{"id":7935,"date":"2018-05-27T00:00:00","date_gmt":"2018-05-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7935"},"modified":"2018-05-27T00:00:00","modified_gmt":"2018-05-26T22:00:00","slug":"7935","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/05\/27\/7935\/","title":{"rendered":"Fidel Fourneyron &#8211; Animal"},"content":{"rendered":"\n<p>A tous les auditeurs, si vous pensez tomber sur une imagerie candide du monde animal, passez votre chemin ! En effet ce n&rsquo;est pas une simple balade au zoo que nous propose Fidel Fourneyron et son \u00e9quipe (Joachim Florent \u00e0 la contrebasse et Sylvain Darrifourcq \u00e0 la batterie) mais une v\u00e9ritable entr\u00e9e en mati\u00e8re dans le monde animal. Et il faut dire qu&rsquo;ils ont du caract\u00e8re ces animaux ! <br \/><br \/> En premier lieu, le trio nous pr\u00e9sente un \u00ab\u00a0Singe\u00a0\u00bb sautillant et plein d&rsquo;ironie qui semble s&rsquo;\u00eatre engag\u00e9 dans une course effr\u00e9n\u00e9e mais qui ne manquera pas pour autant de s&rsquo;arr\u00eater, histoire de narguer l&rsquo;auditeur.<br \/> Vient ensuite un \u00ab\u00a0Chat\u00a0\u00bb mais pas n&rsquo;importe quel chat&#8230; Non il y a du vice en ce \u00ab\u00a0Chat\u00a0\u00bb, ce n&rsquo;est pas un minou qui se languit mais bien un chat de goutti\u00e8re. Et s\u2019il a beau \u00eatre bancal \u00e0 certains moments, il retombe toujours sur ses pattes. Le grand m\u00e9chant <em>swing<\/em> reprend toujours le dessus (la <em>walking bass<\/em> sournoise de Joachim Florent est \u00e0 ce moment irr\u00e9sistible).<br \/> Apr\u00e8s avoir rencontr\u00e9 ce vilain matou, nous voil\u00e0 t\u00e9moins du long p\u00e9riple d&rsquo;une \u00ab\u00a0Fourmi\u00a0\u00bb. \u00c0 partir du moment o\u00f9 elle commence son voyage, plus rien ne l&rsquo;arr\u00eate. Le trombone devient obs\u00e9dant, la batterie hypnotique jusqu&rsquo;\u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 la fourmili\u00e8re. C&rsquo;est la cohue : le trombone rugit, la batterie \u00e9clate et la contrebasse claque. Puis, peut-\u00eatre par go\u00fbt pour la solitude, la fourmi quitte cette foule et repart pour un autre p\u00e9riple solitaire. Grand coup de c\u0153ur pour ce petit animal.<br \/> Nous voici maintenant engloutis dans les profondeurs sans forc\u00e9ment comprendre tout de suite ce qu&rsquo;il nous arrive. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au bout de quelques secondes que l&rsquo;on commence \u00e0 entendre arriver la \u00ab\u00a0Baleine\u00a0\u00bb (tr\u00e8s bon enregistrement d&rsquo;ailleurs). Pour cette fois-ci,  nous sommes presque confront\u00e9s \u00e0 de l&rsquo;\u00e9lectro-acoustique tant l&rsquo;ambiance est ma\u00eetris\u00e9e ! Nous sommes perdus dans l&rsquo;immensit\u00e9. Les abysses ? La voie lact\u00e9e ? Peu importe au final, cette \u00ab\u00a0Baleine\u00a0\u00bb  nous fait errer et nous la suivons avec une confiance aveugle.<br \/> Tout \u00e0 coup, Sylvain Darrifourcq nous ram\u00e8ne sur terre et \u00e0 la civilisation. On entend des outils et peu \u00e0 peu le \u00ab\u00a0Bison\u00a0\u00bb \u00e0 la peau dure nous appara\u00eet. Il y a des semblants de rock dans ce titre, la batterie est lourde et nous laisse entendre que ce \u00ab\u00a0Bison\u00a0\u00bb ne plaisante pas\u2026<br \/> Puis vient le \u00ab\u00a0Coq\u00a0\u00bb, intrus de cet album&#8230; Quel dr\u00f4le de coq. Mais o\u00f9 est pass\u00e9 le fier animal ? Ce coq semble plus se faire d\u00e9plumer que se pavaner. Il doit s\u00fbrement \u00eatre la ris\u00e9e de la basse-cour\u2026<br \/> Apr\u00e8s cette explosion musicale, la \u00ab\u00a0Souris\u00a0\u00bb nous remet les id\u00e9es en place et nous emm\u00e8ne \u00e0 son tour chez elle. Elle fait des tours et des d\u00e9tours mais on la suit et on ne l\u00e2che pas le fil. La finesse du batteur (membre du MILESDAVISQUINTET! entre autres) est \u00e9vidente et nous colle \u00e0 la peau. Son jeu rend cette \u00ab\u00a0Souris\u00a0\u00bb tr\u00e8s attachante et nous n&rsquo;avons pas forc\u00e9ment envie de la quitter si vite.<br \/> Et pourtant le \u00ab\u00a0Loup\u00a0\u00bb a tout pour plaire \u00e0 son tour ! Si l&rsquo;on dit qu&rsquo;il est affam\u00e9, il semble \u00e0 mon go\u00fbt plut\u00f4t rassasi\u00e9. Ce \u00ab\u00a0Loup\u00a0\u00bb vantard nous montre qu&rsquo;il en a dans le ventre et son hymne est furieusement <em>swing<\/em>. \u00c7a fait du bien et (le comble pour un loup) c&rsquo;est d\u00e9licieux ! Finalement celui qui paraissait le plus m\u00e9chant sur le papier devient le plus sage de ces animaux. Mais ce n&rsquo;est pas pour autant qu&rsquo;il perd de son charme, disons qu&rsquo;il aurait pu appara\u00eetre un peu plus t\u00f4t.<br \/><br \/> Pour conclure, <em>Animal<\/em> est un bon album, intelligent. Si toutes les compositions ne nous marqueront pas au fer blanc, il faut admettre qu&rsquo;elles vont bien plus loin qu&rsquo;une vision na\u00efve de la repr\u00e9sentation animale. Il faut \u00e9galement saluer le jeu des trois interpr\u00e8tes qui est d&rsquo;une grande classe et d&rsquo;une certaine finesse (une pens\u00e9e particuli\u00e8re au batteur Sylvain Darrifourcq). Les ambiances varient, nous transportent mais ne nous m\u00e8nent jamais dans des endroits compl\u00e8tement inexplor\u00e9s&#8230; Plus qu&rsquo;une simple imagerie cependant, il serait s\u00fbrement int\u00e9ressant de continuer l&rsquo;aventure, histoire de faire de nouvelles rencontres ! <br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A tous les auditeurs, si vous pensez tomber sur une imagerie candide du monde animal,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":60,"featured_media":7936,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[33,136],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7935"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/60"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7935"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7935\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7936"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7935"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7935"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7935"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}