{"id":8139,"date":"2019-02-25T00:00:00","date_gmt":"2019-02-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8139"},"modified":"2019-02-25T00:00:00","modified_gmt":"2019-02-24T22:00:00","slug":"8139","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/02\/25\/8139\/","title":{"rendered":"Motorpsycho &#8211; The Crucible"},"content":{"rendered":"\n<p>D\u00e9j\u00e0 trois d\u00e9cennies d&rsquo;existence pour ce trio venu de Trondheim, Norv\u00e8ge, et dont la vitalit\u00e9 productive ne semble toujours pas d\u00e9mentie. L&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent voyait l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un nouveau batteur, succ\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;immense Kenneth Kapstad (groove extraordinaire, pulsation m\u00e9tronomique, jeu tentaculaire, subtilit\u00e9 et nuances du jazz, puissance rageuse du rock). Motorpsycho est pilot\u00e9 par deux comp\u00e8res (basse-chant et guitare-chant) faisant oeuvre d&rsquo;une inspiration r\u00e9solument ancr\u00e9e dans les ann\u00e9es soixante-dix, proposant au-del\u00e0 d&rsquo;un stoner de tout premier ordre des pans entiers de folk <em>americana<\/em> (Neil Young, dans sa facette intimiste comme <em>grunge<\/em>), de la pop pr\u00e9cieuse fa\u00e7on Beatles, et des lames de fond psych\u00e9d\u00e9liques, donnant le champ, vaste et g\u00e9n\u00e9reux, \u00e0 des joutes instrumentales sauvages, ainsi que d&rsquo;\u00e9pisodiques moments symphoniques et progressifs. Les compositions sont pens\u00e9es pour la sc\u00e8ne, souvent enregistr\u00e9es comme telles, et font appel \u00e0 un arsenal d&rsquo;effets suffisamment large, en plus des deux voix tr\u00e8s compl\u00e9mentaires, pour d\u00e9velopper et agr\u00e9menter un vocabulaire livr\u00e9 avec beaucoup de passion. Les nombreux albums <em>live<\/em> (huit \u00e0 ce jour !) t\u00e9moignent d&rsquo;une vitalit\u00e9 confondante, doubl\u00e9e d&rsquo;improvisations hom\u00e9riques. Voici donc <em>The Crucible<\/em>, vingt-troisi\u00e8me album du groupe (!)&#8230;<br \/><br \/> Avec une discographie toujours tr\u00e8s au-dessus de la moyenne, force \u00e9tait de constater une certaine redondance depuis quelques temps, malgr\u00e9 une volont\u00e9 de mont\u00e9e en puissance, avec des compositions manquant un peu de fantaisie et de sophistication (2008-2013 \u00e9tant la p\u00e9riode b\u00e9nie, culminant avec le tr\u00e8s inventif <em>Death Defying Unicorn<\/em>). L&rsquo;int\u00e9gration de Tomas J\u00e4rmyr \u00e0 la batterie n&rsquo;avait pas sp\u00e9cialement annonc\u00e9 de changement de cap en ce sens, sa prestation apparaissant m\u00eame comme un peu scolaire (<em>The Tower<\/em>). On passe ici \u00e0 un niveau \u00e9tonnamment sup\u00e9rieur, rivalisant avec les meilleurs prestations pr\u00e9c\u00e9dentes, batteur historique confondu ! C&rsquo;est que le niveau musical a suivi le m\u00eame chemin, et avec les m\u00eames proportions, propulsant cet album, d\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9coute, parmi les sommets.<br \/><br \/> Il est inesp\u00e9r\u00e9 de constater ce retour \u00e0 une grande \u00e9nergie cr\u00e9atrice, un tel app\u00e9tit de composer et d\u2019enregistrer apr\u00e8s trente ans de carri\u00e8re, et autant de centaines de concerts au compteur. Le progueux et les fans les plus exigeants du combo en tomberont de leur chaise, tant ils semblaient (\u00e0 l&rsquo;instar de votre serviteur) ne plus rien attendre de ce groupe, tel disque chassant l&rsquo;autre, ne cessant de se ressembler&#8230; Voici que le g\u00e9nie frappe de nouveau \u00e0 la porte, et avec une telle intensit\u00e9 