{"id":8103,"date":"2019-01-07T00:00:00","date_gmt":"2019-01-06T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8103"},"modified":"2019-01-07T00:00:00","modified_gmt":"2019-01-06T22:00:00","slug":"8103","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/01\/07\/8103\/","title":{"rendered":"Genesis &#8211; &#8230;And Then There Were Three&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p>Nouvelle \u00e9tape \u00ab\u00a0post-gabrielienne\u00a0\u00bb pour Genesis puisqu&rsquo;\u00e0 son tour Steve Hackett quitte le groupe, trop insatisfait de la place que lui r\u00e9serve Tony Banks dans la composition et les interventions solistes, et apr\u00e8s un refus cat\u00e9gorique d&rsquo;une compo propos\u00e9e par lui, qu\u2019il finira d\u2019ailleurs par placer en morceau titre sur son deuxi\u00e8me album solo&#8230; L&rsquo;affaire va-t-elle pr\u00e9cipiter le groupe \u00e0 sa perte? C&rsquo;est trop mal conna\u00eetre les trois gaillards restant, dont on sait maintenant \u00e0 quel point ils vont tirer leurs marrons du feu de cette r\u00e9duction de signatures pour les compos. Le punk vient de tout emporter sur son passage, et le progressif chatoyant et ambitieux n&rsquo;est plus de mise. Genesis l&rsquo;a bien compris et n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 prendre le train du changement en marche, quitte \u00e0 perdre un peu (voire compl\u00e8tement!) de son public de d\u00e9part. <em>&#8230;And Then There Were Three&#8230;<\/em>, enregistr\u00e9 en 77 aux Pays Bas, est un disque mal aim\u00e9 par la presse et les r\u00e9trospectives, injustement s&rsquo;il en est, tant une bonne moiti\u00e9 au moins demeure de qualit\u00e9, voire excellente, tout en renouvelant les sonorit\u00e9s, pour les claviers essentiellement,  ainsi que le format des morceaux qui \u00e9videmment va tendre \u00e0 se raccourcir.<br \/><br \/> La pochette est \u00e0 nouveau sign\u00e9e par Hipgnosis, et appara\u00eet encore aujourd&rsquo;hui comme un rien \u00e9nigmatique&#8230; Elle ne semble pas particuli\u00e8rement li\u00e9e \u00e0 un morceau du disque, bien qu&rsquo;elle ait un certain pouvoir de myst\u00e8re, avec cette vue cr\u00e9pusculaire, et les trois gars, dont on pourrait penser qu&rsquo;ils pr\u00e9parent un mauvais coup, ou en reviennent, c&rsquo;est selon&#8230; Le titre de ce disque fait r\u00e9f\u00e9rence aux Dix Petits N\u00e8gres d&rsquo;Agatha Christie, dont les protagonistes du roman meurent ou disparaissent les uns apr\u00e8s les autres&#8230; Un clin d&rsquo;oeil laissant deviner une certaine autod\u00e9rision, doubl\u00e9e d&rsquo;un relativisme plut\u00f4t optimiste quand \u00e0 la perte d&rsquo;un second membre du groupe. Rappelons que depuis le d\u00e9part, Genesis a connu quatre batteurs, deux guitaristes et deux chanteurs&#8230;! On se dit finalement que tant que Banks est \u00e0 la barre, la qualit\u00e9 sera au rendez-vous&#8230; Cette pens\u00e9e aura bient\u00f4t ses limites lorsque Collins d\u00e9cidera de s&rsquo;inviter s\u00e9rieusement au r\u00e9pertoire&#8230; Pour le moment penchons-nous sur ce premier album post Hackett. Son absence se fait-elle sentir? Oui car Rutherford est un pi\u00e8tre soliste, et son apport aux accords de Banks est plut\u00f4t faible. Il se contente souvent de suivre le mouvement. De plus, sa basse ne brille pas particuli\u00e8rement ici, d&rsquo;autant que les rythmiques se sont passablement assagies. Pourtant la mayonnaise prend sur pas mal de titres, ou par intermittence; on retrouve l&rsquo;ampleur symphonique, les harmonies inattendues, le go\u00fbt pour les digressions instrumentales, m\u00eame si bien moins pr\u00e9sentes. Collins, impressionnant surtout sur ses toms de batterie, est d\u00e9cid\u00e9ment un interpr\u00e8te vocal toujours aussi excellent, alliant puissance et nuance, sachant faire na\u00eetre l&rsquo;\u00e9motion \u00e0 bien des reprises (\u00ab\u00a0Say It&rsquo;s Alright Joe\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Undertow\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Snowman\u00a0\u00bb) . Comme on l&rsquo;a dit, Banks est le roi de la f\u00eate, avec son tout nouveau piano \u00e9lectrique Yamaha CP 70, v\u00e9ritable fil rouge du