plus de simplicité. Finis les monolithes aux changements de tempo et de thèmes incessants : les titres deviennent plus sobres, plus calmes. Alors quid de Unfold the future ?

« The truth will set you free », de 30 minutes, lance le bal. Ce titre est un petit chef d’œuvre, avec son enchevêtrement de thèmes et d’atmosphères (du plus paisible au plus menaçant – vers la vingtième minute – en passant par le plus épique). « Silent Inferno », autre pavé d’un quart d’heure, est assez proche de son prédécesseur, avec sa guitare tonitruante. Les autres titres de ce premier disque sont variés, hésitant entre le dynamisme de « Monkey Business » et les ambiances tarabiscotées (« Black and White » et « The Navigator », sur lesquels on remarque avec plaisir tout l’apport de Bodin, offrant de nouvelles sonorités). « Vox Humana » propose un superbe duo de Stolt et Froberg, ce dernier ayant, bonne nouvelle, un peu plus de passages chantés.
Le second disque, plus équilibré, pourrait être le successeur de The Rainmaker, et les titres sont peut être plus accrocheurs : « Last Lane » est vraiment habité (avec un phrasé à la Pain of Salvation sur le couplet !), comme « Rollin The Dice », tandis que « Grand Old World » envoûte. « Devil’s Playground », sombre – trait que l’on retrouve depuis quelque temps chez Stolt, est très structuré, à la manière des gros titres du Rainmaker,. Le final de ce deuxième disque est d’ailleurs… diabolique !

Toutefois, ce double a posé un problème à la Rédaction: peu de choses retiennent vraiment l’attention et il faut une écoute fine pour saisir la bête. L’agencement – étrange – des morceaux, quelques titres inutiles (les improvisations que sont « Christanopel » ou « Soul Vortex » n’apportent rien) et des refrains peu transcendants ou étranges (« Man overboard ») y sont pour quelque chose. Les Kings hésitent sans jamais choisir, entre un lâcher-prise ouvert à tous les délires et la composition de titres rigoureux et épiques. La finalité livre des morceaux parfois un peu fades.
Attention cependant ! Ce Unfold the Future est hors-normes et seuls le temps et la scène diront ce qu’il vaut. Si vous aimez les disques variés sans vous attacher à la cohérence de l’ensemble, cet album devrait vous combler ! Pour les autres, il reste, comme souvent avec The Flower Kings, un petit goût d’inachevé.