Gizmodrome – Alchimie créative 5 étoiles.

 

Chromatique : En toute logique, lors de l’annonce de la naissance de Gizmodrome, on s’est tous demandé ce qu’il se tramait derrière cette association… alors dites-nous tout : où ? quand ? comment ?
Les premiers contacts ont eu lieu il y a deux ans. A l’origine, un appel de Vittorio a tout déclenché. Il m’a demandé si j’étais partant pour apporter ma touche sur des compositions co-écrites avec Stewart Copland en Italie. J’ai dit oui et j’ai donc traversé l’Atlantique pour une dizaine de jours, afin d’enregistrer mes parties. Ça ne s’est pas fait de suite, car j’étais engagé sur d’autres projets. A mon arrivée en Italie, je ne pensais figurer que sur trois-quatre titres. Pas plus. Mais rapidement, avec l’addition de Mark King, quelque chose est née en studio entre nous quatre. On s’est regardé en se disant : «  Et si on faisait de ce projet un véritable groupe ?  ». L’alchimie avait pris. A tous les niveaux : musical, relationnel, en terme de plaisir, … Nous nous sommes tous appropriés les titres en y ajoutant notre style personnel. Au bout des dix jours, tout était en boite. Du coup, la réflexion qui s’imposait était : «  Pourquoi on ne continuerait pas ? Partons en tournée  » !

Nous reviendrons sur la tournée par la suite, mais force est de constater que Gizmodrome est composé de quatre entités très créatives. N’est-ce pas difficile de se fixer des limites et d’éviter que ça parte dans tous les sens ?
Le fait que nous soyons multi-tâches – et j’entends par là, producteurs, auteurs compositeurs – rend les choses plus faciles et on se contente d’aller à l’essentiel. Tout s’est fait rapidement sans se prendre la tête. C’est seulement au moment d’enregistrer les overdubs qu’on s’est demandé ce qu’il fallait de plus. Il y a un producteur en charge de mettre tout ça en forme, pour ainsi dire mais la surprise, elle, elle est toujours là.

Vous parlez de l’effet de surprise. A titre personnel, un musicien comme vous, avec de telles références, parvient-il encore à être surpris en studio que ce soit avec une pointure ou un talent extrêmement bien caché?
C’est exactement ce qu’il s’est passé ici. Dès le début je me suis dit : «  Jouer avec Stewart, ça va être le pied, j’ai hâte ». Mais je ne connaissais pas Vittorio et Mark, du moins en tant que personnes. La mayonnaise a vite pris, bien plus vite que je ne le pensais. On ne peut pas dire qu’il y ait de chien fou dans ce groupe.

Même pas Mark ? Pourtant ce qu’il fait avec Level 42 a fait sa renommée …
Certes mais, ce ne fut pas le cas. Vous l’entendrez sous un jour nouveau. Ne vous attendez pas à du Mark King pur jus. Et c’est aussi valable pour moi.

J’ai envie de dire que ça marche également pour Stewart que l’on sait peu habitué aux mesures impaires, apanage des musiques progressives…
J’ai tout de suite pensé que ça allait être intéressant. J’aime son jeu. Progressif ? Je ne me suis pas posé la question en ces termes. Pour rappel, je ne devais pas faire tout le disque, je comptais profiter de l’Italie après avoir enregistré mes parties (Rires). Mais je dois avouer qu’il m’a beaucoup surpris. On avait ce qu’on a appelé par la suite, «  la boite à gâteaux  » qui était, en réalité, les chansons écrites par Stewart et Vittorio. On en prenait une, on rentrait en studio. On enregistrait trois versions. En fait, quand quelqu’un avait une idée, il endossait le rôle de leader. A ce stade, ils attendaient qu’on apporte une réelle valeur ajoutée personnelle au titre.

Quels ont été les retours sur le premier titre mis en ligne ?
Je ne voudrais pas passer pour un prophète ou autre, mais de ce que j’ai compris les retours semblent prometteurs. Je pense que ce qui a séduit les gens c’est le groove et le plaisir qui se dégagent de ces quatre musiciens a priori reconnus.

Avez-vous toujours, à titre personnel, cette excitation au moment de rentrer en studio ?
Pas toujours, en vérité. Parfois, c’est vraiment par nécessité. Je ne fais plus beaucoup de sessions studio aujourd’hui. Je me concentre sur mon trio. Cela étant dit pour Gizmodrome, je dois avouer que l’envie d’aller plus loin est réelle. Nous avons appris à nous connaître lors de ces sessions mais également lors de dîners intéressants. Là, on a réalisé qu’on était en train de semer les graines de quelque chose qui peut être énorme. Ce sentiment, vous ne l’avez, malheureusement, si peu de fois dans toute votre carrière que vous vous dites qu’il faut absolument en profiter. Cette association est pour moi de grande qualité et ce serait dommage de ne pas en faire profiter le plus grand nombre. C’est pour ça que nous allons partir en tournée pour présenter cet album. C’est actuellement en discussion, mais c’est encore à l’état embryonnaire. Nous allons attendre de voir les réactions à l’album, d’abord.

La transition me semble toute trouvée pour vous demander ce que l’on est en droit d’attendre d’un concert de Gizmodrome ?
Tout d’abord, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de formaté et d’évident. Je m’explique : Stewart est LE chanteur de ce groupe. Mark et moi allons assurer les chœurs et je dois dire que nos voix se complètent à merveille. Stewart est un sacré personnage, un peu comme un acteur qui change de peau, à l’image de Frank Zappa, Les Claypool ou Fred Schneider des B-52’s. Il va jouer le rôle d’un guitariste, mais ne vous leurrez pas, il ne sera pas branché, en dépit des amplis Marshall que vous verrez sur scène. Non, non, ça, c’est moi qui m’en charge ! Il sera également à la batterie, évidemment, mais quand il sera à la guitare et au chant, nous aurons Pete Ray Biggin de Level 42 avec nous. Il nous faudra voir exactement ce qu’on pourra jouer, comme extraits de l’album. J’espère que nous pourrons tout jouer. Après, il s’agira de voir ce qu’on peut ajouter pour constituer un set digne de ce nom. Il est possible que nous piochons dans le répertoire de Stewart et le mien. Mark a déjà fait savoir que ça ne l’intéressait pas trop de jouer du Level 42 et je le comprends, dans la mesure où le groupe est toujours actif. A voir, donc, si nous jouerons du Police ou du King Crimson… affaire à suivre. (Rires).

Voilà qui en faire saliver plus d’un. Mais, au moment où nous parlons, l’album est déjà en boite. Serait-il possible de voir, par exemple, du matériel inédit ou des chutes de studio qui n’ont pas fini sur l’album ?
Il y a effectivement quatre titres que nous avons encore sous le coude. Ils ne sont pas sur le disque tout simplement parce que nous avons choisi ceux que nous pensons être les meilleurs. La situation actuelle est la suivante : nous envisageons d’ores et déjà de commencer à plancher sur le deuxième album. La plus forte des proba