{"id":8013,"date":"2018-09-24T00:00:00","date_gmt":"2018-09-23T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/8013"},"modified":"2018-09-24T00:00:00","modified_gmt":"2018-09-23T22:00:00","slug":"8013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/09\/24\/8013\/","title":{"rendered":"Phideaux &#8211; Infernal"},"content":{"rendered":"\n<p>Durant une huitaine d&rsquo;ann\u00e9es et autant d&rsquo;albums, Phideaux Xavier a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des figures les plus importantes du renouveau du rock progressif \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb du d\u00e9but du si\u00e8cle, celui qui se r\u00e9clame autant de la fine sophistication m\u00e9lodique de Genesis que de la pop haut de gamme des Beatles. Dans sa discographie certes in\u00e9gale, on trouve n\u00e9anmoins quelques perles, dont les deux premiers volets d&rsquo;une trilogie, <a href=\"chroniques\/item\/996-The%20Great%20Leap\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>The Great Leap<\/em><\/a> et surtout <a href=\"chroniques\/item\/1164-Doomsday%20Afternoon\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Doomsday Afternoon<\/em><\/a>. Dans la chronique du premier, nous annoncions que les deux successeurs \u00e9taient pr\u00e9vus pour bient\u00f4t\u2026 Si le second volet est en effet paru d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e suivante, il aura fallu attendre plus de dix ans pour entendre <em>Infernal<\/em>, le d\u00e9nouement de cette histoire d&rsquo;apocalypse magnifiquement illustr\u00e9e par Molly Huttan. Pour \u00eatre honn\u00eate, on avait abandonn\u00e9 tout espoir depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, le musicien ayant disparu des radars apr\u00e8s <a href=\"chroniques\/item\/12955-snowtorch\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Snowtorch<\/em><\/a> en 2011. Un site d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment vide de nouveaut\u00e9s, une page Facebook peu aliment\u00e9e\u2026 et puis, au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2018, un message de l&rsquo;artiste annon\u00e7ant son retour dans le monde ! <br \/><br \/> Pour faire patienter des fans soudain revigor\u00e9s, un <em>EP<\/em> sort tout d&rsquo;abord \u00e0 la fin du mois de juillet, <em>We only have eyes for you<\/em>, comprenant certains titres \u00e0 venir sous diff\u00e9rentes versions. Un <em>taster<\/em> agr\u00e9able, mais qui n&rsquo;a pas grand-chose \u00e0 voir pourtant avec ce qui nous attend sur <em>Infernal<\/em>, \u00e0 commencer par la flamboyance  qui caract\u00e9rise des albums comme <em>Chupacabras<\/em> ou <em>Doomsday Afternoon<\/em>. Ce double album conceptuel (cette d\u00e9nomination risque certes d&rsquo;en faire reculer plus d&rsquo;un, mais on leur conseillera en l&rsquo;occurrence un peu de patience avant de prendre la fuite !) reprend en effet les choses l\u00e0 o\u00f9 Xavier les avait laiss\u00e9es. Pink Floyd et Magenta sont les premiers noms qui viennent \u00e0 l&rsquo;esprit pendant l&rsquo;Introduction grandiloquente \u00ab\u00a0Cast Out And Cold\u00a0\u00bb. A ces influences se joignent bien entendu le Genesis de Peter Gabriel, dont le fant\u00f4me survole r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u0153uvre, subrepticement ou de fa\u00e7on particuli\u00e8rement flagrante (\u00ab\u00a0The Order of Protection &#8211; two\u00a0\u00bb) et le folk prog&rsquo; de Renaissance (\u00ab\u00a0The Sleepers Wake\u00a0\u00bb). Mais ces emprunts ne doivent pas masquer une vari\u00e9t\u00e9 et un talent m\u00e9lodique qui va bien au-del\u00e0 de la simple citation. \u00c9videmment, on trouve l&rsquo;un ou l&rsquo;autre clich\u00e9 propre au genre, tel ce \u00ab\u00a0From hydrogen to love\u00a0\u00bb, typique suite progressive de quatorze minutes ; mais quand on sait \u00e0 quel point cet exercice peut donner des r\u00e9sultats laborieux, on se dit qu&rsquo;en l\u2019occurrence on se situe du c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9ussites : ch\u0153urs travaill\u00e9s, interventions judicieuses du saxophone, parties instrumentales concises, grosses guitares lorsqu&rsquo;il le faut\u2026 une belle pi\u00e8ce, fougueuse \u00e0 souhait, sans temps morts. <br \/> A c\u00f4t\u00e9 de cela, il y a aussi des titres comme \u00ab\u00a0In dissonnance we play\u00a0\u00bb, condens\u00e9 de moins de trois minutes de ce que le prog&rsquo; peut produire lorsqu&rsquo;il se d\u00e9cide \u00e0 op\u00e9rer des coupes franches dans ses longueurs inutiles. Les \u00e9talements laborieux n&rsquo;ont dans l&rsquo;ensemble pas droit de cit\u00e9, remplac\u00e9s par de petites p\u00e9pites d&rsquo;<em>art rock<\/em>, souvent courtes et efficaces (par exemple \u00ab\u00a0We only Have Eyes For You\u00a0\u00bb, v\u00e9ritable <em>single<\/em> en puissance) entre lesquelles s&rsquo;intercalent de courtes transitions instrumentales \u00e0 l&rsquo;image du d\u00e9licieux \u00ab\u00a0Crumble\u00a0\u00bb chant\u00e9 <em>a capella<\/em> par l&rsquo;une des vocalistes qui accompagnent r\u00e9guli\u00e8rement Xavier. Guitares et claviers en tous genres &#8211; mais toujours de bon go\u00fbt &#8211; se donnent la r\u00e9plique et tissent une trame dont la tonalit\u00e9 m\u00e9lancolique r\u00e9sonne avec la th\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale, bien r\u00e9sum\u00e9e par le titre de l&rsquo;album. D&rsquo;<em>Infernal<\/em> \u00e9mane un pessimisme froidement r\u00e9aliste, un triste constat sur l&rsquo;\u00e9tat de la plan\u00e8te : guerres, r\u00e9chauffement climatique, d\u00e9sagr\u00e9gation de la soci\u00e9t\u00e9, faux proph\u00e8tes&#8230; Superbement illustr\u00e9 encore une fois par les peintures faussement na\u00efves de Molly Huttan, l&rsquo;objet vaut de ce point de vue d&rsquo;\u00eatre acquis sous forme de trente-trois tours plut\u00f4t qu&rsquo;en CD. <br \/><br \/> Sa longue absence aurait pu traduire le silence du compositeur en panne d&rsquo;inspiration, incapable d&rsquo;achever son \u0153uvre. Il n&rsquo;en est rien. <em>Infernal<\/em> est luxuriant, foisonnant, et marque le retour en force d&rsquo;un artiste \u00e0 part dans le monde du prog&rsquo;, capable de s\u00e9duire bien au-del\u00e0 de sa chapelle. <em>Welcome back<\/em> Phideaux !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Durant une huitaine d&rsquo;ann\u00e9es et autant d&rsquo;albums, Phideaux Xavier a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des figures les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":8014,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[25,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8013"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8013"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8013\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8014"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8013"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8013"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}