disque. On peut pourtant reprocher au groupe un certain manque d&rsquo;ambition, l&rsquo;album ne comportant que peu de compositions vraiment marquantes, (\u00ab\u00a0The Ladie Lies\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Burning Rope\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0 Down And Out\u00a0\u00bb), proposant pas moins de onze morceaux. C&rsquo;est en effet le disque annon\u00e7ant une orientation plus consensuelle, plus efficace, plus pop. Le <em>single<\/em> en toute fin d&rsquo;album a d&rsquo;ailleurs cartonn\u00e9 un peu partout, bluette amoureuse sur fond chaloup\u00e9 au refrain ass\u00e9n\u00e9 ad nauseam&#8230; Ce qui permet pour la premi\u00e8re fois \u00e0 un album de Genesis d&rsquo;\u00eatre un succ\u00e8s commercial au Royaume Uni, mais \u00e9galement en Allemagne et en France, qui du coup ne manqueront pas d&rsquo;\u00eatre visit\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises (cinq destinations diff\u00e9rentes pour la France) lors de la tourn\u00e9e mondiale qui s&rsquo;ensuit. \u00ab\u00a0Follow You Follow Me\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Many Too Many\u00a0\u00bb sont les vrais temps faibles, destin\u00e9s aux radios de grande \u00e9coute, \u00e0 un public f\u00e9minin, et donc \u00e0 des vis\u00e9es clairement commerciales. \u00ab\u00a0 Ballad Of Big\u00a0\u00bb quant \u00e0 lui est par trop balourd et r\u00e9p\u00e9titif&#8230; Le sentiment g\u00e9n\u00e9ral est qu&rsquo;il y a pourtant mati\u00e8re \u00e0 un potentiel grand album, mais que le travail demeure un rien inachev\u00e9 ou fragment\u00e9.<br \/><br \/> La tourn\u00e9e cons\u00e9cutive s&rsquo;av\u00e8re cependant particuli\u00e8rement brillante, aux jeux de miroirs mobiles vraiment stup\u00e9fiants (m\u00e9canisme complexe et co\u00fbteux), les nouveaux morceaux prenant une nouvelle vigueur sur sc\u00e8ne, en plus de l&rsquo;incorporation de morceaux inattendus(\u00ab\u00a0 The Fountain Of Salmacis\u00a0\u00bb, splendide), la set list privil\u00e9giant l&rsquo;excellence. Venus du monde du jazz rock (rappelons que Collins \u00e0 cette \u00e9poque officie \u00e9galement au sein de Brand X), Chester Thompson et Daryl Stuermer prennent la rel\u00e8ve batterie-guitare. Stuermer a un jeu plus froid mais plus rapide que Hackett, d\u00e9cochant des soli tout en mont\u00e9es et descentes, insufflant au r\u00e9pertoire classique une nouvelle couleur bienvenue, et ce sans pourtant trahir l&rsquo;apport de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Un enregistrement <em>bootleg<\/em> d&rsquo;un concert \u00e0 Dijon durant cette tourn\u00e9e existe quelque part, au son et \u00e0 la prestation exceptionnels, Collins pr\u00e9sentant la totalit\u00e9 du show en fran\u00e7ais&#8230; Un jour peut-\u00eatre sera-t-il officiellement publi\u00e9 car il m\u00e9rite le d\u00e9tour. <br \/><br \/> <em>&#8230;And Then There Were Three&#8230;<\/em> proposera les derni\u00e8res couleurs v\u00e9ritablement progressives d&rsquo;un Genesis pass\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, pour laisser na\u00eetre un autre groupe, qui ne gardera que le nom et la voix du premier. Avec le suivant, conceptuel et incontestablement r\u00e9ussi, paradoxalement, se tournera la page d&rsquo;une autre histoire, une autre musique, un autre public, plus vaste mais aussi plus anonyme, et dont l&rsquo;\u00e9preuve du temps ne lui donnera pas vraiment raison.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouvelle \u00e9tape \u00ab\u00a0post-gabrielienne\u00a0\u00bb pour Genesis puisqu&rsquo;\u00e0 son tour Steve Hackett quitte le groupe, trop insatisfait&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":8104,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[38,24,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8103"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8103"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8103\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8104"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8103"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8103"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8103"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}