{"id":8045,"date":"2018-11-05T00:00:00","date_gmt":"2018-11-04T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8045"},"modified":"2018-11-05T00:00:00","modified_gmt":"2018-11-04T22:00:00","slug":"8045","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/11\/05\/8045\/","title":{"rendered":"Jack Wilkins &#8211; Windows"},"content":{"rendered":"\n<p>Paru en 1973 chez Mainstream Records, <em>Windows<\/em> fait peau neuve. Ce disque n&rsquo;avait pas fait l&rsquo;unanimit\u00e9 \u00e0 sa sortie et (on peut le dire) a m\u00eame \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9 par la plupart des auditeurs de l&rsquo;\u00e9poque. Mais comment un  tel album a-t-il pu passer \u00e0 travers les mailles du public ? Tout y est, un style certes pas r\u00e9volutionnaire mais affirm\u00e9, des reprises de grands titres de jazz r\u00e9alis\u00e9es avec beaucoup de go\u00fbt et une dur\u00e9e id\u00e9ale. M\u00eame avec du recul on ne comprend pas forc\u00e9ment pourquoi le succ\u00e8s ne fut pas au rendez-vous et fort heureusement cela n&rsquo;a pas arr\u00eat\u00e9 Jack Wilkins de se produire (il collaborera par la suite avec des g\u00e9ants du jazz comme Sarah Vaughan ou encore Chet Baker).<br \/><br \/> Le son Jack Wilkins pourrait se rapprocher de celui d&rsquo;un Wes Montgomery ou d&rsquo;un George Benson p\u00e9riode 70&rsquo;s. C&rsquo;est un son tr\u00e8s pur, un toucher fin et un jeu pr\u00e9cis qui pourraient caract\u00e9riser ce musicien. Avec \u00ab\u00a0Windows\u00a0\u00bb, reprise de la composition de Chick Corea, on est port\u00e9 par une sorte de courant qui ne cesse de nous faire avancer. L&rsquo;on part sur neuf (tr\u00e8s courtes) minutes de valse jazz. Une brise hispanique se m\u00eale au doux flot continu que cr\u00e9e le trio. Les basses sont claires, la batterie pr\u00e9cise et enveloppante, on pourrait presque croire que les musiciens sont juste l\u00e0 \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s et qu&rsquo;ils viennent nous murmurer leurs intrigantes m\u00e9lodies. Les conditions d&rsquo;enregistrement de l&rsquo;\u00e9poque ont contraint nos trois interpr\u00e8tes \u00e0 jouer tr\u00e8s doucement, avec un sens de l&rsquo;\u00e9coute aiguis\u00e9 et cette douceur a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e lors de la r\u00e9\u00e9dition. Il se trouve que l&rsquo;\u00e9quilibre est parfait, personne n&#8217;empi\u00e8te sur ses camarades, on entend tout le monde comme il le faut et on appr\u00e9cie ainsi le formidable jeu des artistes.<br \/><br \/> \u00ab\u00a0Canzona\u00a0\u00bb est un titre plus atypique gr\u00e2ce \u00e0 ses percussions int\u00e9ressantes et originales. Le jeu de la guitare devient plus incisif et une nouvelle ambiance est cr\u00e9\u00e9e. Une fois pass\u00e9e \u00e0 la guitare acoustique (\u00ab\u00a0Song for the last Act 1\u00a0\u00bb), l&rsquo;atmosph\u00e8re devient tout de suite diff\u00e9rente et peut se rapprocher de celle d&rsquo;un titre de Baden Powell. Lorsqu&rsquo;arrive \u00ab\u00a0Red Clay\u00a0\u00bb on d\u00e9couvre une facette plus funk. Ce morceau a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 sampl\u00e9 par A Tribe Called Quest avec le titre <em>Sucka Nigga<\/em> et a permis \u00e0 Jack Wilkins une nouvelle visibilit\u00e9 de la part du public. C&rsquo;est du <em>groove<\/em> pos\u00e9, calme et surtout : c&rsquo;est la grande classe ! <br \/><br \/> L&rsquo;ensemble de l&rsquo;album est en fait tr\u00e8s calme et malgr\u00e9 cela, jamais nous ne sommes pris par l&rsquo;ennui. Jack Wilkins et son trio ont su varier les \u00e9nergies, les vitesses, les ambiances tout en gardant ce c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s intime qui rend cet album irr\u00e9sistible. Coup de c\u0153ur pour \u00ab\u00a0Naima\u00a0\u00bb, une composition r\u00e9confortante o\u00f9 rien n&rsquo;est de trop, tout est doux et nous enrobe. Le mixage est impeccable et permet d&rsquo;appr\u00e9cier \u00e0 sa juste valeur cet album chaleureux qui vous r\u00e9chauffera avec l&rsquo;arriv\u00e9e du froid (\u00e7a pourrait \u00eatre un tr\u00e8s beau cadeau de No\u00ebl au passage).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paru en 1973 chez Mainstream Records, Windows fait peau neuve. 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