White Willow - Sacrament

01/10/2002

Par Djul

Label: The Laser's Edge

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White Willow s’est vu, depuis son premier album, attribué le lourd qualificatif de « The Gathering du progressif ». Si la comparaison permettra peut-être de convertir certains à la musique de ces Norvégiens, elle est réductrice tant leur talent dépasse les rapprochements. Après Ignis Fatuus, un premier album majeur versant dans un mélange de progressif, de metal et de gothique, Ex Tenebris, plus personnel et moins lumineusement folk (comme son nom l’indique !), et une prestation remarquée au Progfest en 1995, Sacrament s’avère, comme souvent lors d’un troisième album, celui de la maturité.

Extrêmement maîtrisée, mystérieuse, la musique de White Willow a pris, en deux années, une ampleur inattendue. Car contrairement à la plupart des groupes au chant féminin, la vocaliste n’est pas le centre d’intérêt unique. Jacob Holm Lupo, guitariste meneur, possède un don de la mélodie et de la mise en place dans les morceaux qui ouvre à White Willow des perspectives autrement plus mémorables que celle d’être un backing band pour chanteuse déprimée.
Ainsi, l’instrumental « The Crucible », très Anglagaard avec son orchestration classique et ses brutales ruptures, alterne avec l’étonnant « Paper Moon » et ses envolées de guitares et claviers, alliant la mélodie du Floyd et l’intensité de Porcupine Tree. Dès les délicats arpèges de « Anamnesis », on est envoûté par la finesse des arrangements (flûtes, guitares acoustiques, piano, claviers) et la progression très fluide du morceau, sur lequel Sylvia pose sa voix, moins impressionnante techniquement qu’Anneke van Giersbergen, mais toujours parfaite dans son phrasé. Très à l’aise dans le registre dramatique de White Willow, un autre de ses atouts est d’apporter une mélodie qui se superpose à celle des instrumentistes, comme sur « Paper Moon ». Sommet de cet art subtil du Progressif tragique et symphonique, « Gnostalgia » est un bouleversant pavé où se côtoient hautbois, psychédélisme seventies et sonorités contemporaines. Ajoutez à tout cela une touche folk, comme sur le duo vocal Jacob / Sylvia sur « The Last Rose Of Summer » et ses sonorités presque Beatles, et vous comprendrez que le mot délicatesse colle à ce Saule Blanc.
Verdict : six jours sans pouvoir écouter autre chose en plein bouclage, sans même en voulour au groupe d’avoir sorti en vente libre une telle musique addictive qui reste, avec le recul, étonnamment agréable : bref, un placement sûr.