{"id":8069,"date":"2018-11-26T00:00:00","date_gmt":"2018-11-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8069"},"modified":"2020-10-03T21:20:37","modified_gmt":"2020-10-03T19:20:37","slug":"8069","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/11\/26\/8069\/","title":{"rendered":"Guillaume Perret &#8211; 16 levers de soleil"},"content":{"rendered":"\n<p>Guillaume Perret avait frapp\u00e9 un coup dans le monde du jazz avec les deux premiers albums de son groupe The Electric Epic. Ce m\u00e9lange de jazz, de m\u00e9tal et d\u2019ethio-jazz, cette \u00e9nergie qui emporte tout, et ces sonorit\u00e9s de saxophones trafiqu\u00e9es via des p\u00e9dales d\u2019effets de guitare en avait laiss\u00e9 plus d\u2019un pantois. S\u2019en est suivi un album solo au sens propre du terme, puisque sur <a href=\"http:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/08\/29\/7507\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> <em>Free<\/em><\/a> ne figurait que notre saxophoniste haut-savoyard, improvisant avec lui-m\u00eame \u00e0 l\u2019aide d\u2019un <em>looper<\/em>. Les amateurs de jazz fusion n\u2019y avaient pas trouv\u00e9 leur compte. Qu\u2019ils se rassurent, avec la B.O. de <em>16 levers de soleil<\/em> Perret revient \u00e0 des sonorit\u00e9s qui devraient leur plaire. <br><br> Pierre-Emmanuel Le Goff, qui a r\u00e9alis\u00e9 ce film documentaire avec les images de Thomas Pesquet, r\u00eavait d\u2019une s\u00e9quence o\u00f9 l\u2019astronaute jouerait un morceau de saxophone dans l\u2019espace. Il a alors eu l\u2019heureuse id\u00e9e de contacter Guillaume Perret pour \u00e9crire une composition originale \u00e0 faire jouer \u00e0 Pesquet dans l\u2019espace ainsi que toute la musique du film. Le r\u00e9sultat est une bande originale unique en son genre, de ces belles surprises qui peuvent se produire d\u00e8s lors que les r\u00e9alisateurs font preuve d\u2019audace en ne se contentant pas d\u2019un <em>score<\/em> classique compos\u00e9 par des sp\u00e9cialistes du genre. <br><br> Diff\u00e9rents styles musicaux sont abord\u00e9s sur la premi\u00e8re moiti\u00e9 de l\u2019album. Les m\u00e9lodies ethio-jazz et l\u2019\u00e9nergie du m\u00e9tal sont de retour et les morceaux \u00ab\u00a0 Alea jacta est \u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0 A certain trip 1 \u00a0\u00bb auraient toute leur place sur un disque de The Electric Epic. \u00ab\u00a0 Air blast \u00a0\u00bb est une petite merveille qui ravira les fans de rock progressif avec ses nappes de synth\u00e9tiseur analogique chaleureuses, sa rythmique saccad\u00e9e, sa basse bondissante et sa m\u00e9lodie de saxophone finale en forme d\u2019hymne. Le rap est abord\u00e9 sous plusieurs angles sur diff\u00e9rents titres de l\u2019album. D\u2019abord avec \u00ab\u00a0 A certain trip 2 \u00a0\u00bb o\u00f9 des sonorit\u00e9s hip-hop <em>old school<\/em> sont m\u00eal\u00e9es au jazz. Puis sur \u00ab\u00a0 Peace \u00a0\u00bb, le rappeur helv\u00e8te Nya, habitu\u00e9 des collaborations avec les jazzmen (Truffaz, Chlorine Free) d\u00e9clame un texte qui donne la chair de poule sur la beaut\u00e9 et la paix qui r\u00e8gnent dans l&rsquo;univers. Le ton se durcit quand vient la collaboration avec Lino (ex-\u00c4rsenik) : l\u2019accompagnement musical cr\u00e9e par Guillaume Perret \u00e0 base de <em>samples<\/em> r\u00e9pond parfaitement aux codes du rap, tellement qu\u2019on a du mal \u00e0 voir ce qu\u2019il resterait de jazz dans le titre \u00ab\u00a0 Dans la paume de Gulliver \u00a0\u00bb qui ne d\u00e9pareillerait pas sur un album solo du MC. Au-del\u00e0 de ces influences extra-jazz, difficile de ne pas mentionner \u00e0 quel point la musique nous rappelle parfois Weather Report, probablement une influence majeure du saxophoniste (\u00e9coutez \u00ab\u00a0 Fioul \u00a0\u00bb par exemple). <br><br> La deuxi\u00e8me moiti\u00e9 de l\u2019album se montre beaucoup plus planante (\u00e0 l\u2019exception d\u2019un \u00ab\u00a0  Star Spangled Banner \u00a0\u00bb encore plus massacr\u00e9 au saxophone qu\u2019Hendrix n\u2019avait pu le faire avec sa guitare) et correspond en cela plus \u00e0 ce qu\u2019on s\u2019imagine d\u2019une B.O. de film sur l\u2019espace. Les influences sont d\u00e9sormais \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 des musiques \u00e9lectroniques, notamment l\u2019<em>ambient<\/em> (\u00ab\u00a0 Outside Thomas \u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0 Song of the earth \u00a0\u00bb), le <em>glitch<\/em> (\u00ab\u00a0 Into the infinite \u00a0\u00bb), l\u2019IDM (\u00ab\u00a0 Wind, sand, stars \u00a0\u00bb qui \u00e9voque Boards of Canada) ou le <em>trip-hop<\/em> (\u00ab\u00a0 St Exup\u00e9ry \u00a0\u00bb). <br><br> Sur cette B.O., Guillaume Perret aborde donc une grande vari\u00e9t\u00e9 de styles musicaux diff\u00e9rents ce qui la rend extr\u00eamement riche. Il y a l\u00e0 de quoi ravir les amateurs de jazz aux fronti\u00e8res d\u2019autres genres, mais aussi une plus grande probabilit\u00e9 que certains ne trouvent pas leur compte sur un ou deux morceaux en fonction de leurs go\u00fbts. Synth\u00e9tiseurs, saxophone \u00e9lectrique et batterie \u00e9lectronique, la place accord\u00e9e aux instruments acoustiques sur ce disque est rare. Le but est probablement de coller \u00e0 l\u2019aspect hautement technologique de l\u2019a\u00e9rospatiale, mais sans cela on aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 entendre le son plus chaleureux et vivant d\u2019une batterie acoustique. Avec <em>16 levers de soleil<\/em>, Guillaume Perret signe un tr\u00e8s bel album qui saura s\u00e9duire ceux qui l\u2019avaient d\u00e9couvert avec The Electric Epic et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une excellente nouvelle en soi. Reste \u00e0 aller voir le film pour d\u00e9couvrir \u00e0 quel point la musique r\u00e9ussit \u00e0 sublimer les images.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour cette B.O., Guillaume Perret aborde une grande vari\u00e9t\u00e9 de styles musicaux diff\u00e9rents. 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