Ark - Burn the Sun

01/10/2002

Par Fanny Layani

Label: NTS

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Les petits prodiges de Ark avaient mis une belle pagaille l’an dernier, avec un premier album jetant à bas bon nombre de canons du genre. Ils sont de retour avec un nouveau méfait, Burn The Sun, farouchement attendu de beaucoup, qui alléché, qui impatient, qui sceptique : auraient-ils gardé la belle fraîcheur de leurs débuts ? La production serait-elle un peu plus soignée ? Auraient-ils résisté aux sirènes d’un marché qui nivelle tant qu’il peut ?

Au rang des bonnes nouvelles, un personnel complété – et pas par les pires débutants (Randy Coven à la basse et Mats Olausson aux claviers) – donne plus de densité et de richesse au matériau. On aurait tort de s’en plaindre, au vu des petites prouesses techniques sournoisement cachées au détour d’une mesure. Un bon point également pour la production, incomparable si l’on se réfère à Ark : sans être extraordinaire, elle met en valeur chaque partie, aisément discernable, et propose un résultat global à la fois puissant et immédiatement compréhensible. De même, on retrouve, dans une certaine mesure, la folie du premier album (« Absolute Zero » – intermédiaire impossible entre Björk, Soundgarden et du hard-rock modèle années quatre-vingt, ou « Torn »).

Cependant, après plusieurs écoutes, on ne ressent pas l’accoutumance provoquée par le premier album. Peu à peu apparaissent les défauts, les manques (NdlR : ou les frustrations de l’auditeur insatiablement avide de nouveauté ?) : les hommes venus du froid auraient-ils sacrifié leur audace, liberté et enthousiasme sur l’autel d’un désir de lisibilité et/ou de visibilité accru, d’une volonté de prolonger le succès-surprise de leur premier album ? Toujours est-il que les parties de batterie notamment sont plus « rangées », John Macaluso, bien plus en arrière, ne jouant plus que le rôle de soutien rythmique qui lui revient à défaut d’orchestrer. Les éléments typiquement metal ont pour la plupart disparus, sauf sur « Feed The Fire », titre malheureusement le plus banal du disque, au profit d’aspects hard-rock moins enthousiasmants. Plus grave : les éléments « exogènes » tels le flamenco, très présent sur Ark, sont moins bien insérés dans le tissu des compositions, et sonnent, de par leur isolement, de manière plus artificielle. En effet, clin d’œil à « The Hunchback Of Notre Dame », « Just a Little » (au refrain très proche de « Crazy » de… Seal !) ne réédite pas l’exploit de son modèle (NdlR : non, pas Seal ! ).

Burn The Sun est donc plus rangé, moins « jeune chien fou » que son prédécesseur. Mais une fois encore, Ark relègue la plupart des prétendants à l’innovation en matière de metal ou de hard progressif assez loin. Dès lors, pourquoi pinailler ?