{"id":88950,"date":"2025-03-17T09:41:00","date_gmt":"2025-03-17T08:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=88950"},"modified":"2025-03-17T11:15:48","modified_gmt":"2025-03-17T10:15:48","slug":"steven-wilson-the-overview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2025\/03\/17\/steven-wilson-the-overview\/","title":{"rendered":"Steven Wilson \u2013 The Overview"},"content":{"rendered":"\n<p>On avait laiss\u00e9 Steven Wilson il y a moins de 2 ans avec une premi\u00e8re dans sa carri\u00e8re : un disque fait d&rsquo;une collection de titres disparates. Une h\u00e9r\u00e9sie venant d&rsquo;un artiste qui r\u00e9p\u00e8te \u00e0 longueur d&rsquo;interview qu&rsquo;il consid\u00e8re la forme album comme un voyage musical coh\u00e9rent<a href=\"#sdendnote1sym\" id=\"sdendnote1anc\"><sup>i<\/sup><\/a>. Aimant pour chaque nouveau projet prendre le contre-pied du pr\u00e9c\u00e9dent (une mani\u00e8re de ne pas s&rsquo;ennuyer ni de tourner en rond), il revient cette ann\u00e9e avec une \u0153uvre au concept fort (l&rsquo;insignifiance de l&rsquo;\u00eatre humain au regard de l&rsquo;univers) et \u00e0 la forme ambitieuse : 2 compositions d&rsquo;une vingtaine de minutes le constituent. Toutes les conditions semblent r\u00e9unies pour aboutir \u00e0 un album de rock progressif\/space rock \u00e0 l&rsquo;ancienne : un concept \u00e9voquant \u00e0 la fois l&rsquo;espace et questionnement existentiels, et un seul long morceau par face (il l&rsquo;a con\u00e7u en pensant au format vinyle).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si Wilson s&rsquo;est vu attribuer par la presse le titre de \u00ab\u00a0roi du prog\u00a0\u00bb \u00e0 une \u00e9poque ou de nombreux groupes sont capables d&rsquo;\u00e9muler avec brio leur glorieux pr\u00e9d\u00e9cesseurs, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a toujours su continuer \u00e0 faire \u00e9voluer le genre, \u00e0 l&rsquo;ancrer dans son temps plut\u00f4t que de reproduire les formules de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or. C&rsquo;est le cas de cette nouvelle \u0153uvre qui sonne r\u00e9solument moderne et non pas pass\u00e9iste, m\u00eame si quelques r\u00e9f\u00e9rences \u00e9videntes subsistent encore et toujours dans le vocabulaire de l&rsquo;Anglais (on y reviendra). Voix et guitares trafiqu\u00e9es, <em>sound design<\/em> et sons \u00e9lectro ancrent ind\u00e9niablement <em>The Overview<\/em> dans son \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Accompagn\u00e9 d\u2019un film en animation avec lequel il a projet\u00e9 de nombreuses avant-premi\u00e8res \u00e0 travers le monde, il propose un concept v\u00e9ritablement immersif. Nous avons assist\u00e9 \u00e0 une projection en ligne, et l\u2019association \u00e0 l\u2019image renforce magnifiquement le propos de cet album, nous montrant la destruction de l\u2019humain sur terre avant de nous embarquer dans un voyage stellaire mouvement\u00e9. Pour revoir l\u2019\u0153uvre associ\u00e9e \u00e0 l\u2019image il nous faudra patienter jusqu\u2019au concert. C\u2019est dommage pour ceux qui n\u2019ont pas assist\u00e9 \u00e0 une projection et n\u2019iront pas le voir en salle, il leur manque une plus-value non n\u00e9gligeable. Mais s\u2019il en r\u00e9serve l\u2019exclusivit\u00e9 au live pour l\u2019instant, peut-\u00eatre finira-t-il par mettre le film en ligne \u00e0 terme&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Une des grandes forces de <em>The Overview<\/em> est de proposer quelque chose de tr\u00e8s accessible malgr\u00e9 l\u2019ambition du sujet trait\u00e9 et de la forme longue des morceaux. En effet, d\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9coute, les m\u00e9lodies vocales restent en t\u00eate. Chaque titre poss\u00e8de une section chanson, tr\u00e8s pop, points d\u2019orgue addictifs qui nous incitent aussit\u00f4t \u00e0 remettre l\u2019album en boucle. En contraste avec