{"id":7945,"date":"2018-06-11T00:00:00","date_gmt":"2018-06-10T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7945"},"modified":"2018-06-11T00:00:00","modified_gmt":"2018-06-10T22:00:00","slug":"7945","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/06\/11\/7945\/","title":{"rendered":"Akua Naru &#8211; The Blackest Joy"},"content":{"rendered":"\n<p>Akua Naru est une artiste am\u00e9ricaine ayant d\u00e9but\u00e9 tardivement sa carri\u00e8re musicale. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la C\u00f4te est des Etats-Unis pour Cologne en Allemagne, elle cr\u00e9e son propre label, The Urban Era, structure  ayant servi de r\u00e9ceptacle pour se lancer. Apr\u00e8s un premier album, <em>The Miner\u2019s Canary<\/em>, salu\u00e9 pour son habile <em>cross-over<\/em> rap \/ jazz \/ soul, Akua Naru nous revient avec une nouvelle \u0153uvre plus engag\u00e9e et festive, <em>The Blackest Joy<\/em>.<br \/> <br \/><em>The Blackest Joy<\/em> semble une production contestataire o\u00f9 l\u2019on s\u2019attend \u00e0 une \u00e9ni\u00e8me d\u00e9nonciation d\u2019un racisme r\u00e9manent et soci\u00e9tal. Pourtant il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre festive rendant hommage \u00e0 la culture noire dans sa totalit\u00e9 et sa diversit\u00e9. Totalit\u00e9 d\u2019abord, puisque l\u2019\u0153uvre \u00e9voque l\u2019ensemble de la <em>\u00ab black culture \u00bb<\/em> au travers d\u2019histoires et de r\u00e9cits personnels tels que \u00ab\u00a0 Serena \u00a0\u00bb, une ode et un encouragement au succ\u00e8s. Diversit\u00e9 ensuite, puisque ce projet n\u00e9 d\u2019un voyage sur le continent africain couvre un large spectre d\u2019influences. Ainsi, cohabitent des samples de conversations issues de son s\u00e9jour \u00e0 Lom\u00e9, d\u2019extraits de speeches de James Baldwin et une inspiration nourrie aussi bien par Wu-Tang Clan et A Tribe Called Quest que Nina Simone.<br \/> Certes, des invit\u00e9s prestigieux comme Mulatu Astatke de la sc\u00e8ne ethio jazz ou encore la chanteuse ougandaise Sandra Suubi subliment m\u00e9lodiquement l\u2019\u0153uvre. <br \/>Mais <em>The Blackest Joy<\/em> n\u2019est pas pour autant aseptis\u00e9 et d\u00e9nu\u00e9 de message politique. D\u2019abord, l\u2019artiste s\u2019engage pour le f\u00e9minisme, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la tol\u00e9rance. A titre d\u2019exemple, Akua Naru d\u00e9nonce la f\u00e9tichisation du corps de la femme noire dans \u00ab\u00a0 Black Genius \u00a0\u00bb : <em>\u00ab twerk for me, get ratchet \u00bb<\/em>. De plus, des titres plus intimes tels que \u00ab\u00a0 My Mother\u2019s Daughter \u00a0\u00bb replacent ce combat dans un contexte historique et personnel, i.e. l\u2019histoire d\u2019une femme afro-am\u00e9ricaine au 21\u00e8me si\u00e8cle. Enfin, \u00ab\u00a0 Black Future nbsp;\u00bb  conclue l\u2019\u0153uvre en rappelant que les causes des luttes pass\u00e9es, actuelles et futures ne sont pas toutes r\u00e9solues.<br \/> <br \/><em>The Blackest Joy<\/em> est une \u0153uvre qui s\u2019inscrit dans un contexte politique bien particulier et pourrait \u00eatre la transcription musicale de mouvements tels que \u00ab Black Lives Matter \u00bb. Malgr\u00e9 la gravit\u00e9 du sujet, Akua Naru parvient \u00e0 nous faire sourire, rire voire pleurer. Ainsi, le spectateur devient \u00e0 sa mani\u00e8re acteur d\u2019une protestation d\u2019actualit\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Akua Naru est une artiste am\u00e9ricaine ayant d\u00e9but\u00e9 tardivement sa carri\u00e8re musicale. 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