{"id":8121,"date":"2019-01-28T00:00:00","date_gmt":"2019-01-27T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8121"},"modified":"2020-09-06T23:21:30","modified_gmt":"2020-09-06T21:21:30","slug":"8121","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/01\/28\/8121\/","title":{"rendered":"Quartet Diminished &#8211; Station Two"},"content":{"rendered":"\n<p>La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de jazzmen est passionnante par la richesse des influences incorpor\u00e9es dans leur musique. R\u00e9guli\u00e8rement on tombe sur un disque dont l\u2019univers vous laisse pantois. Pour ne citer que les plus marquants, il y a eu Avishai Cohen, Nik B\u00e4rtsch, Tigran Hamasyan, Ibrahim Maalouf, Guillaume Perret. Autant de musiciens qui proposaient leur propre vision du jazz en y int\u00e9grant d\u2019autres genres, marquant ainsi les esprits. En 2018, le disque qui nous a fait cet effet l\u00e0 est l\u2019\u0153uvre d\u2019un ensemble qui nous vient d\u2019Iran. Un quatuor sans <em>leader<\/em>, o\u00f9 chaque instrumentiste brille \u00e0 sa mani\u00e8re. <br><br> Leur univers musical est \u00e0 la crois\u00e9e du <em>jazz<\/em>, de l\u2019<em>avant-prog<\/em>, du <em>classique moderne<\/em> et de la <em>musique contemporaine<\/em>. Les notes de piano de Mazyar Younesi y tombent en cascades, qui peuvent \u00eatre tour \u00e0 tour harmonieuses et apaisantes ou tonitruantes et inqui\u00e9tantes. Les sonorit\u00e9s des guitares de Ehsan Sadigh sont souvent caract\u00e9ris\u00e9es par une absence d\u2019attaque au m\u00e9diator gr\u00e2ce au <em>sustain<\/em> continu rendu possible par le E-Bow ou \u00e0 la technique du <em>tapping<\/em>. King Crimson semble \u00eatre une influence dans son jeu (\u00ab&nbsp; Projector &nbsp;\u00bb). Mais one pense aussi \u00e0 Manu Codjia pour sa capacit\u00e9 \u00e0 sortir des sons \u00e9tranges qui font <em>twang<\/em> sur sa guitare ou \u00e0 partir en shred sur des gammes <em>free jazz<\/em> (\u00ab&nbsp; Mahdodeh &nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp; Khoushe &nbsp;\u00bb). Aux instruments \u00e0 vent, Soheil Peyghambari propose une palette incroyablement riche. Cela va de clarinettes basse vrombissantes aux clarinettes \u00e9voquant une plainte de voix humaine en passant par des solos de saxophones soprano enlev\u00e9s et habit\u00e9s. A la batterie, Rouzbeh Fadavi cr\u00e9\u00e9 des ambiances riches et complexes, ne se contentant jamais du simple r\u00f4le d\u2019accompagnateur rythmique. Comme s\u2019il ne nous avait pas d\u00e9j\u00e0 tellement impressionn\u00e9 tout au long de l\u2019album, le quatuor d\u00e9voile encore d\u2019autres palettes pour son final \u00ab&nbsp; Mood I&nbsp;\u00bb. Sur cette magnifique ballade, Ehsan Sadigh prend la guitare classique et Mazyar Younesi r\u00e9v\u00e8le une voix ang\u00e9lique, digne d\u2019un chanteur de musique ancienne. La captation sonore est remarquable, permettant de savourer les subtilit\u00e9s jou\u00e9es par chaque instrument. Les solos sont rares, car ce n\u2019est pas le propos du groupe. Quartet Diminished tisse avant tout des ambiances \u00e9volutives, de v\u00e9ritables voyages, \u00e0 travers ses compositions. Celles- ci peuvent avoisiner les 10 minutes, voire le quart d\u2019heure sans qu\u2019on s\u2019en rende compte tellement tout coule de source.  <br><br> S\u2019il fallait trouver des d\u00e9fauts \u00e0 cette merveille inattendue venue d\u2019Iran, on pourrait \u00e9voquer ce th\u00e8me de guitare sur deux notes dans \u00ab&nbsp; Projector&nbsp;\u00bb r\u00e9p\u00e9t\u00e9 pendant pr\u00e8s de quatre minutes sans qu\u2019on ne comprenne vraiment pourquoi. On encore cette \u00e9chapp\u00e9e free qui n\u2019aboutit curieusement \u00e0 rien \u00e0 la fin de \u00ab&nbsp; Istgahe do&nbsp;\u00bb, comme une parenth\u00e8se sans but. Mais ce serait vraiment faire la fine bouche, car <em>Station Two<\/em> est un album \u00e9poustouflant jou\u00e9 par des musiciens remarquables. Et franchement, r\u00e9ussir \u00e0 faire cohabiter l\u2019esprit de Debussy, Ornette Coleman, King Crimson et Karlheinz Stockhausen dans une m\u00eame \u0153uvre et que celle-ci soit coh\u00e9rente rel\u00e8ve de l\u2019exploit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un disque dont l\u2019univers vous laisse pantois \u00e0 la crois\u00e9e du jazz, de l\u2019avant-prog, du classique moderne et de la musique contemporaine&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":8122,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[127,33],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8121"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8121"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8121\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22451,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8121\/revisions\/22451"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8122"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8121"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8121"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8121"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}