d\u2019autres sections instrumentales, parl\u00e9es (\u00ab&nbsp;Perspective&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Infinity measured in moments&nbsp;\u00bb) ou scand\u00e9es sur une ou deux notes (\u00ab&nbsp;The Buddha of the modern age&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Ark&nbsp;\u00bb), les m\u00e9lodies pourtant tr\u00e8s simples et r\u00e9p\u00e9titives de \u00ab&nbsp;Meanwhile&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;A beautiful infinity&nbsp;\u00bb prennent une ampleur toute particuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre les deux longues suites, c\u2019est clairement \u00ab&nbsp;Objects outlive us&nbsp;\u00bb qui a notre pr\u00e9f\u00e9rence. Chaque section est r\u00e9ussie et les r\u00e9serves qu\u2019on pourrait avoir sont mineures. Une intro planante nous met parfaitement en contexte. \u00ab&nbsp;Meanwhile&nbsp;\u00bb nous enchante de ses m\u00e9lodies mais prend aussi le temps de nous envoyer en hyper espace \u00e0 travers la galaxie le temps d\u2019un pont mouvement\u00e9 qui r\u00e9v\u00e8le toute sa saveur lorsque le titre est accompagn\u00e9 du film. \u00ab&nbsp;Cosmic sons of toil&nbsp;\u00bb ravira les fans de rock progressif avec un superbe solo de Randy McStine (guitariste de Porcupine Tree sur leur derni\u00e8re tourn\u00e9e) qui avait la consigne suivante&nbsp;: renouveler le solo de guitare \u00e9pique et h\u00e9ro\u00efque \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de \u00ab&nbsp;Comfortably numb&nbsp;\u00bb qui a trop \u00e9t\u00e9 fait et refait. Il ne s\u2019en sort pas aussi bien sur \u00ab&nbsp;Heat death of the universe&nbsp;\u00bb o\u00f9 il semble errer un peu al\u00e9atoirement avec un son de type E-Bow<a id=\"sdendnote2anc\" href=\"#sdendnote2sym\"><sup>ii<\/sup><\/a>. Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce l\u2019effet voulu pour ce moment de l\u2019histoire, mais on se dit qu\u2019une performance plus nuanc\u00e9e ou au contraire plus chaotique aurait \u00e9t\u00e9 plus forte musicalement<a id=\"sdendnote3anc\" href=\"#sdendnote3sym\"><sup>iii<\/sup><\/a>. Des choix de mix o\u00f9 la batterie et la basse prennent parfois trop le dessus sur le reste constituent notre seule autre r\u00e9serve concernant cette premi\u00e8re partie.<\/p>\n\n\n\n<p>On sait Steven Wilson fan d\u2019IDM (Aphex Twin, Boards of Canada, Autechre, etc.) et de Radiohead, particuli\u00e8rement de leur p\u00e9riode glitch pop. Il n\u2019a malheureusement pas le talent de ses influences dans ce registre, ce qui rend l\u2019intro de \u00ab&nbsp;The Overview&nbsp;\u00bb faible. Pour ne rien arranger, l\u2019id\u00e9e de la voix qui \u00e9num\u00e8re des plan\u00e8tes, des galaxies et leurs \u00e9chelles est plut\u00f4t inint\u00e9ressante et lassante. D\u2019autant plus que cette \u00e9num\u00e9ration se trouve reproduite une deuxi\u00e8me fois sur \u00ab&nbsp;Infinity measured in moments&nbsp;\u00bb. Plus r\u00e9jouissant, \u00ab&nbsp;A beautiful infinity&nbsp;\u00bb est une chanson encore plus addictive que \u00ab&nbsp;Meanwhile&nbsp;\u00bb&nbsp;. Elle sonne tr\u00e8s ann\u00e9es 60 avec sa guitare acoustique, ses riches harmonies vocales et sa partie de batterie extr\u00eamement basique. On regrettera cependant les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Pink Floyd un peu trop appuy\u00e9es&nbsp;: <em>delay <\/em>sur la voix fa\u00e7on \u00ab&nbsp;Us and them&nbsp;\u00bb, suite d\u2019accords au piano qui \u00e9voque \u00ab&nbsp;The great gig in the sky&nbsp;\u00bb et sons de synth\u00e9s cuivr\u00e9s \u00e0 la \u00ab&nbsp;Wish you were here&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Infinity measured in moments&nbsp;\u00bb r\u00e9ussit \u00e0 faire cohabiter harmonieusement des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s vari\u00e9s, introduisant un ukul\u00e9l\u00e9 et des battements de mains au sein d\u2019un univers prog\/space rock. Dommage