{"id":8097,"date":"2018-12-31T00:00:00","date_gmt":"2018-12-30T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8097"},"modified":"2018-12-31T00:00:00","modified_gmt":"2018-12-30T22:00:00","slug":"8097","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/12\/31\/8097\/","title":{"rendered":"Genesis &#8211; Wind and Wuthering"},"content":{"rendered":"\n<p>Deuxi\u00e8me et dernier disque de Genesis en quatuor, <em>Wind and Wuthering<\/em> a souvent \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9 par son grand fr\u00e8re <em><a href=\"chroniques\/item\/16960-a-trick-of-the-tail\" target=\"\u201d_blank\u201d\">A Trick of the Tail<\/a><\/em>. Pourtant, il s\u2019agit bien d\u2019un album aux qualit\u00e9s ind\u00e9niables si l\u2019on d\u00e9cide d\u2019y pr\u00eater assez d\u2019attention.<br \/><br \/> Avant m\u00eame d\u2019en entendre la moindre note, la pochette sign\u00e9e Hipgnosis donne le ton : <em>Wind and Wuthering<\/em> est un album aux ambiances brumeuses et hivernales. Depuis <em><a href=\"chroniques\/item\/16917-trespass\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Trespass<\/a><\/em>, Tony Banks reste la force cr\u00e9atrice du groupe avec ici trois morceaux \u00e9crits seul et trois contributions. A l\u2019inverse de beaucoup de clavi\u00e9ristes de la sc\u00e8ne progressive, Banks n\u2019a jamais cherch\u00e9 la d\u00e9monstration technique, son travail reposant plut\u00f4t sur une \u00e9criture harmonique recherch\u00e9e, une science de la m\u00e9lodie imparable et une utilisation pointue des diff\u00e9rents claviers. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant que ce disque reste l\u2019un de ses pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s tant ce talent atteint son apog\u00e9e ; il n\u2019y a qu&rsquo;\u00e0 \u00e9couter le premier morceau pour s\u2019en convaincre. Apr\u00e8s les premi\u00e8res notes stup\u00e9fiantes au synth\u00e9tiseur, Banks alterne l\u2019orgue, le piano, le mellotron, au service d\u2019un titre d\u2019ouverture de haute vol\u00e9e (une habitude chez Genesis). Autre morceau sign\u00e9 Banks, \u00ab\u00a0One For the Vine\u00a0\u00bb est peut-\u00eatre la meilleure composition \u00e9crite par le clavi\u00e9riste. C\u2019est un sommet de subtilit\u00e9 dans les arrangements, les m\u00e9lodies et les changements de rythmes qui d\u00e9veloppe au long de ses dix minutes une m\u00e9lancolie toute en retenue typiquement britannique. <br \/><br \/> L\u2019autre musicien essentiel sur <em>Wind and Wuthering<\/em> est Steve Hackett. Un peu en retrait sur <em>A Trick of the Tail<\/em>, le guitariste s\u2019implique davantage. En plus de signer la partie centrale acoustique du premier titre sur lequel il installe un climat aux horizons embrum\u00e9s, il est \u00e0 l\u2019origine de compositions empreintes d\u2019un romantisme d\u00e9licat m\u00e2tin\u00e9es d\u2019\u00e9tranget\u00e9 comme \u00ab\u00a0Blood on the Rooftops\u00a0\u00bb (sans doute sa contribution \u00e0 Genesis la plus importante), et les instrumentaux  \u00ab\u00a0Unquiet slumbers for the sleepers&#8230;\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0&#8230;in that quiet earth\u00a0\u00bb. Hackett apporte aussi son sens m\u00e9lodique dans ses soli (\u00ab\u00a0Eleventh Earl of Mar\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0All in a Mouse&rsquo;s Night\u00a0\u00bb) et lorsqu\u2019il est moins en avant, son jeu est discret mais crucial (les arp\u00e8ges splendides de \u00ab\u00a0Afterglow\u00a0\u00bb).