Athena - Twilight Of Days

01/10/2002

Par Fanny Layani

Label: Noise

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Que de revirements !!! Qu’y a-t-il encore de commun entre le groupe qui avait donné naissance à A New Religion ? en 1998 et celui qui revient aujourd’hui avec Twilight Of Days ? A peu près rien, si ce n’est le nom !

Exit en effet Fabio Lione (chant, Labyrinth, Rhapsody, Vision Divine) qui ne passe que pour un bref clin d’oeil, Alessio Sabella (basse) et Matteo Amoroso (batterie), remplacés respectivement – et c’est souvent dommage – par Francesco Neretti, Fabio Doveri et Ross Lukather (Labyrinth, Death SS) augmentés d’un second guitariste, Graziano Poggetti, épaulant Simone Pellegrini avec efficacité et enthousiasme, mais pour un résultat d’ensemble décevant (et une pochette…!).

Le metal progressif alambiqué de A New Religion ? s’est mué – par un opportunisme de mauvais aloi ? – en un speed mélodique bien fait, certes, mais sans inspiration ni originalité : chant convenu haut perché, pseudo-lyrique et souvent à la limite de la rupture, duels de guitares et « chevauchées » épiques de claviers déjà entendus et parfois trop en avant, double-pédale permanente etc. Et les quelques échos affaiblis du Athena ancienne mode (l’introduction de « Your Fear ») basculent bien vite eux aussi dans un heavy qui, à l’époque des Keepers Of The Seven Keys d’Helloween, aurait été à la pointe de la « tendance » mais qui, aujourd’hui, fait sourire. Ce vide sidéral d’inspiration touche également le « concept » exhibé avec arrogance en première page du livret de Twilight Of Days : un roi, un royaume, la guerre, la mort. The End.

Il n’y a sur ce disque que de quoi pousser un long soupir, lâcher un « bof » dépité et retirer le disque de la platine… Et le pire, comme souvent, est que c’est bien fait, qu’il n’y a formellement rien à redire, sauf que l’on s’ennuie avec la vague impression parfois d’entendre un Blind Guardian de naguère (« The Way To Heaven’s Gate »), ou un Rhapsody qui aurait oublié violoneux et flutiaux.

C’est frustrant, donc, d’autant plus que l’on pouvait raisonnablement espérer beaucoup de Gabriele Guidi (claviers et principal compositeur) après A New Religion ?.
Dommage alors pour le public, mais aussi pour Athena et pour Fabio Lione, qui y était bien plus libre qu’au sein de Rhapsody, où il reste cantonné dans un registre bien étroit au regard de ses possibilités. Bref : quel gâchis.