{"id":88933,"date":"2025-03-12T22:49:26","date_gmt":"2025-03-12T21:49:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=88933"},"modified":"2025-03-17T11:02:29","modified_gmt":"2025-03-17T10:02:29","slug":"in-absentia-deluxe-edition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2025\/03\/12\/in-absentia-deluxe-edition\/","title":{"rendered":"In Absentia (Deluxe Edition)"},"content":{"rendered":"\n<p>Sans m\u00eame attendre le pr\u00e9texte de son vingti\u00e8me anniversaire, Porcupine Tree avait sorti en 2020 une r\u00e9\u00e9dition deluxe de son grand tournant musical initialement paru en 2002, <em>In Absentia<\/em>. Celle-ci se trouvant encore aujourd\u2019hui, on se l\u2019est procur\u00e9e pour d\u00e9terminer si les apports m\u00e9ritent qu\u2019on d\u00e9bourse la coquette somme de 85 euros&nbsp;! Nous n\u2019\u00e9voquerons pas ici le contenu de l\u2019album original (si c\u2019est ce que vous cherchez, nous vous invitons \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/12\/11\/2467\/\">lire la critique parue \u00e0 l\u2019\u00e9poque<\/a>, quand le webzine s\u2019appelait encore Progressia). L\u2019objet de cette chronique est d\u2019\u00e9valuer l\u2019int\u00e9r\u00eat du livre et des disques bonus propos\u00e9s dans cette \u00e9dition deluxe.<\/p>\n\n\n\n<p>Commen\u00e7ons par le livre. De dimensions l\u00e9g\u00e8rement plus petites qu\u2019un vinyle, il fera un bel objet de d\u00e9coration dans votre salon \u00e0 condition de ne pas \u00eatre rebut\u00e9 par son visuel effrayant. Parmi ses cent pages, on trouve d\u2019ailleurs d\u2019autres photos horrifiques de Lasse Hoile. Il s\u2019agissait \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la premi\u00e8re collaboration de Steven Wilson avec le photographe-vid\u00e9aste danois qui est par la suite devenu son partenaire privil\u00e9gi\u00e9 dans ce ce domaine. Peu convaincu par les propositions des artistes responsables des couvertures des pr\u00e9c\u00e9dents albums, Wilson a trouv\u00e9 dans la photo de Lasse le parfait pendant de l\u2019\u0153uvre qu\u2019il venait de cr\u00e9er, les textes de plusieurs chansons de celui-ci \u00e9voquant tourments int\u00e9rieurs et tueurs en s\u00e9rie. Car c\u2019est l\u00e0 le premier grand plus de cette \u00e9dition si vous \u00eates fan du groupe&nbsp;: le journaliste Stephen Humphries a pu interviewer tous les protagonistes de l\u2019\u00e9poque pour nous r\u00e9v\u00e9ler le <em>making of<a id=\"sdendnote1anc\" href=\"#sdendnote1sym\"><sup>i<\/sup><\/a><\/em> (dont l\u2019anecdote qu\u2019on vient de vous raconter sur l\u2019<em>artwork<\/em>). Et s\u2019il y a un album de Steven Wilson o\u00f9 il y a des choses \u00e0 apprendre sur l\u2019envers du d\u00e9cor, c\u2019est bien celui-ci&nbsp;! Le coffret comprend un Blu-Ray sur lequel vous trouverez un documentaire d\u20191h50, mais le livre va encore plus en profondeur. On y apprend notamment ce qui a provoqu\u00e9 le d\u00e9part de premier batteur, Chris Maitland. La raison officielle invoqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9tait qu\u2019il ne souhaitait plus tourner pour se consacrer \u00e0 son m\u00e9tier de professeur de batterie et ainsi rester proche de sa famille. La r\u00e9alit\u00e9, toute autre, est ici r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par le principal concern\u00e9&nbsp;: Steven n\u2019\u00e9tait pas satisfait de lui et le snobait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment. Chris a r\u00e9agi de mani\u00e8re sanguine puisqu\u2019il n\u2019a rien trouv\u00e9 de mieux \u00e0 faire que d\u2019empoigner et bousculer le leader du groupe. Dix jours apr\u00e8s, il recevait une lettre lui signifiant son licenciement. Seul probl\u00e8me, un studio \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 New York pour enregistrer 3 semaines plus tard&nbsp;! Un d\u00e9lai sacr\u00e9ment court pour trouver un nouveau batteur qui puisse s\u2019int\u00e9grer et offrir une partition \u00e0 la hauteur des morceaux compos\u00e9s. Des anecdotes comme celle-ci, le livre en est rempli. Vous apprendrez de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e ce qui a provoqu\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de Steven Wilson pour le metal \u00e0 partir de cet album (un journaliste fran\u00e7ais en est le principal responsable), ce qui a permis de signer sur une major (Lava, filiale d\u2019Atlantic records) et \u00e0 quel point Porcupine Tree gal\u00e9rait financi\u00e8rement avant. Pour finir, chaque chanson est comment\u00e9e de mani\u00e8re extr\u00eamement d\u00e9taill\u00e9e (y compris certains titres bonus). C\u00f4t\u00e9 iconographique, nous retrouvons des photos des musiciens en studio, en concert et des extraits du carnet de Steven Wilson comprenant des accords, des paroles et des notes pour l\u2019enregistrement.