{"id":8161,"date":"2019-03-21T00:00:00","date_gmt":"2019-03-20T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8161"},"modified":"2019-03-21T00:00:00","modified_gmt":"2019-03-20T22:00:00","slug":"8161","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/03\/21\/8161\/","title":{"rendered":"Peter Gabriel &#8211; Peter Gabriel (Scratch)"},"content":{"rendered":"\n<p>Il est d\u00e9j\u00e0 temps, apr\u00e8s une  tourn\u00e9e essentiellement men\u00e9e aux Etats Unis et en Angleterre, de produire un deuxi\u00e8me album, en tentant de tirer des le\u00e7ons du premier. Ce n&rsquo;est pas chose ais\u00e9e, car Gabriel est un gar\u00e7on encore timide, dont la spontan\u00e9it\u00e9 n&rsquo;est pas forc\u00e9ment sa qualit\u00e9 premi\u00e8re, en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d&rsquo;abord, et encore moins d&rsquo;enregistrement. C&rsquo;est Robert Fripp, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent sur son premier disque, qui va s&rsquo;occuper de la production et de certains des arrangements sur celui-ci. Les captations se feront au Trident Studio, en Hollande, pendant l&rsquo;hiver 1977-1978, avec un local d\u00e9pourvu de chauffage central (!), le tout ponctu\u00e9, pour anecdote, de tr\u00e8s nombreuses parties de Risk&#8230;! D&rsquo;un point de vue humain, le travail s&rsquo;effectuera dans un esprit d&rsquo;\u00e9quipe bien plus soud\u00e9 qu&rsquo;auparavant.<br \/><br \/> Seuls Tony Levin (basse) et Larry Fast (synth\u00e9tiseurs) seront reconvoqu\u00e9s. Ce dernier aura une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans le choix des sonorit\u00e9s, avec ses claviers, amenant toute une palette d&rsquo;effets modulaires et sons tournant, qui apporteront \u00e0  <em>Scratch<\/em> une aura magique et exp\u00e9rimentale. On pensera \u00e0 Brian Eno, notamment, pourtant non pr\u00e9sent sur ce disque. Fripp accentuera \u00e9galement cette nouvelle couleur avec sa guitare, ses frippertronics, notamment sur  \u00ab\u00a0Exposure\u00a0\u00bb, l&rsquo;un des moments phares de l&rsquo;album, puis lors de la post production, qui s&rsquo;effectuera \u00e0 New York.<br \/><br \/> En ce sens, ce second disque est plus abouti, plus homog\u00e8ne, moins artificiel, et au final plus progressif que son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Le premier morceau annonce la couleur, avec une boucle en spirale bien hypnotique, tout en conservant une pulsation tr\u00e8s \u00e9nergique et rock (Jerry Marotta \u00e0 la batterie). On trouvera dans cet album la m\u00eame vari\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;avec le premier, dans le sens noble du terme, avec un choix assez large de tempos, d&rsquo;ambiances, m\u00eame si de couleur un rien plus sombre; \u00e9nergie  (\u00ab On The Air\u00a0\u00bb, \u00ab Animal Magic\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Perpective\u00a0\u00bb), majest\u00e9 et puissance (les superbes \u00ab\u00a0White Shadow\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Exposure\u00a0\u00bb), tempos lents et ambiances intimes (\u00ab\u00a0Mother Of Violence\u00a0\u00bb, le superbe \u00ab Indigo\u00a0\u00bb, le magnifique et trop court \u00ab\u00a0Flotsam And Jetsam\u00a0\u00bb)&#8230; L&rsquo;agencement des titres a gagn\u00e9 en pertinence, laissant une impression d&rsquo;oeuvre plus accomplie, plus sensible, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps. Seul le morceau de fin (\u00ab\u00a0Home Sweet Home\u00a0\u00bb) appara\u00eet aujourd&rsquo;hui compl\u00e8tement dat\u00e9, avec son saxophone tr\u00e8s ann\u00e9es quatre-vingt,  laissant une saveur un peu rance de g\u00e9n\u00e9rique de feuilleton t\u00e9l\u00e9 am\u00e9ricain! Gabriel y pousse des miaulements assez incontr\u00f4l\u00e9s, ce qui se retrouve ailleurs dans l&rsquo;album et ne l&rsquo;avantage pas de ce fait, sa voix ayant du mal \u00e0 se poser&#8230; La palette sonore, en plus des nombreux claviers, s&rsquo;\u00e9toffe, avec l&rsquo;apparition de la mandoline, ou de <em>pedal steel guitar<\/em> dont les notes gliss\u00e9es proviennent tout droit de la musique <em>country<\/em> (public et tourn\u00e9e am\u00e9ricaine obligent?)&#8230; Il faut noter \u00e9galement que le niveau des compositions est meilleur, tout simplement, ce qui a tendance \u00e0 gommer les quelques d\u00e9fauts de ce deuxi\u00e8me opus. Le remaster des ann\u00e9es 2000 va rendre infiniment justice \u00e0 l&rsquo;ensemble, clarifiant davantage les d\u00e9tails.<br \/><br \/> Une fois de plus le visuel de la pochette est frappant, et particuli\u00e8rement r\u00e9ussi, cette fois-ci inspir\u00e9 par le deuxi\u00e8me cr\u00e9ateur d&rsquo;Hipgnosis, Peter Christopherson, qui suivit Gabriel \u00e0 travers les rues enneig\u00e9es de New York, celui-ci prenant des poses incongrues au milieu des passants m\u00e9dus\u00e9s&#8230; La photographie est litt\u00e9ralement d\u00e9chir\u00e9e \u00e0 la main, donnant l&rsquo;illusion que c&rsquo;est Gabriel lui-m\u00eame qui tente de s&rsquo;arracher \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. La charte graphique noir, blanc et bleu sera poursuivie jusqu&rsquo;au quatri\u00e8me album, confirmant une pr\u00e9dilection toute particuli\u00e8re de l&rsquo;artiste pour l&rsquo;image autant que la musique. La suite de sa carri\u00e8re ne fera que confirmer ce go\u00fbt et cette soif de dialogue entre diff\u00e9rents modes d&rsquo;expression.<br \/><br \/> La tourn\u00e9e qui suit <em>Scratch<\/em> verra l&rsquo;\u00e9quipe de sc\u00e8ne habill\u00e9e en tenue de travaux urbains, avec gilet phosphorescent de rigueur. Inutile de pr\u00e9ciser combien en live les nouveaux morceaux seront d\u00e9cupl\u00e9s en terme de force et d&rsquo;\u00e9nergie, Gabriel y prenant \u00e0 chaque fois sa pleine mesure. Pour en t\u00e9moigner, un large extrait vid\u00e9o capt\u00e9 en Allemagne, lors de l&rsquo;\u00e9mission t\u00e9l\u00e9 Rockpalast, est disponible sur internet. Professionnalisme, fougue, urgence, aisance sc\u00e9nique, conviction, magn\u00e9tisme, en un mot, une performance \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pur&#8230;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est d\u00e9j\u00e0 temps, apr\u00e8s une tourn\u00e9e essentiellement men\u00e9e aux Etats Unis et en Angleterre,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":8162,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[25,154,21,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8161"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8161"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8161\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}