{"id":8015,"date":"2018-09-24T00:00:00","date_gmt":"2018-09-23T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8015"},"modified":"2018-09-24T00:00:00","modified_gmt":"2018-09-23T22:00:00","slug":"8015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/09\/24\/8015\/","title":{"rendered":"In Love With &#8211; Co\u00eftus Interruptus"},"content":{"rendered":"\n<p>Le label Gigantonium nous a habitu\u00e9 \u00e0 des albums particuli\u00e8rement fi\u00e9vreux flirtant avec le <em>free jazz<\/em> (rappelez-vous du surprenant <em>O.U.R.S.<\/em> de Cl\u00e9ment Janinet qui rendait hommage \u00e0 Ornette Coleman) mais cette fois-ci, on atteint un stade sup\u00e9rieur&#8230; In Love With est l&rsquo;un des nombreux projets dirig\u00e9s par Sylvain Darifourcq. Ce trio constitu\u00e9 des fr\u00e8res Ceccaldi (Vincent au violoncelle et Th\u00e9o au violon) et du batteur\/compositeur en est \u00e0 son second album, et \u00e7a envoie du tr\u00e8s lourd ! Rires, frustration et parfois limite de l&rsquo;agacement, voici ce qu&rsquo;il vous attend en \u00e9coutant <em>Co\u00eftus Interruptus<\/em>.<br \/><br \/> Il y a une id\u00e9e directrice dans ces quatorze compositions, c&rsquo;est celle de \u00ab l&rsquo;\u00e9vitement d&rsquo;un point d&rsquo;arriv\u00e9e \u00bb (ce que sugg\u00e8re tr\u00e8s fortement l&rsquo;intitul\u00e9 de l&rsquo;album d&rsquo;ailleurs). Influenc\u00e9 par les \u0153uvres de Samuel Beckett et de William Faulkner, le maestro Darifourcq nous pond des morceaux aux temporalit\u00e9s diff\u00e9rentes, assembl\u00e9es de fa\u00e7on tr\u00e8s ing\u00e9nieuses mais surtout d&rsquo;une frustration sans \u00e9gale. Le principe est plus que respect\u00e9 puisque l&rsquo;on a l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8tement bloqu\u00e9 dans une faille spatio-temporelle o\u00f9 les musiciens ne peuvent avancer ! On ne discerne pas les fins des compositions, toutes s&rsquo;encha\u00eenent, se font \u00e9cho et l&rsquo;on est perdu dans un magma rythmique hyst\u00e9rique. Le tout relev\u00e9 avec des petites doses d&rsquo;humour tr\u00e8s bien plac\u00e9es o\u00f9 m\u00eame les noms des pistes soulignent l&rsquo;ironie du trio (\u00ab\u00a0End of a Love Story\u00a0\u00bb appara\u00eet avant \u00ab\u00a0Begining of a Love Story\u00a0\u00bb). Les compositions sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (\u00ab\u00a0Repeat\u00a0\u00bb, ou comment \u00e9couter la m\u00eame cellule pendant 1 min 17), distordues (\u00ab\u00a0Lynch at the beach\u00a0\u00bb), passent du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne (\u00ab\u00a0End of a Love Story\u00a0\u00bb qui peut faire penser aux musiques de dessins anim\u00e9s), tiennent sur un fil (\u00ab\u00a0Prologue\u00a0\u00bb) et m\u00e9langent les tempi des musiciens. Par exemple, dans \u00ab\u00a0Inversion Therapy\u00a0\u00bb chacun des interpr\u00e8tes suit sa propre temporalit\u00e9 pour parfois rejoindre accidentellement ses comparses tout en gardant de fa\u00e7on obsessionnelle son rythme, rappelant certaines compositions de Steve Reich. Il y a des moments o\u00f9 l&rsquo;on est tent\u00e9 de dire que ce n&rsquo;est plus du jazz mais bien du rock tant le violoncelle est lourd, la batterie surexcit\u00e9e et le violon grin\u00e7ant. On passe du jazz \u00e0 la bossa nova, du m\u00e9tal au slow mielleux. C&rsquo;est un dr\u00f4le de m\u00e9lange mais c&rsquo;est pourtant si coh\u00e9rent !<br \/><br \/> Un album diabolique, aux milles facettes. Tout est finalement pr\u00e9sent dans l&rsquo;incroyable pochette de <em>Co\u00eftus Interruptus<\/em> : des m\u00e9tronomes infernaux qui tournent en boucles, un courant, des fragments de textes de Beckett et Faulkner, des polices m\u00e9lang\u00e9es et assembl\u00e9es m\u00e9ticuleusement. C&rsquo;est anarchique, rien n&rsquo;est vraiment d\u00e9velopp\u00e9 mais apr\u00e8s tout c&rsquo;est le principe m\u00eame de ce disque ! On ressort de l&rsquo;\u00e9coute fascin\u00e9 par la virtuosit\u00e9 des musiciens, la fr\u00e9n\u00e9sie des compositions et l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 de Sylvain Darifourcq (oui oui, ce sont des compositions). Mission accomplie In Love With, vous nous avez bien frustr\u00e9s !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le label Gigantonium nous a habitu\u00e9 \u00e0 des albums particuli\u00e8rement fi\u00e9vreux flirtant avec le free&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":60,"featured_media":8016,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[95,33],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8015"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/60"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8015"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8015\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8015"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8015"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8015"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}