<\/p>\n\n\n\n<p>Passons au contenu des deux CD bonus. S\u2019il y a une mode des coffrets deluxe en \u00e9dition limit\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es, une majorit\u00e9 de groupes raclent les fonds de tiroirs pour trouver du contenu additionnel, offrant les plus souvent des titres qui n\u2019ont qu\u2019un int\u00e9r\u00eat arch\u00e9ologique (prises alternatives, d\u00e9mos in\u00e9coutables, versions instrumentales, etc.). Or, les fans du bonhomme le savent d\u00e9j\u00e0, Steven Wilson rejette r\u00e9guli\u00e8rement des compositions qu\u2019il consid\u00e8re comme ses meilleures au pr\u00e9texte qu\u2019elles ne s\u2019int\u00e8grent pas parfaitement \u00e0 l\u2019agencement coh\u00e9rent qu\u2019il souhaite offrir \u00e0 ses albums. Des titres (plus ou moins<a id=\"sdendnote2anc\" href=\"#sdendnote2sym\"><sup>ii<\/sup><\/a>) in\u00e9dits, vous en trouverez donc pas moins de huit. Parmi ceux-ci, absolument aucun d\u00e9chet, tous m\u00e9ritent d\u2019avoir une existence discographique. Pour trois d\u2019entre eux, on comprend ais\u00e9ment qu\u2019ils \u00e9taient stylistiquement trop \u00e9loign\u00e9s d\u2019<em>In Absentia<\/em> pour figurer dessus. \u00ab&nbsp;Enough&nbsp;\u00bb (rest\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat de d\u00e9mo) est une chanson britpop\/indie pop qu\u2019on aurait pu imaginer interpr\u00e9t\u00e9e par Blur. C\u2019est le seul titre dont on se dit qu\u2019il ne m\u00e9ritait gu\u00e8re plus que de figurer sur une face B. \u00ab&nbsp;Meantime&nbsp;\u00bb, tr\u00e8s pop et solaire aurait plus eu sa place sur <em>Stupid Dream<\/em> ou <em>Lightbulb Sun<\/em>. \u00ab&nbsp;Imogen Slaughter&nbsp;\u00bb (rest\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat de d\u00e9mo) explore la face metal de mani\u00e8re brutale et low-fi (entre grunge et sludge), une approche trop \u00e9loign\u00e9e de l\u2019\u00e9volution metal prog op\u00e9r\u00e9e sur <em>In Absentia<\/em>. On trouve deux autres titres avec des riffs pachydermiques. On comprend qu\u2019\u00ab&nbsp;Orchidia&nbsp;\u00bb, aussi r\u00e9ussit soit-il, n\u2019ait pas eu le droit au <em>final cut<\/em>, \u00ab&nbsp;Wedding Nails&nbsp;\u00bb occupant d\u00e9j\u00e0 la place de morceau instrumental de l\u2019album. Enregistr\u00e9 apr\u00e8s la sortie du disque, \u00ab&nbsp;Futile&nbsp;\u00bb est issu d\u2019une collaboration avec Gavin Harrison qui a demand\u00e9 \u00e0 Steven de l\u2019aider \u00e0 \u00e9crire une musique \u00e0 la Meshuggah qui pourrait lui servir de d\u00e9monstration lors d\u2019une de ses <em>drum clinics<\/em>. \u00ab&nbsp;Chloroform&nbsp;\u00bb, une chanson trippante et groovy qui aurait eu toute sa place sur Recordings a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e d\u2019office, car elle \u00e9tait co-compos\u00e9e par Chris Maitland, le batteur qui venait de se faire virer. On imagine que \u00ab&nbsp;Watching you sleep&nbsp;\u00bb, une chanson pop rythm\u00e9e \u00e0 la guitare acoustique (rest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat de d\u00e9mo) a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e au profit de \u00ab&nbsp;Trains&nbsp;\u00bb, les deux compositions couvrant en territoire trop similaire. Aussi embl\u00e9matique soit \u00ab&nbsp;Trains&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Watching you sleep&nbsp;\u00bb est tellement r\u00e9ussi, que l\u2019album n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 moins bon si elle avait \u00e9t\u00e9 retenue \u00e0 sa place. C\u2019est vous dire la qualit\u00e9 de ces in\u00e9dits&nbsp;! Enfin, le meilleur pour la fin, \u00ab&nbsp;Drown With Me&nbsp;\u00bb r\u00e9guli\u00e8rement jou\u00e9 par le groupe en concert est rapidement devenu un des titres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s des fans. Steven