{"id":8163,"date":"2019-03-26T00:00:00","date_gmt":"2019-03-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8163"},"modified":"2019-03-26T00:00:00","modified_gmt":"2019-03-25T22:00:00","slug":"8163","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/03\/26\/8163\/","title":{"rendered":"Peter Gabriel &#8211; Peter Gabriel (Melt)"},"content":{"rendered":"\n<p>A la fin des ann\u00e9es soixante-dix, alors que Genesis a depuis quelques temps d\u00e9j\u00e0 retrouv\u00e9 une allure de croisi\u00e8re, se passant parfaitement de son ex <em>leader<\/em> charismatique Peter Gabriel, celui-ci peine \u00e0 sortir son Grand \u0152uvre, son \u00ab\u00a0album de la maturit\u00e9\u00a0\u00bb. <a href=\"chroniques\/item\/17041-peter-gabriel-car\"><em>Car<\/em><\/a>, comme il est de coutume d&rsquo;appeler son premier disque en solo, avait pourtant r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un artiste tr\u00e8s cr\u00e9atif hors du giron prog&rsquo;. Son successeur, <a href=\"chroniques\/item\/17047-peter-gabriel-scratch\"><em>Scratch<\/em><\/a>, trop bancal, n&rsquo;avait pas totalement confirm\u00e9 ce potentiel. Il aura donc fallu attendre 1980 et <em>Melt<\/em> (en r\u00e9f\u00e9rence au visage \u00e0 moiti\u00e9 fondu de la pochette, r\u00e9alis\u00e9e bien entendu par le studio Hipgnosis) pour d\u00e9couvrir qu&rsquo;\u00e0 lui tout seul, l&rsquo;Anglais pouvait produire le chef d\u2019\u0153uvre dont on le sentait depuis longtemps capable. <br \/><br \/> Exp\u00e9rimental, souvent froid et d\u00e9pouill\u00e9, <em>Melt<\/em> est \u00e0 la fois engag\u00e9 et psychanalytique, et a donn\u00e9 des sueurs froides aux diff\u00e9rentes maisons de disques charg\u00e9es de le sortir. On peut comprendre cette inqui\u00e9tude avec une ouverture comme \u00ab\u00a0Intruder\u00a0\u00bb, martelant et grin\u00e7ant, dont l&rsquo;atmosph\u00e8re oppressante est accentu\u00e9e par l&rsquo;absence de cymbales de la batterie, tenue ici par Phil Collins.<br \/><br \/> Loin de l&rsquo;exub\u00e9rance de Genesis, l&rsquo;ancienne ic\u00f4ne progressive joue avec les r\u00e9p\u00e9titions, le d\u00e9pouillement, et les incursions sporadiques de bruitages non identifi\u00e9s, de voix d\u00e9form\u00e9es qui g\u00e9n\u00e8rent des ambiances assez peu rassurantes dans l&rsquo;ensemble. Une personnalit\u00e9 forte se d\u00e9gage de presque tous les titres, laissant leur marque ind\u00e9l\u00e9bile : les couplets r\u00e9p\u00e9titifs de \u00ab\u00a0I Don&rsquo;t Remember\u00a0\u00bb, appuy\u00e9s par le Chapman Stick de Tony Levin, ou \u00ab\u00a0Games Without Frontiers\u00a0\u00bb, charge contre la guerre et les nationalismes, o\u00f9 Kate Bush r\u00e9p\u00e8te inlassablement en fran\u00e7ais \u00ab\u00a0jeux sans fronti\u00e8res\u00a0\u00bb tandis que Gabriel ass\u00e8ne \u00ab\u00a0If looks could kill they probably will&#8230;\u00a0\u00bb. Les \u00e9l\u00e9ments plus organiques comme la guitare, bien qu&rsquo;omnipr\u00e9sents, sont souvent rel\u00e9gu\u00e9s en arri\u00e8re-plan, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s &#8211; les <em>riffs<\/em> de Robert Fripp et de David Rhodes sur \u00ab\u00a0Not One of Us\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Through The Wire\u00a0\u00bb par exemple. <br \/> Des souffles ti\u00e8des parviennent n\u00e9anmoins \u00e0 dissiper \u00e7\u00e0 et l\u00e0 ce givre synth\u00e9tique propre au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt : le piano \u00e9lectrique de Peter Gabriel sur \u00ab\u00a0Family Snapshot\u00a0\u00bb &#8211; un mod\u00e8le d&rsquo;<em>art-rock<\/em> qui alterne d\u00e9licatesse et furie &#8211; le saxophone de Dick Morissey sur le court instrumental \u00ab\u00a0Start\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Lead A Normal Life\u00a0\u00bb dont la beaut\u00e9 raffin\u00e9e \u00e9voque Vangelis. De m\u00eame, \u00ab\u00a0Biko\u00a0\u00bb, hymne anti-apartheid en hommage \u00e0 l&rsquo;une de ses victimes, referme l&rsquo;album sur une note plus solennelle, avec ces touches <em>world music <\/em>qui deviendront de plus en plus fr\u00e9quentes au fil des albums. <br \/><br \/> Peter Gabriel atteint sur <em>Melt<\/em> l&rsquo;un des sommets de son inventivit\u00e9, cr\u00e9ant un petit univers particulier pour chaque titre. Et m\u00eame si plus tard <em>So<\/em> conna\u00eetra un bien plus grand triomphe, il demeure un album \u00e0 l&rsquo;originalit\u00e9 sans \u00e9gale, capable de f\u00e9d\u00e9rer en exp\u00e9rimentant tous azimuts.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A la fin des ann\u00e9es soixante-dix, alors que Genesis a depuis quelques temps d\u00e9j\u00e0 retrouv\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":8164,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[25,56,23,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8163"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8163"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8163\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8163"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8163"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8163"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}