{"id":8255,"date":"2019-10-10T00:00:00","date_gmt":"2019-10-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8255"},"modified":"2020-10-03T21:32:24","modified_gmt":"2020-10-03T19:32:24","slug":"8255","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/10\/10\/8255\/","title":{"rendered":"King Crimson &#8211; In the Court of the Crimson King"},"content":{"rendered":"\n<p>Il y a tout juste 50 ans paraissait ce monument de l\u2019histoire de la musique qu\u2019on aime ici \u00e0 Chromatique. Il fait partie de ces rares albums dont on peut dire qu\u2019ils sont quasiment \u00e0 l\u2019origine \u00e0 eux seuls d\u2019un mouvement musical ayant fait beaucoup de petits : le rock progressif. Bien s\u00fbr, il y a eu quelques pr\u00e9curseurs du genre avant <em>In the court of the Crimson King<\/em>. The Moody Blues avait introduit le Mellotron, effectu\u00e9 la fusion entre rock et classique et d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019aspect conceptuel sur <a href=\"http:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/10\/01\/4297\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>Days of future passed<\/em> <\/a> sorti en 1967. Il convient de mentionner \u00e9galement les d\u00e9buts discographiques de Procol Harum, The Nice (premier groupe de Keith Emerson), Pink Floyd, Soft Machine et Caravan. Mais ceux-ci gardent encore un pied dans les sonorit\u00e9s des ann\u00e9es 60, l\u00e0 o\u00f9 le premier King Crimson fait table rase du pass\u00e9 ! Tout para\u00eet permis sur ce disque&#8230; Et surtout, son impact est bien plus cons\u00e9quent. Les musiciens de Genesis qui avaient d\u00e9j\u00e0 sorti un album influenc\u00e9 par la pop des Bee Gees en cette m\u00eame ann\u00e9e, voient leur univers musical totalement r\u00e9volutionn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9coute de <em>In the court of the Crimson King<\/em>. Ils s\u2019en iront fissa acheter un Mellotron et enregistrer un deuxi\u00e8me disque \u00e0 mille lieux de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Il faudra \u00e9galement quelques essais discographiques aux deux autres t\u00e9nors du genre, Jethro Tull et Yes, avant de trouver la formule qui fera leur succ\u00e8s. Alors comment expliquer que Fripp et ses comparses soient parvenus \u00e0 une \u0153uvre aussi aboutie et novatrice \u00e0 peine 10 mois apr\u00e8s leur premi\u00e8re r\u00e9p\u00e9tition ? En fait le coup d\u2019essai d\u2019une formation aux trois cinqui\u00e8mes identiques a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 sous le nom de Giles, Giles and Fripp un an plus t\u00f4t. <em>The Cheerful Insanity of Giles, Giles and Fripp<\/em> est une curiosit\u00e9 dispensable encore \u00e9loign\u00e9e du rock progressif, sur lequel officiait d\u00e9j\u00e0 Michael Giles \u00e0 la batterie, Robert Fripp \u00e0 la guitare et Ian McDonald aux instruments \u00e0 vent. En rempla\u00e7ant le chanteur bassiste Peter Giles par Greg Lake, un ami guitariste de Robert Fripp, le groupe trouve la formule gagnante. Dans un proc\u00e9d\u00e9 devenu assez courant depuis Paul McCartney avec les Beatles, Lake devient donc bassiste par d\u00e9faut ! On ne s\u2019en douterait pas tellement : il forme une section rythmique imparable avec Michael Giles. Il fait \u00e9galement des merveilles au chant, passant avec une aisance d\u00e9concertante de la rage de \u00ab&nbsp; 21st Century Schizoid Man &nbsp;\u00bb \u00e0 la sensibilit\u00e9 de \u00ab I Talk to the Wind \u00bb. <br><br> En seulement cinq titres, de nombreuses facettes du prog \u00e0 venir sont d\u00e9finies. \u00ab&nbsp; 21st Century Schizoid Man &nbsp;\u00bb pr\u00e9figure d\u00e9j\u00e0 le m\u00e9tal progressif avec ses riffs lourds et distordus et ses rythmiques complexes et saccad\u00e9es jou\u00e9es \u00e0 l\u2019unisson. \u00ab&nbsp; I Talk to the Wind &nbsp;\u00bb explore le folk progressif avec ses harmonies vocales et sa fl\u00fbte enchanteresse. L\u2019usage intensif du Mellotron sur les merveilles que sont \u00ab Epitaph \u00bb et \u00ab The court of the Crimson King \u00bb gravera \u00e0 tout jamais cet instrument comme le plus iconique du genre. Quant \u00e0 \u00ab Moonchild \u00bb, titre le plus long et le plus exp\u00e9rimental de l\u2019album (nourri de musique contemporaine pour sa sous-partie \u00ab The dream and the illusion \u00bb), il exprime \u00e0 lui tout seul comment toutes les barri\u00e8res de la pop des ann\u00e9es 60 ont vol\u00e9 en \u00e9clats. D\u00e9sormais on ne se soucie plus de faire des morceaux de 2 minutes \u00e0 la structure couplet-refrain et aux m\u00e9lodies \u00e9videntes pour passer \u00e0 la radio. Si les deux premi\u00e8res minutes de cette composition r\u00e9pondent \u00e0 ces crit\u00e8res, lui sont accol\u00e9es 10 minutes de recherche sonore libre dont la d\u00e9marche \u00e9voque le free jazz. <br><br> Malgr\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s aventureux, avant-gardiste et h\u00e9t\u00e9roclite de ce premier LP, il trouvera imm\u00e9diatement son public, atteignant la cinqui\u00e8me place des charts anglais \u00e0 sa sortie. Impossible de terminer cette chronique sans \u00e9voquer la pochette du disque. Ce visage qui crie, cadr\u00e9 en tr\u00e8s gros plan, ne peut pas laisser indiff\u00e9rent. Avec l\u2019autre personnage que l\u2019on trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019encart, il est le pendant parfait de l\u2019univers musical de l\u2019album. On les doit \u00e0 Barry Godber, un informaticien dont ce sera l\u2019unique pochette puisqu\u2019il meurt d\u2019une crise cardiaque seulement quelques mois plus tard. La r\u00e9ussite de cette formation si inspir\u00e9e sera aussi rapide que br\u00e8ve, puisque deux mois apr\u00e8s la sortie du disque et \u00e0 peine un an apr\u00e8s la formation du groupe, Ian McDonald et Michael Giles choisissent de quitter le navire, insatisfaits de la direction plus sombre et intense que souhaite prendre Fripp. Quant \u00e0 Greg Lake, il s\u2019en ira former Emerson, Lake and Palmer avec le succ\u00e8s que l\u2019on conna\u00eet, laissant Robert Fripp, rest\u00e9 seul ma\u00eetre \u00e0 bord, reconstituer la cour du roi cramoisi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a tout juste 50 ans paraissait ce monument de l\u2019histoire de la musique&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":8256,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[163],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8255"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8255"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8255\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22930,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8255\/revisions\/22930"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8256"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8255"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8255"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}