consid\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une de ses meilleures compositions de cette p\u00e9riode et avoue ne pas se rappeler pourquoi il ne l\u2019avait pas retenu \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il ajoute que si c\u2019\u00e9tait \u00e0 refaire elle serait sur le disque \u00e0 la place de \u00ab&nbsp;Prodigal&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9dition deluxe nous donne \u00e9galement acc\u00e8s \u00e0 9 d\u00e9mos de Steven Wilson. Celles-ci sont fascinantes \u00e0 plusieurs \u00e9gards. Tout d\u2019abord par leur aspect parfaitement abouti et tr\u00e8s proche du r\u00e9sultat final. Ses d\u00e9mos sonnent mieux que le produit fini d\u2019autres groupes&nbsp;! Il joue tous les instruments et programme les batteries (seul \u00e9l\u00e9ment qui sonne d\u00e9mo) et on se rend alors compte \u00e0 quel point il a une id\u00e9e extr\u00eamement pr\u00e9cise de ce qu\u2019il veut, les musiciens \u00e9tant principalement l\u00e0 pour ex\u00e9cuter une partition laissant assez peu de place \u00e0 une contribution artistique. Un argument suppl\u00e9mentaire pour prouver aux fans regrettant la mise en sommeil de son groupe au profit de sa carri\u00e8re solo que Porcupine Tree n\u2019a finalement jamais \u00e9t\u00e9 autre chose que du Wilson solo mais avec des musiciens permanents. On y d\u00e9couvre aussi que sa cr\u00e9ativit\u00e9 est telle qu\u2019il peut \u00e9crire un nouveau refrain pour une chanson, alors que celui d&rsquo;origine \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 magnifique (\u00ab&nbsp;Drown with Me&nbsp;\u00bb). Ou encore qu\u2019il a abandonn\u00e9 des parties enti\u00e8res de certains titres (la d\u00e9mo de \u00ab&nbsp;Strip the soul&nbsp;\u00bb dure 15 minutes, soit plus de deux fois plus longtemps que la version finale!). Avec tout ce contenu additionnel in\u00e9dit, difficile de faire la fine bouche en se plaignant de l\u2019inutilit\u00e9 des versions radio edit de 3 chansons (franchement, quel fan de prog a envie d\u2019\u00e9couter un morceau raccourci ou tronqu\u00e9 en <em>fade out<\/em> pour se soumettre au formatage de la radio?). M\u00eame si on n\u2019en avait pas besoin, on a d\u00e9j\u00e0 de toutes fa\u00e7ons eu largement plus que ce qu\u2019offriraient d\u2019autres groupes&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Certains coffrets deluxe ne sont clairement d\u2019int\u00e9r\u00eat que pour les fans hardcore. Entre les nombreux titres bonus aussi bons que le contenu principal, le beau livre, le documentaire et l\u2019histoire d\u00e9taill\u00e9e de ce qui a men\u00e9 \u00e0 l\u2019enregistrement de cet album et de ses sp\u00e9cificit\u00e9s, ce coffret m\u00e9rite largement que vous vous d\u00e9lestiez de 85 euros pour l\u2019obtenir&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdendnote1sym\" href=\"#sdendnote1anc\">i<\/a> Il vous faudra bien \u00e9videmment comprendre l\u2019anglais pour en profiter.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdendnote2anc\" id=\"sdendnote2sym\">ii<\/a> L\u2019\u00e9dition europ\u00e9enne de l\u2019album contenait un CD bonus sur lequel figurait d\u00e9j\u00e0 \u00ab&nbsp;Drown With Me&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Chloroform&nbsp;\u00bb, tandis que \u00ab&nbsp;Futile&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Orchidia&nbsp;\u00bb apparaissaient sur un EP promotionnel destin\u00e9 aux radios.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sans m\u00eame attendre le pr\u00e9texte de son vingti\u00e8me anniversaire, Porcupine Tree avait sorti en 2020&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":88934,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2,35],"tags":[184,163],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88933"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88933"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88933\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":88973,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88933\/revisions\/88973"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88934"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88933"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88933"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88933"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}