Innerchaos - Neopolis

08/10/2002

Par Julien Weyer

Label: Brennus Music

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Après deux démos, l’album ! Le précédent essai, « Into the Pit », chroniqué dans le n°19 de feu Progressia « papier » nous avait semblé encourageant. Avec l’arrivée de deux musiciens (Steve Cheney à la basse et Jean-Baptiste Poplin à la batterie), Bertrand Drecourt, qui officiait jusque là en solo, commence à se donner les moyens de ses ambitions. La question est donc : est-il sur la route du succès ?

Un trait domine : l’évolution dans la continuité. Innerchaos en « power trio » délivre toujours un metal-thrash mâtiné d’influences progressives et gothiques, où des passages rapides aux riffs ravageurs alternent avec des ambiances plombées – dans le bon sens du terme – sur des rythmes plus lents. La nouvelle section rythmique, à l’exécution impeccable, donne à l’ensemble tantôt une sacrée pêche, un « bon p’tit groove », et fait bien plus que le strict minimum de son boulot. Le niveau guitaristique de Bertrand lui autorise bien des prouesses, dans un style se développant quelque part entre Pantera et Satriani. Tous les ingrédients semblent donc réunis pour emballer l’auditeur. Les bonnes idées sont nombreuses et on ne s’ennuie pas, mais si peu de passages déclenchent un réel enthousiasme, musicalement parlant. Il ne s’agit cependant pas de bal musette. Mais que manque-t-il alors ? Un chant plus varié ? Un fil directeur ? Une unité au sein de chaque titre ?

La production, très propre et compacte, convient bien au style mais n’apporte pas vraiment de relief à l’ensemble. Les textes ont, quant à eux, bien plus à dire que ceux de beaucoup de groupes à succès, mais, là aussi, une impression de frustration domine : si le vocabulaire anglais est riche, le style manque encore un peu de naturel pour être totalement crédible, sauf le temps d’une exception, française. « Conclusion » nous donne, dans notre belle langue, une vision saisissante des risques de la course aux armements, ce qui, à la lueur des attentats du 11 septembre 2001 (le morceau date de 1998) acquiert une nouvelle dimension. Donc pour répondre à notre question, Betrand Drecourt est sur la route du succès, il reste encore quelques étapes mais il a les moyens d’avancer : même les grands groupes ont souvent besoin de temps.

Pour finir, un quiz. Innerchaos, c’est :
a) vraiment bien : le chroniqueur est un pisse-froid !
b) pas encore ça, mais prometteur.
c) je ne sais pas ! Et y a quoi à gagner ?

Si vous avez répondu « c », remarquez que le titre « Spirits » est proposé à l’écoute, alors jugez-en par vous-même !