que les solos de guitare et de synth\u00e9 de cette section laissent \u00e0 d\u00e9sirer. Pour finir, si on imagine qu\u2019elle doit avoir sa raison d\u2019\u00eatre par rapport au concept, on ne voit pas trop l\u2019int\u00e9r\u00eat de la derni\u00e8re partie qui n\u2019a musicalement rien \u00e0 voir (on a l\u2019impression d\u2019\u00eatre pass\u00e9 sur un disque new age) et qui en plus ne donne pas une sensation de conclusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Si on r\u00e9sume, ce nouvel album de Steven Wilson est loin d\u2019\u00eatre sans d\u00e9fauts. Malgr\u00e9 tout, ses meilleurs moments nous emportent tellement qu\u2019on arrive facilement \u00e0 en faire abstraction. Il a r\u00e9ussi le tour de force de rendre une \u0153uvre pas tr\u00e8s grand public sur le papier, particuli\u00e8rement facile d\u2019acc\u00e8s, avec des m\u00e9lodies simples qui se retiennent et qui donnent des envies de mettre le disque en boucle. De <em>The Harmony Codex<\/em>, il a conserv\u00e9 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il pouvait d\u00e9sormais m\u00e9langer toutes ses influences sur un m\u00eame album et qu\u2019il sonnera de toutes fa\u00e7ons comme du Steven Wilson. R\u00e9sultat, <em>The Overview<\/em> contient des \u00e9l\u00e9ments space rock (comme aux d\u00e9buts de Porcupine Tree), pop rock (on pense parfois \u00e0 <em>Stupid Dream<\/em> et <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/11\/26\/1121\/\" target=\"_blank\">Lightbulb Sun<\/a><\/em>), prog rock conceptuel (<em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/10\/02\/3603\/\" target=\"_blank\">The Incident<\/a><\/em>, <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2015\/03\/08\/7083\/\" target=\"_blank\">Hand. Cannot. Erase<\/a><\/em>), et \u00e9lectro (<em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/01\/06\/steven-wilson-the-future-bites\/\" target=\"_blank\">The Future Bites<\/a><\/em> et <em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2023\/10\/19\/steven-wilson-the-harmony-codex\/\" target=\"_blank\">The Harmony Codex<\/a><\/em>).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Steven Wilson - Objects Outlive Us: Objects: Meanwhile\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/c0KhmJwJzDc?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote1sym\" href=\"#sdendnote1anc\">i<\/a> C&rsquo;est m\u00eame le sujet de son podcast <em>The Album Years<\/em>, qu&rsquo;il d\u00e9limite chronologiquement aux ann\u00e9es qu&rsquo;il estime \u00eatre celles o\u00f9 la forme album pr\u00e9dominait dans le monde musical.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote2sym\" href=\"#sdendnote2anc\">ii<\/a> Un E-Bow est un appareil qui permet de faire sonner les cordes de la guitare sans attaque, un peu comme si on jouait avec un archet (E-Bow est la contraction d&rsquo;electronic bow, soit archet \u00e9lectronique en fran\u00e7ais).<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote3sym\" href=\"#sdendnote3anc\">iii<\/a> Pourquoi pas avec Mikael Akerfeldt pour la premi\u00e8re id\u00e9e ou Robert Fripp pour la deuxi\u00e8me. Tous deux ont d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9 des solos pour Porcupine Tree.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On avait laiss\u00e9 Steven Wilson il y a moins de 2 ans avec une premi\u00e8re&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":88951,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2,35],"tags":[163,245],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88950"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88950"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88950\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":88977,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88950\/revisions\/88977"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88951"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}