{"id":8061,"date":"2018-11-19T00:00:00","date_gmt":"2018-11-18T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8061"},"modified":"2018-11-19T00:00:00","modified_gmt":"2018-11-18T22:00:00","slug":"8061","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/11\/19\/8061\/","title":{"rendered":"Argos &#8211; Unidentified Dying Objects"},"content":{"rendered":"\n<p>Cinqui\u00e8me album pour ce combo allemand qui n&rsquo;en finit pas de tenter (souvent brillamment) de faire \u00e9voluer le rock progressif, de lui donner des couleurs sinon nouvelles au moins un tant soit peu inhabituelles, ce qui, vous en conviendrez, n&rsquo;est pas une mince affaire. Rien que pour cette d\u00e9marche, Argos (et son fondateur historique depuis 2005, le multi instrumentiste et compositeur Thomas Klarmann) est \u00e0 saluer haut et fort, et figure, n&rsquo;en d\u00e9plaise, parmi les formations les plus importantes du genre en ce d\u00e9but de 21\u00e8me si\u00e8cle. On range souvent la musique de ce groupe sous la banni\u00e8re du n\u00e9o prog, ce qui s&rsquo;av\u00e8re de plus en plus incongru, tant l&rsquo;ambition harmonique et le sens pouss\u00e9 de la composition l&rsquo;inscrivent en faux, sans compter un penchant tr\u00e8s marqu\u00e9 pour les sons analogiques des ann\u00e9es 70. Peut-\u00eatre est-ce d\u00f9 \u00e0 la simplicit\u00e9 de quelques titres, parfois flirtant avec la pop, mais l\u00e0 aussi r\u00e9side le paradoxe, en ce sens qu&rsquo;on accole souvent aussi l&rsquo;\u00e9tiquette <em>Canterbury scene<\/em> \u00e0 la musique d&rsquo;Argos, un genre musical n&rsquo;ayant jamais cach\u00e9 ses ambitions musicales jazz et avant-garde&#8230; Demeure donc ce myst\u00e8re aphoristique&#8230; Deux adjectifs s&rsquo;annulant l&rsquo;un l&rsquo;autre, mais dont l&rsquo;originalit\u00e9 profite fort bien \u00e0 nos Allemands, comme en t\u00e9moigne encore  <em>Unidentified Dying Objects<\/em>&#8230;<br \/><br \/> La musique d&rsquo;Argos, peu tapageuse, rel\u00e8ve r\u00e9guli\u00e8rement d&rsquo;un charme fou, et d&rsquo;un sens tr\u00e8s <em>british<\/em> de l&rsquo;inspiration et des arrangements. L&rsquo;une des voix pour le chant (guitariste et clavi\u00e9riste) rappelle celle du chanteur de Caravan, Pye Hastings, ce qui apporte quelque chose de tr\u00e8s humain \u00e0 cette musique, dont l&rsquo;influence Canterbury s&rsquo;est un peu dilu\u00e9e ici, comme pour l&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent (<a href=\"chroniques\/item\/15379-a-seasonal-affair\"><em>A Seasonal Affair<\/em><\/a>, 2015), mais faisant montre de plus d&rsquo;ambition. Le souci des arrangements, d&rsquo;un raffinement recherch\u00e9, est aussi une des composantes du groupe, et ne se d\u00e9ment pas sur ce disque. Les sons Canterbury sont l\u00e0; orgues Hammond et Clavinet, vibraphone simul\u00e9, et autres mellotrons sont de la partie, agr\u00e9ment\u00e9s de fl\u00fbte, saxophone ou clarinette par intermittence. Les parties rythmiques sont plus d\u00e9velopp\u00e9es que pr\u00e9c\u00e9demment, bien <em>groove<\/em> et faisant montre de tr\u00e8s jolis <em>breaks<\/em>, m\u00eame si n&rsquo;est pas Billy Cobham qui veut. Enfin la guitare prend ici sa place de roi, versatile et technique au possible, entre m\u00e9tal et jazz rock fa\u00e7on Holdsworth \u00e0 son meilleur, habillant de lumi\u00e8re chacune des huit pi\u00e8ces. On pense souvent au talent insolent (mais parfois bavard) de Luke Machin. Andy Tillison (justement!), appara\u00eet en invit\u00e9 et ne d\u00e9pareille pas, tant cet album sonne parfois comme le tout meilleur&#8230;The Tangent justement (!), ou les Flower Kings, les d\u00e9passant m\u00eame en  inspiration, m\u00eame si le brio instrumental n&rsquo;y est pas encore! En attendant, ils ont sacr\u00e9ment progress\u00e9. Ce qui fait le charme de ces Allemands, c&rsquo;est aussi la sophistication des harmonies, sorte de jazz en demie teinte, \u00e9voquant parfois VDGG, offrant cette magie de l&rsquo;inattendu, et une fa\u00e7on superbe et naturelle \u00e0 la fois de retomber sur ses pattes. C&rsquo;est toujours un ravissement d&rsquo;entendre d\u00e9boucher une suite de notes sur un accord de r\u00eave, comme c&rsquo;est encore r\u00e9guli\u00e8rement le cas ici. Les parties instrumentales sont l\u00e9gion et c&rsquo;est un enchantement. Les temps faibles sont vraiment rares, ce qui propulse cet album parmi les deux meilleurs de sa discographie, avec <em>Cruel Symmetry<\/em>. Achevons le compliment en pr\u00e9cisant que l&rsquo;album se cl\u00f4t sur un morceau de plus de 18 minutes des plus r\u00e9ussis, sans temps mort ni faiblesse, ne nous laissant que l&rsquo;envie de recommencer le voyage.<br \/><br \/> Mille bravos \u00e0 Argos, qui, \u00e0 l\u2019encontre des objets mourant non identifi\u00e9s du titre de ce nouveau disque, n\u2019est pas pr\u00eat de se faire oublier, et dont la discographie est un exemple de talent, d&rsquo;inspiration et d&rsquo;exigence artistique. Sans pourtant le brio d\u00e9monstratif des plus acclam\u00e9s du genre, il est grand temps d&rsquo;affirmer l&rsquo;excellence de cette petite b\u00eate qui monte, qui monte, qui monte&#8230;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinqui\u00e8me album pour ce combo allemand qui n&rsquo;en finit pas de tenter (souvent brillamment) de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":8062,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[118,45,38,24,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8061"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8061"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8061\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8062"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8061"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8061"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8061"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}