{"id":7981,"date":"2018-08-17T00:00:00","date_gmt":"2018-08-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7981"},"modified":"2018-08-17T00:00:00","modified_gmt":"2018-08-16T22:00:00","slug":"7981","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/08\/17\/7981\/","title":{"rendered":"Trondheim Voices and Asle Karstad &#8211; Rooms &#038; Rituals"},"content":{"rendered":"\n<p>En cet \u00e9t\u00e9 caniculaire, un bon grand bol d&rsquo;air frais tout droit venu de Norv\u00e8ge vient de passer dans les environs. Et ce n&rsquo;est pas pour nous d\u00e9plaire, bien au contraire ! Cet ouragan de cr\u00e9ativit\u00e9 se nomme Trondheim Voices, c&rsquo;est un groupe vocal exclusivement f\u00e9minin fond\u00e9 en 2001 qui ne cesse d&rsquo;exp\u00e9rimenter autour de l&rsquo;improvisation. Ces femmes sont reconnues pour leur installations qui rel\u00e8vent plus de la performance que du concert. En effet, elles proposent des situations immersives \u00e0 leur public, le plongeant ainsi dans une pi\u00e8ce sombre autour de lumi\u00e8res \u00e9tranges, dans des \u00e9glises ou encore des mus\u00e9es. C&rsquo;est ce qu&rsquo;elles appellent les <em>Rooms and Rituals<\/em>. L&rsquo;album dont il est question est donc un regroupement de pi\u00e8ces venant de diverses performances faites dans des lieux diff\u00e9rents. Autre notion tr\u00e8s importante, chaque chanteuse dispose d&rsquo;un petit boitier qui permet \u00e0 chacune d&rsquo;entre elles de modifier sa voix en temps r\u00e9el en manipulant des effets. Ce formidable syst\u00e8me appel\u00e9 <em>\u00ab Maccatrols \u00bb<\/em> a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u exclusivement pour le groupe par Asle Karstad et son fils Arnvid Lau Karstad. La collaboration entre ce concepteur sonore et ces femmes ne date pas d&rsquo;hier et il faut avouer que les nombreuses exp\u00e9rimentations faites depuis tout ce temps semblent bien avoir port\u00e9 leurs fruits. <br \/><br \/> Pour commencer, il est important de saluer la superbe prise de son et le mixage de ce disque. La spatialisation des  voix et les manipulations r\u00e9alis\u00e9es en direct par chacune des chanteuses font que cet album est incroyablement immersif. Chaque morceau est une sorte de bulle qui abrite un micro-univers dans lequel se d\u00e9roulent des \u00e9v\u00e8nements surnaturels. \u00c9tant donn\u00e9 que presque chaque piste nous vient d&rsquo;un lieu et donc d&rsquo;une installation diff\u00e9rente et qu&rsquo;en plus ce sont des improvisations, leur identit\u00e9 n&rsquo;est que renforc\u00e9e. Ce sont des instants qui sont captur\u00e9s plut\u00f4t que des enregistrements studio retravaill\u00e9s et c&rsquo;est ce qui fait que la magie op\u00e8re. On est aussi bien plong\u00e9 dans un monde d\u00e9nu\u00e9 d&rsquo;apesanteur (\u00ab\u00a0Sardin Cluster\u00a0\u00bb un morceau qui vous donnera des frissons tant il est beau) que dans une grotte cristalline (\u00ab\u00a0Gleam\u00a0\u00bb) ou encore dans un manoir d\u00e9labr\u00e9 (\u00ab\u00a0Room #6\u00a0\u00bb apr\u00e8s lequel vous ne fermerez pas les yeux de la nuit&#8230;). Au bout d&rsquo;un moment, on oublie que nous n&rsquo;avons affaire qu&rsquo;\u00e0 des voix et l&rsquo;on croit entendre des synth\u00e9tiseurs, du vent, des oiseaux. Les douze interpr\u00e8tes ma\u00eetrisent \u00e0 la perfection leurs formidables instruments (voix et Maccatrols). <br \/><br \/> Avec \u00ab\u00a0Pulser\u00a0\u00bb, nous sommes propuls\u00e9s au c\u0153ur d&rsquo;une machine infernale. Ici on perd toute notion du r\u00e9el et tout devient illusion. Des images nous apparaissent puis disparaissent instantan\u00e9ment comme englouties dans les engrenages de ces m\u00e9canisme d\u00e9moniaques. Les voix jaillissent de toutes parts, se d\u00e9multiplient et l&rsquo;on est assomm\u00e9 sous le poids de la pression qui s&rsquo;abat sur nous (le titre coup de c\u0153ur de l&rsquo;album). \u00ab\u00a0Berlin Memorial\u00a0\u00bb est lui aussi un titre d\u00e9mentiel. Il se d\u00e9gage de ce morceau une atmosph\u00e8re tellement lourde et charg\u00e9e de sens (enregistr\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9glise du Souvenir \u00e0 Berlin) que \u00e7a en devient bouleversant. Seuls des fragments de voix douloureux se d\u00e9tachent d&rsquo;une masse intense et l&rsquo;on voit se dessiner peu \u00e0 peu un paysage ravag\u00e9 par les conflits et sur lequel la mort plane. C&rsquo;est extr\u00eamement lugubre et \u00e7a prend aux tripes&#8230; Autant vous dire que les spectateurs qui \u00e9taient sur place ont d\u00fb subir une v\u00e9ritable onde de choc car il devait s&rsquo;en d\u00e9gager encore plus de puissance.<br \/><br \/> On peut donc f\u00e9liciter Trondheim Voices et ses concepteurs sonores car ils nous ont offert un v\u00e9ritable diamant brut. Une technologie admirablement utilis\u00e9e qui vient parer les diverses voix (prenant des intonations \u00e0 la Bj\u00f6rk ou en passant par des cris \u00e0 la Mike Patton dans \u00ab\u00a0Room #10\u00a0\u00bb) de ces talentueuses chanteuses. Il faut \u00e9galement souligner que ces morceaux ne sont que des improvisations donc encore un immense bravo \u00e0 ces interpr\u00e8tes pour leur sens du d\u00e9tail et leur sensibilit\u00e9 musicale. C&rsquo;est du grand art, c&rsquo;est novateur et c&rsquo;est extr\u00eamement beau (vraiment), que demander de plus ? Tout ce qui nous reste \u00e0 faire c&rsquo;est de courir aller les voir en \u00ab concert \u00bb pour se faire embarquer de nouveau (et s\u00fbrement de fa\u00e7on encore plus intense) dans leurs merveilleux univers. On est impatient de voir la suite !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En cet \u00e9t\u00e9 caniculaire, un bon grand bol d&rsquo;air frais tout droit venu de Norv\u00e8ge&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":60,"featured_media":7982,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[26,68,150],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7981"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/60"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7981"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7981\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7982"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7981"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7981"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7981"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}