<br \/><br \/> La section rythmique n\u2019est pas en reste, les lignes de basse de Rutherford sont toujours aussi cr\u00e9atives et surprenantes (quel <em>groove<\/em> sur \u00ab\u00a0Eleventh Earl of Mar\u00a0\u00bb!) et Phil Collins fait encore preuve d\u2019une musicalit\u00e9 unique allant de la subtilit\u00e9 (\u00ab\u00a0One for The Vine\u00a0\u00bb) \u00e0 l\u2019inventivit\u00e9 explosive de \u00ab\u00a0Eleventh Earl of Mar\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Wot Gorilla?\u00a0\u00bb sur lesquels il apporte cette touche jazz-rock inspir\u00e9e du Mahavishnu Orchestra.<br \/><br \/> Les morceaux se suivent avec un sens aigu de l\u2019\u00e9quilibre et des contrastes. Le sublime encha\u00eenement final en est un parfait exemple o\u00f9 le myst\u00e9rieux \u00ab\u00a0Unquiet slumbers for the sleepers&#8230;\u00a0\u00bb laisse place au t\u00e9n\u00e9breux \u00ab\u00a0&#8230;in that quiet earth\u00a0\u00bb qui \u00e9voque les hurlevents glac\u00e9s dans un chaos que l\u2019on n\u2019avait plus entendu depuis \u00ab\u00a0The Musical Box\u00a0\u00bb, pour s\u2019achever par la d\u00e9licatesse d\u2019\u00ab\u00a0Afterglow\u00a0\u00bb. <em>Wind And Wuthering<\/em> \u00e9merveille aussi par son attention aux d\u00e9tails, chaque \u00e9coute permet de d\u00e9couvrir de nouvelles richesses : <em>reverb<\/em> sur les voix, percussions, Taurus pedal (pour les effets de drone), jeu sur les textures,  etc. Le travail de production de David Hentschel est \u00e0 ce sujet d\u2019une justesse incroyable car ce niveau de densit\u00e9 n\u2019est jamais \u00e9touffant.<br \/><br \/> Malheureusement, Steve Hackett restera insatisfait que certaines de ses compositions soient rejet\u00e9es et quittera le groupe \u00e0 la suite de la tourn\u00e9e de 1977. Banks, Collins et Rutherford continueront \u00e0 trois sans se poser de questions mais il perdront en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019unit\u00e9 si particuli\u00e8re qui existait depuis <em><a href=\"chroniques\/item\/16920-nursery-cryme\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Nursery Cryme<\/a><\/em>. Tony Banks l\u2019avouera par la suite, sans Steve Hackett, il lui a manqu\u00e9 un alli\u00e9 pour explorer des territoires \u00e9tranges et exp\u00e9rimentaux. M\u00eame si Genesis s\u2019aventurera parfois sur des chemins int\u00e9ressants (on pense surtout \u00e0 <em><a href=\"chroniques\/item\/462-duke\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Duke<\/a><\/em> et quelques fulgurances sur <em><a href=\"chroniques\/item\/535-abacab\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Abacab<\/a><\/em> ou <em><a href=\"chroniques\/item\/229-genesis\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Genesis<\/a><\/em>), il ne retrouvera jamais un tel niveau d\u2019excellence. Genesis cl\u00f4t donc sa meilleure p\u00e9riode avec un dernier chef d\u2019oeuvre, le sixi\u00e8me d\u2019affil\u00e9e. Ce cr\u00e9puscule lumineux (\u00e0 l\u2019image de son dernier titre) longtemps d\u00e9laiss\u00e9 par les fans est une oeuvre somme, sans compromis et \u00e0 la personnalit\u00e9 affirm\u00e9e. Et si <em>Wind and Wuthering<\/em> \u00e9tait tout simplement le meilleur album de Genesis ?<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deuxi\u00e8me et dernier disque de Genesis en quatuor, Wind and Wuthering a souvent \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":46,"featured_media":8098,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8097"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/46"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8097"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8097\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8098"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8097"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8097"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8097"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}