{"id":88624,"date":"2024-11-27T23:51:40","date_gmt":"2024-11-27T22:51:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=88624"},"modified":"2024-11-27T23:51:43","modified_gmt":"2024-11-27T22:51:43","slug":"david-gilmour-luck-and-strange","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2024\/11\/27\/david-gilmour-luck-and-strange\/","title":{"rendered":"David Gilmour &#8211; Luck and strange"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans la vid\u00e9o promotionnelle de <em>Luck and strange<\/em>, David Gilmour nous annonce que son nouvel album est ce qu\u2019il a produit de mieux depuis <em>Dark Side Of The Moon<\/em>. Rien que \u00e7a. On pourrait vous \u00e9crire la liste de tous les disques (essentiellement de Pink Floyd) parus entre-temps qui sont bien plus indispensables, mais on ne lui en tiendra pas rigueur. Il est assez normal et courant qu\u2019un artiste consid\u00e8re que sa derni\u00e8re cr\u00e9ation est ce qu\u2019il a fait de mieux dans sa carri\u00e8re. Et puis tout va bien, on n\u2019en demandait pas tant d\u2019un monsieur de soixante-dix-huit ans qui n\u2019a plus rien \u00e0 prouver depuis des ann\u00e9es, ayant fait partie d\u2019un des deux groupes du vingti\u00e8me si\u00e8cle qui laissera une trace \u00e0 travers le temps. Le simple fait qu\u2019il ait encore envie de sortir un disque et de faire une tourn\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 une chance.<\/p>\n\n\n\n<p>Les albums solos de Gilmour sont g\u00e9n\u00e9ralement ti\u00e8des. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 on se r\u00e9jouit d\u2019y retrouver la voix d\u2019un groupe de l\u00e9gende et le toucher de guitare le plus admir\u00e9 du rock. De l\u2019autre on se trouve souvent avec des compositions pas \u00e0 la hauteur de celles de Pink Floyd, avec des disques un peu fourre-tout qui n\u2019ont pas la force conceptuelle de <em>Dark Side Of The Moon <\/em>et des \u0153uvres qui ont suivi tant que le groupe \u00e9tait au complet. Sans pour autant faire exception \u00e0 ce constat, <em>Luck and strange<\/em> nous r\u00e9jouit et pourrait au moins pr\u00e9tendre au titre de meilleur effort solo de Gilmour depuis son premier. Un homme a probablement bien \u0153uvr\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9ussite, il s\u2019agit de Charlie Andrew, producteur d\u2019Alt-J et Marika Hackman entre autres. N\u2019\u00e9tant pas un fan du Floyd, ce producteur d\u2019une autre g\u00e9n\u00e9ration a pu \u00e9couter les compositions du guitariste sans r\u00e9v\u00e9rence et avec une oreille sans a priori sur comment devrait sonner sa musique.<\/p>\n\n\n\n<p>A la premi\u00e8re \u00e9coute, un morceau sort imm\u00e9diatement du lot, \u00ab&nbsp;Between two points&nbsp;\u00bb. Il faut dire que la voix qu\u2019on y entend n\u2019est pas celle de David mais de Romany, sa fille, et que de plus il s\u2019agit d\u2019une reprise (d\u2019un groupe peu connu qui s\u2019appelle The Montgolfier Brothers). La jeune femme a une tr\u00e8s belle voix, et elle joue de la harpe, ce qui participe grandement \u00e0 l\u2019ambiance hypnotique de la chanson. Gilmour nous gratifie d\u2019un de ses magnifiques solos de guitare a\u00e9riens, digne des meilleurs Pink Floyd. Un d\u00e9tail nous chagrine cependant, la voix fortement <em>auto-tun\u00e9e<\/em> de Romany. Dommage, car sans cela ce titre atteignait des sommets de beaut\u00e9 et d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Le paternel, vieux de la vieille quant \u00e0 lui, assume tout. Sa voix vieillissante, plus rocailleuse, ne semble pas retouch\u00e9e et laisse appara\u00eetre ses failles qui ne le rendent que plus humain et \u00e9mouvant. Le son de guitare, peu distordu, laisse \u00e9galement entendre le moindre d\u00e9faut&nbsp;: une note h\u00e9sitante, un bend pas tout \u00e0 fait juste. Tout cela est particuli\u00e8rement pr\u00e9gnant sur le morceau \u00e9ponyme, bas\u00e9 sur une improvisation blues avec Richard Wright aux claviers enregistr\u00e9e en 2007. Le pari est r\u00e9ussi, car si on perd en perfection, on gagne en authenticit\u00e9 et en vie. Autre tr\u00e8s bon titre, \u00ab&nbsp;The Piper\u2019s call&nbsp;\u00bb commence comme une chanson folk, monte progressivement en intensit\u00e9 et termine sur un solo bluesy majestueux. Le disque atteint son climax sur \u00ab&nbsp;Scattered&nbsp;\u00bb, un morceau planant tr\u00e8s floydien d\u00e9velopp\u00e9 sur plus de sept minutes, avec l\u00e0 encore un magnifique solo final.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme sur tout album de Gilmour, on trouve cependant des chansons qui laissent un peu \u00e0 d\u00e9sirer. \u00ab&nbsp;Dark and velvet nights&nbsp;\u00bb est un heavy blues sans grande originalit\u00e9 totalement dispensable. \u00ab&nbsp;Sings&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;A single spark&nbsp;\u00bb, tous deux mielleux et baign\u00e9s de cordes, sans \u00eatre mauvais, nous plongent dans l\u2019ennui. Paradoxalement les deux titre instrumentaux (\u00ab&nbsp;Black cat&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Vita brevis&nbsp;\u00bb), dont la raison d\u2019\u00eatre est uniquement de cr\u00e9er du liant entre les morceaux et des atmosph\u00e8res, sont plus marquants&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Allant \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019architecture de l\u2019album qui a un d\u00e9but (\u00ab&nbsp;Black cat&nbsp;\u00bb), un milieu (\u00ab&nbsp;Vita brevis&nbsp;\u00bb) et une fin (le point d\u2019orgue \u00ab&nbsp;Scattered&nbsp;\u00bb), le CD se termine avec deux titres bonus. On ne s\u2019en plaindra pas pour autant. On est ravi d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019enregistrement complet du b\u0153uf de 2007 avec Richard Wright (quatorze minutes), mais aussi et surtout au single \u00ab&nbsp;Yes, I have ghosts&nbsp;\u00bb, chant\u00e9 en duo avec Romany, qui \u00e9tait initialement paru en 2020. Cette chanson folk acoustique d\u2019inspiration celtique d\u00e9note dans l\u2019univers de Gilmour. Et pourtant elle lui va tr\u00e8s bien, il aurait \u00e9t\u00e9 dommage d\u2019en \u00eatre priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfaitement ex\u00e9cut\u00e9 (on retrouve notamment la l\u00e9gende Steve Gadd \u00e0 la batterie), superbement produit et comprenant une majorit\u00e9 de bons titres, <em>Luck and strange<\/em> nous aura plus r\u00e9jouit que la plupart des disques sortis sous le nom de Gilmour. Les artistes rock qui ont r\u00e9ussi \u00e0 sortir un aussi bon album \u00e0 un \u00e2ge aussi avanc\u00e9 ne doivent pas \u00eatre bien nombreux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la vid\u00e9o promotionnelle de Luck and strange, David Gilmour nous annonce que son nouvel&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":88625,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[163],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88624"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=88624"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":88674,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/88624\/revisions\/88674"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/88625"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=88624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=88624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=88624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}