Rhapsody - Dawn of Victory

01/10/2002

Par Fanny Layani

Label: NTS

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Connaissez-vous l’histoire du Guerrier de Glace qui se mordit la queue si fort qu’il en décorna toutes les licornes des Terres Enchantées ? Bienvenue chez Rhapsody, le groupe qui use sa recette musicale jusqu’à la corde au troisième album d’un concept appelé à se développer sur cinq disques (il semblerait d’ailleurs que les ambitions aient été revues à la baisse et que la saga prenne fin au quatrième « tome »)…

Après un Legendary Tales prometteur et relativement novateur dans le recyclage, suivi d’un Symphony Of Enchanted Lands belle preuve d’une méthode efficace et maîtrisée, voici Dawn To Victory ou l’aveu d’échec d’un groupe en phase d’asphyxie. Outre les introductions à la Carmina Burana (Carl Orff) devenues systématiques et systématisées (passage très rythmique, en écriture harmonique, gros blocs d’accords, suivi d’une section plus mélodique avec démonstration de claviers, puis retour du premier thème et final en apothéose enchaîné avec rythmique rapide typique. Ceci constitue l’introduction du premier véritable morceau de l’album), « l’évolution » du groupe semble s’être faite à rebours.

En effet, aucune innovation dans la structure ou l’instrumentation, et la tendance est à la simplification. Il s’agit malheureusement plus d’une perte de richesse que d’une plus grande lisibilité. Ainsi, Rhapsody se fait plus métallique et moins orchestral (mais hélas, au clavier), et surtout moins varié, multipliant à l’envi gros chœurs virils et naïfs et paroles à l’avenant. C’est d’autant plus frustrant que le groupe, en récupérant Alex Holzwarth, batteur ultra-rodé, semble désormais bénéficier du personnel optimal, et s’est débarrassé de ses affreuses pochettes.
Le sentiment de gâchis domine donc : Fabio Lione se montre moins performant et reste plus encore qu’auparavant cantonné dans un registre qu’on le sait capable de dépasser aisément (cf. Athena), et l’essentiel des titres est toujours plus axé sur de stériles démonstrations techniques de Luca Turilli (guitare) et Alex Staropoli (claviers), leaders hégémoniques s’il en est.

Objectivement – et c’est le pire… c’est absurde – il n’y a rien à redire. Sauf que l’on s’ennuie. Profondément, et dès le premier titre. Alors évidemment,Dawn To Victory remportera un net succès auprès des mordus du style, qu’il soit « true », « speed » ou « hollywood » car il en présente toutes les recettes éprouvées. Cet album ne présente pour les autres qu’un intérêt minime, contrairement à Symphony Of Enchanted Lands. Il est donc fort à parier que les auditeurs les plus pointilleux laisseront tomber ici les aventures épiques du Warrior Of Ice et ne regretteront pas outre mesure de ne pas connaître la fin de l’histoire… La formule du « hollywood metal » serait-elle déjà épuisée ?