{"id":8289,"date":"2019-12-09T00:00:00","date_gmt":"2019-12-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8289"},"modified":"2019-12-09T00:00:00","modified_gmt":"2019-12-08T22:00:00","slug":"8289","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/12\/09\/8289\/","title":{"rendered":"Moron Police &#8211; A Boat on the Sea"},"content":{"rendered":"\n<p>Jir\u00f5 Ono est un cuisinier japonais l\u00e9gendaire. L&rsquo;excellent documentaire consacr\u00e9 \u00e0 sa philosophie, <em> Jir\u00f5 Ono Dreams of Sushi <\/em>, dresse le portrait d&rsquo;un homme  d&rsquo;exception qui a pass\u00e9 sa vie \u00e0 am\u00e9liorer chaque jour ce qu&rsquo;il a ex\u00e9cut\u00e9 la veille. A travers ses sushis \u00e0 la conception perfectionn\u00e9e \u00e0 un niveau difficilement concevable, Jir\u00f5 Ono cherche \u00e0 provoquer chez le gourmet un ressenti que l&rsquo;on peut rapprocher de l&rsquo;exaltation \u00e0 l\u2019extr\u00eame :  le <em> Umami<\/em>. Le<em> Umami <\/em> est, comme bien des expressions japonaises, complexe \u00e0 traduire par des mots. Il refl\u00e8te un sentiment et tout ce qui l&rsquo;accompagne. Le <em> Umami<\/em>, c&rsquo;est l&rsquo;extase culinaire ultime suivi d&rsquo;un arri\u00e8re go\u00fbt doux et agr\u00e9able gravant sur les papilles un souvenir parfait. <br \/><br \/> Cette introduction est n\u00e9cessaire pour parler de l&rsquo;album <em>A Boat on the Sea<\/em> de Moron Police car l&rsquo;impression qu&rsquo;il donne et qu&rsquo;il laisse se rapproche du fameux <em> Umami<\/em>. Au programme, un groupe norv\u00e9gien qui compose une musique impr\u00e9gn\u00e9e de joie de vivre. S\u00e9rieusement, demandez-vous quand est-ce qu&rsquo;une chanson (restons dans une sph\u00e8re \u00ab progressive \u00bb, le dernier album de Coldplay ne compte pas) vous a procur\u00e9 de la joie r\u00e9cemment. Les th\u00e8mes endiabl\u00e9s aux allures de g\u00e9n\u00e9riques de mangas survitamin\u00e9s regorgent de m\u00e9lodies inoubliables et les m\u00e9langes audacieux sont toujours judicieux et bien amen\u00e9s ; on commence dans un esprit pop , on poursuit jazz, un petit passage fusion, transition riff satur\u00e9 aux allures n\u00e9o classiques et on termine reggae. Aussi \u00e9tonnant que cela puisse para\u00eetre, tout s&rsquo;encha\u00eene dans la plus grande des coh\u00e9rences. Pour parler plus concr\u00e8tement, prenons exemple sur la chanson \u00ab The Invisible King \u00bb : un d\u00e9part polyphonique \u00e0 la Kansas, suivi d&rsquo;un th\u00e8me \u00e0 l&rsquo;assise lourde digne de bons albums de rock alternatif US des ann\u00e9es 90, une petite interlude et un retour au th\u00e8me en reprenant l&rsquo;intro fa\u00e7on <em>power pop<\/em> pouvant \u00e9voquer Weezer \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du <em> Red Album <\/em>. Puis, fruit d&rsquo;une production impeccable, la basse se paie le luxe de se faire entendre \u00e0 travers ce mur sonore entra\u00eenant pour amorcer le refrain final qui va lancer la piste suivante, \u00ab Beware the Blue Sky \u00bb qui pour le coup se dirigera vers un reggae avec solo d&rsquo;harmonica comme grand final avant de laisser le soin \u00e0 \u00ab The Dog Song \u00bb de repartir sur des bases folk\/pop pouvant \u00e9voquer \u00ab Solsburry Hill \u00bb de Peter Gabriel.<br \/><br \/> Le groupe a pris soin d&rsquo;agencer ses titres de mani\u00e8re \u00e0 cr\u00e9er un fil rouge rendant la coh\u00e9rence encore plus forte ; chaque piste encha\u00eene \u00e0 merveille sur la piste suivante, que ce soit au niveau de la compatibilit\u00e9 des tonalit\u00e9s, des ambiances , de l\u2019\u00e9nergie ou encore du th\u00e8me qui sera partiellement repris. Le meilleur exemple est s\u00fbrement la liaison entre \u00ab Captain Awkward \u00bb et \u00ab The Undersea \u00bb ; le th\u00e8me final de la premi\u00e8re se trouve \u00eatre le refrain de la seconde (la tonalit\u00e9 globale se trouve conserv\u00e9e pour le d\u00e9marrage instrumental de la piste suivante, \u00ab\u00a0 Isn&rsquo;t It Easy \u00a0\u00bb , un d\u00e9part technique \u00e0 la Haken qui d\u00e9bouche sur un couplet au lyrisme emprunt de Queen, puis sur un pont d\u00e9lirant, \u2026 Vous commencez \u00e0 comprendre) . \u00ab Captain Awkward \u00bb est le firmament de l&rsquo;album ; l&rsquo;exposition ultime du savoir faire du groupe. Introduction survolt\u00e9e aux modulations harmoniques audacieuses, couplet d\u00e9jant\u00e9, refrain accrocheur, pont instrumental  insolite, reprise du refrain lentement au ton solennel sur fond de guitare folk, acc\u00e9l\u00e9ration progressive pour retrouver le tempo enlev\u00e9 d&rsquo;origine, \u2026 <br \/><br \/> Pour r\u00e9sumer,\u00a0<strong><em>A Boat o<\/em><\/strong><strong><em>n the Sea<\/em> est une bombe de bonheur de 30mn<\/strong>. La pochette magnifique refl\u00e8te \u00e0 merveille la musique d\u00e9crite ; une explosion de couleurs aux d\u00e9tails fourmillant.  Pour reprendre l&rsquo;introduction de cette chronique, Moron Police a su provoquer le <em> Koy No Yokan <\/em> (expression japonaise d\u00e9crivant le ressenti du coup de foudre).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jir\u00f5 Ono est un cuisinier japonais l\u00e9gendaire. L&rsquo;excellent documentaire consacr\u00e9 \u00e0 sa philosophie, Jir\u00f5 Ono&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":56,"featured_media":8290,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[34,43,46,33,39,23,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8289"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/56"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8289"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8289\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8290"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8289"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8289"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8289"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}