{"id":87978,"date":"2023-09-13T20:50:01","date_gmt":"2023-09-13T18:50:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=87978"},"modified":"2024-12-14T22:52:57","modified_gmt":"2024-12-14T21:52:57","slug":"einar-solberg-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2023\/09\/13\/einar-solberg-16\/","title":{"rendered":"Einar Solberg &#8211; 16"},"content":{"rendered":"\n<p>Pour ceux \u00e0 qui le nom ne dirait rien, Einar Solberg est le leader de Leprous. Quand on occupe autant de postes cl\u00e9 dans un groupe que ceux de chanteur, clavi\u00e9riste et principal auteur-compositeur, se pose forc\u00e9ment la question de savoir pourquoi ressentir le besoin de sortir un album solo. Assez paradoxalement, l\u2019id\u00e9e derri\u00e8re ce premier disque sous son nom est de collaborer avec des compositeurs qu\u2019il respecte pour co-cr\u00e9er avec une personne diff\u00e9rente sur chaque morceau. Au final, sur les onze titres, quatre restent des propositions solo. Pour les sept autres, Einar est surtout all\u00e9 chercher des gens qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 c\u00f4toy\u00e9s&nbsp;: Raphael Weinroth-Browne (violoncelle), Starofash (samples) et Ihsahn (chant guttural) ont collabor\u00e9 \u00e0 plusieurs albums de Leprous, tandis que Ben Levin (Bent Knee), Magnus B\u00f8rmark (22) et T\u00f3ti Gu\u00f0nason (Agent Fresco) ont partag\u00e9 des tourn\u00e9es avec eux. On trouve enfin Asger Mygind, dont le groupe Vola \u00e9volue dans un univers assez proche de celui de Leprous. Pour les textes, Solberg s\u2019est replong\u00e9 dans ses exp\u00e9riences de vie depuis ses 16 ans (d\u2019o\u00f9 le titre), \u00e2ge \u00e0 partir duquel il a commenc\u00e9 \u00e0 vivre des choses difficiles. Mais c\u2019est aussi l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle il a initi\u00e9 Leprous.<\/p>\n\n\n\n<p><em>16<\/em> est une \u0153uvre qui ne se livre pas facilement et il ne faudra pas s\u2019\u00e9tonner de ne pas \u00eatre emball\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9coutes. Peut-\u00eatre pour des raisons conceptuelles (m\u00eame si il faut bien dire que le concept reste assez flou \u00e0 la lecture des textes), l\u2019agencement des morceaux n\u2019est pas des plus percutants. La chanson \u00e9ponyme qui ouvre l\u2019album est longue et minimaliste (3 minutes 50 secondes se sont \u00e9coul\u00e9es avant qu&rsquo;on n&rsquo;entende autre chose qu&rsquo;un violoncelle et une voix), et la p\u00e9nulti\u00e8me, tr\u00e8s lente sonne comme une fin avant l\u2019heure. On peut donc h\u00e2tivement s\u2019imaginer avoir \u00e0 faire \u00e0 un album trop calme et d\u00e9pouill\u00e9 par rapport \u00e0 ce \u00e0 quoi nous avait habitu\u00e9 Leprous (qui eux-m\u00eames avaient d\u00e9j\u00e0 beaucoup all\u00e9g\u00e9 leur musique au fur et \u00e0 mesure des ann\u00e9es). Pourtant, une fois qu\u2019on l\u2019a un peu plus apprivois\u00e9e, on r\u00e9alise que \u00a0l\u2019\u0153uvre comporte des envol\u00e9es incroyables. En premier lieu on pense \u00e0 \u00ab\u00a0Grotto\u00a0\u00bb (en duo avec Magnus B\u00f8rmark) dont l\u2019arp\u00e8ge de guitare est incroyablement entrainant. Mais aussi \u00e0 \u00ab\u00a0Metacognitive\u00a0\u00bb\u00a0: cinq minutes de mont\u00e9e en puissance progressive\u00a0! Et puis on finit par se rendre compte que cet art de la dynamique, de la recherche du climax, Einar le pratique tout le long de l\u2019album, avec des contrastes plus ou moins intenses. Ajoutez \u00e0 cela ses envol\u00e9es vocales, cette capacit\u00e9 \u00e0 monter encore et encore dans les aigus quand on le croyait d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 \u00e0 la note maximum. Une qualit\u00e9 qui fascine, en t\u00e9moigne l\u2019engouement du grand public pour des morceaux comme \u00ab\u00a0Habibi\u00a0\u00bb de Tamino ou \u00ab\u00a0Take On Me\u00a0\u00bb de A-Ha par exemple. <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/09\/23\/leprous-aphelion\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/09\/23\/leprous-aphelion\/\" target=\"_blank\">Dans notre chronique d\u2019Aphelion<\/a> nous disions qu\u2019Einar atteignait des sommets vocalement. Avec ce premier album solo, il r\u00e9ussit \u00e0 mettre la barre encore plus haut\u00a0! C\u00f4t\u00e9 arrangements, notre chanteur norv\u00e9gien a \u00e9galement mis le paquet, convoquant cordes, cuivres et m\u00eame le City of Prague Philharmonic Choir.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec <em>16<\/em>, Einar Solberg s\u2019\u00e9loigne encore un peu plus des origines metal progressif de Leprous et produit un album qui, suffisamment mis en avant, pourrait toucher un vaste public, bien au-del\u00e0 de la niche prog. Un morceau comme \u00ab\u00a0Home\u00a0\u00bb (co-compos\u00e9 avec Ben Levin) cherche peut-\u00eatre m\u00eame un peu trop \u00e0 \u00eatre dans l\u2019\u00e8re du temps avec ses passages \u00e9lectro manquant de finesse et son <em>featuring<\/em> rap sorti de nulle part. Pas s\u00fbr que les fans de longue date trouvent leur compte sur ce titre. A l\u2019inverse, le chant guttural d\u2019Ihsahn (Emperor) sur \u00ab\u00a0Splitting the Soul\u00a0\u00bb d\u00e9note dans cet univers o\u00f9 le metal a compl\u00e9tement disparu et aurait de quoi rebuter le public non aguerri\u2026 mais pourrait tout aussi bien agir comme porte d\u2019entr\u00e9e vers les albums plus anciens de Leprous. Au final, pris dans son ensemble, on peut dire de ce premier effort solo qu\u2019il fait jeu \u00e9gal avec la derni\u00e8re parution de Leprous. \u00c0 ceci pr\u00e8s qu\u2019<em>Aphelion<\/em> laissait un l\u00e9ger sentiment de d\u00e9ception, puisqu\u2019il ressemblait beaucoup \u00e0 Pitfalls qui lui \u00e9tait un poil sup\u00e9rieur. A l\u2019inverse, gr\u00e2ce aux diff\u00e9rentes collaborations, <em>16<\/em> laisse une v\u00e9ritable impression de fra\u00eecheur et de renouveau dans la discographie du Norv\u00e9gien.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"EINAR SOLBERG FEAT. 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