qu\u2019on la lui ouvre bien grand. Ce disque est d&rsquo;entr\u00e9e promis au top de l&rsquo;ann\u00e9e 2019, pas moins, affichant trois pi\u00e8ces \u00e9piques aux proportions et couleurs progressives comme jamais. Bien que cela ne soit pas consign\u00e9 aux cr\u00e9dits, on entend r\u00e9guli\u00e8rement du mellotron (strings, fl\u00fbtes, cuivres), de vrais instruments \u00e0 vent, un <em>sundry<\/em> mentionn\u00e9 mais dont on s&rsquo;interroge encore sur l&rsquo;identit\u00e9, et des m\u00e9lop\u00e9es semblant sortir d&rsquo;un mini Moog. Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 un \u00e9ventail sonore particuli\u00e8rement enrichi. Signatures rythmiques complexes, changements de tempos, transitions soign\u00e9es, r\u00e9-exposition de th\u00e8mes, s\u00e9quences ultra sensibles et retenues, mont\u00e9es en puissance d\u00e9vastatrices : bref, on n&rsquo;en attendait pas \u00e0 tant, m\u00eame si tout le landerneau du prog y avait cru avec <a href=\"chroniques\/item\/15668-here-be-monsters\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Here Be Monsters<\/em><\/a>, pas aussi ambitieux qu&rsquo;esp\u00e9r\u00e9. Arrangements \u00e9labor\u00e9s (gros travail de studio), harmonies complexes, influences marqu\u00e9es et plus \u00e9tendues (Black Sabbath d\u00e8s l&rsquo;ouverture avec son riff ultra plomb\u00e9, King Crimson, avec ses refrains symphoniques puissants, ou ses constructions tendues en \u00e9chelons, quelque chose de Yes ou Genesis \u00e9galement, du jazz rock au d\u00e9tour d&rsquo;accords inattendus) : tout ce qu&rsquo;on aurait pu esp\u00e9rer de plus savoureux se trouve grav\u00e9 l\u00e0, sans jamais trahir l&rsquo;\u00e2me du groupe. L&rsquo;album gagne en concision et complexit\u00e9 ce que le pr\u00e9c\u00e9dent perdait en dilution d&rsquo;id\u00e9es un peu courtes, \u00e9tir\u00e9es parfois \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s. Du coup le temps y passe \u00e0 une vitesse telle qu&rsquo;on retombe d\u00e9j\u00e0 sur le premier morceau. Il va donc falloir \u00eatre r\u00e9aliste: Motorpsycho semble bien avoir pondu un nouveau chef-d&rsquo;oeuvre.<br \/><br \/> Alors, est-ce d\u00f9 \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;un nouveau membre (son travail \u00e0 la batterie est v\u00e9ritablement extraordinaire), est-ce une nouvelle d\u00e9claration d&rsquo;intention pour une ambition plus r\u00e9solument progressive, est-ce simplement le fruit d&rsquo;une exp\u00e9rience unique dans ce studio du Pays De Galle (production incroyable, aux pistes multiples, et il va falloir rendre compte d&rsquo;un tel disque sur sc\u00e8ne : y parviendront-ils \u00e0 trois?). Il est impossible de se prononcer pour le moment. Ce que l&rsquo;on peut avancer n\u00e9anmoins c&rsquo;est qu&rsquo;il va falloir se procurer cet album IM-P\u00c9-RA-TI-VE-MENT!<br \/><br \/> Magnifique, et de loin.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9j\u00e0 trois d\u00e9cennies d&rsquo;existence pour ce trio venu de Trondheim, Norv\u00e8ge, et dont la vitalit\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":8140,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[34,38,52,24,65,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8139"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8139"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8139\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8140"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8139"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8139"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8139"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}