{"id":7923,"date":"2018-05-14T00:00:00","date_gmt":"2018-05-13T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7923"},"modified":"2018-05-14T00:00:00","modified_gmt":"2018-05-13T22:00:00","slug":"7923","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/05\/14\/7923\/","title":{"rendered":"Vezhlivy Otkaz &#8211; War Songs"},"content":{"rendered":"\n<p>La Russie n&rsquo;est pas en odeur de saintet\u00e9 ces derniers temps dans nos contr\u00e9es occidentales, mais il ne faudrait pas pour autant que les m\u00e9thodes du \u00ab\u00a0pr\u00e9sident\u00a0\u00bb Poutine emp\u00eachent nos oreilles d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 ce qui se fait de bon du c\u00f4t\u00e9 musical chez nos amis de l&rsquo;Est. Les Moscovites de Vezhlivy Otkaz (\u00ab\u00a0refus poli\u00a0\u00bb, ou \u0412\u0435\u0436\u043b\u0438\u0432\u044b\u0439 \u043e\u0442\u043a\u0430\u0437 pour les plus russophiles d&rsquo;entre nous) roulent leur bosse depuis le milieu des ann\u00e9es quatre-vingt, mais c&rsquo;est surtout  <em>Geese and Swans<\/em>, sorti en 2010 qui leur a donn\u00e9 un petit \u00e9cho dans cette partie-ci de l&rsquo;Europe. <br \/><br \/> Derri\u00e8re Vezhlivy Otkaz  se cache Roman Suslov (\u0420\u043e\u043c\u0430\u043d \u0421\u0443\u0441\u043b\u043e\u0432 pour les plus\u2026 ), chanteur-guitariste-compositeur qui ma\u00eetrise les codes de nombreux genres musicaux dont le <em>Rock In Opposition<\/em>, le jazz ou encore le folklore de son pays. Avec \u00ab\u00a0What if!\u00a0\u00bb qui ouvre l&rsquo;album en grande fanfare par ses cuivres expressifs et un chant volontairement caricatural, on s&rsquo;attend \u00e0 quelque chose de l\u00e9ger. Mais l&rsquo;ambiance vire assez rapidement, comme le laissait d\u00e9j\u00e0 supposer le visuel du <em>digipak<\/em>, un athl\u00e8te pratiquant diff\u00e9rentes disciplines \u2013 lancer de poids, saut \u00e0 la perche, saut en hauteur, course au flambeau \u2013 le visage enti\u00e8rement band\u00e9\u2026 <br \/> Cette alternance entre un humour grin\u00e7ant et des atmosph\u00e8res plus inqui\u00e9tantes marque presque toute la longueur de <em>War Songs<\/em>, simplicit\u00e9 et complexit\u00e9 tenant chacun leur r\u00f4le dans la conservation de ce pr\u00e9caire \u00e9quilibre. Ainsi, par exemple, le <em>RIO<\/em> assez radical de \u00ab\u00a0Guderian and the Ice-Cream\u00a0\u00bb cohabite avec des parties tr\u00e8s expressives chant\u00e9es en russe, peignant d&rsquo;une couleur tragi-comique le th\u00e8me omnipr\u00e9sent de la guerre, une dimension conceptuelle qui ponctue l\u2019\u0153uvre de bout en bout avec des compositions aux titres aussi \u00e9loquents (\u00ab\u00a0Infantry in the Trenches\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Sky Shooter\u00a0\u00bb,\u2026) que la musique est bigarr\u00e9e. Toujours, des passages tr\u00e8s accessibles fr\u00e9quentent des cassures, des explosions et autres changements brusques de rythme. \u00ab\u00a0Sky Shooter\u00a0\u00bb danse et mitraille, \u00ab\u00a0We will win!\u00a0\u00bb galope fi\u00e8rement, \u00ab\u00a0Overture\u00a0\u00bb sautille puis devient m\u00e9lancolique\u2026 <br \/> Fort heureusement, un \u00e9pais livret bilingue &#8211; russe et anglais &#8211;  agr\u00e9ment\u00e9 de photos du groupe  permet de s&rsquo;y retrouver et de se plonger pleinement dans l&rsquo;univers d&rsquo;un disque que Suslov a mis neuf ans \u00e0 composer. Les \u00e9clairages, biographique et th\u00e9matique, les explications apport\u00e9es pour chaque titre et les paroles des chansons mettent finalement <em>War Songs<\/em> \u00e0 notre port\u00e9e. <br \/><br \/> Distribu\u00e9 par le label italien Altrock, la musique de Vezhlivy Otkaz est d\u00e9sormais accessible  de ce c\u00f4t\u00e9-ci du Dniepr : une bonne occasion de d\u00e9couvrir le groupe,  pourquoi pas par son dernier album en date, et d&rsquo;a\u00e9rer un peu nos habitudes musicales par une brise fra\u00eeche venue de l&rsquo;Est.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Russie n&rsquo;est pas en odeur de saintet\u00e9 ces derniers temps dans nos contr\u00e9es occidentales,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7924,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[33,147,66],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7923"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7923"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7923\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7924"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7923"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7923"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7923"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}