{"id":7921,"date":"2018-05-06T00:00:00","date_gmt":"2018-05-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7921"},"modified":"2018-05-06T00:00:00","modified_gmt":"2018-05-05T22:00:00","slug":"7921","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/05\/06\/7921\/","title":{"rendered":"Isildurs Bane &#8211; Off The Radar"},"content":{"rendered":"\n<p>Rattrapage.<br \/><br \/> Six mois apr\u00e8s un retour heureux et d\u00e9cal\u00e9, en collaboration avec l&rsquo;inattendu Steve Hogarth, pour <a href=\"chroniques\/item\/16324-colours-not-found-in-nature\" target=\"_blank\"><em>Colours Not Found In Nature<\/em><\/a>, les Su\u00e9dois d&rsquo;Isildurs Bane r\u00e9cidivaient en cette toute fin d&rsquo;ann\u00e9e 2017, avec cette fois un album totalement revendiqu\u00e9 dans sa composition, bien qu&rsquo;il soit le fruit d&rsquo;un collectif  aux rebondissements musicaux et effectifs particuli\u00e8rement multiples&#8230; Du genre \u00e0 s&rsquo;y perdre, malgr\u00e9 un talent souvent de tout premier ordre.<br \/><br \/> Isildurs Bane, pour les n\u00e9ophytes, c&rsquo;est un genre \u00e0 lui tout seul, au d\u00e9part fortement influenc\u00e9 par Zappa et le n\u00e9o classique, jazz rock et avant garde en bandouli\u00e8re, avec des directions soit tr\u00e8s symphoniques (unissons de guitares, cuivres et xylophones), soit tr\u00e8s ambientes, voire exp\u00e9rimentales, l&rsquo;\u00e9lectronique se m\u00ealant aussi parfois \u00e0 l&rsquo;affaire. De ce dernier point de vue ce sera fortement le cas pour le disque ici pr\u00e9sent. Il est bien difficile de dresser une appr\u00e9ciation objective d\u2019une telle discographie, selon que l&rsquo;on penche du c\u00f4t\u00e9 m\u00e9lodique et structur\u00e9 de la musique, ou que l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse davantage au versant atmosph\u00e9rique, impressionniste et abstrait d&rsquo;une oeuvre. On pourra sur ce point reprocher au collectif un manque de synth\u00e8se, tant parfois il pr\u00e9sente un parcours d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, laissant \u00e0 l&rsquo;occasion l&rsquo;auditeur sur sa faim. Pour se faire une id\u00e9e, on pourra avancer sans trop d&rsquo;erreur que <em>Mind &#8211; Vol 2 Live<\/em> est une excellente entr\u00e9e en mati\u00e8re.<br \/><br \/> <em>Off The Radar<\/em> est un disque int\u00e9ressant, pour peu qu&rsquo;on fasse le choix de revenir \u00e0 son exploration, bien qu&rsquo;il souffre une nouvelle fois d&rsquo;un manque de direction. A force de se vouloir insaisissable, on risque parfois de le devenir&#8230; concr\u00e8tement! Tout commence superbement avec <em>Drive! Parts 1-3 <\/em>, aux effluves zappaiennes d\u00e9buts 70s, tr\u00e8s <em>new jazz<\/em> fa\u00e7on Jagga Jazzist, tr\u00e8s entra\u00eenant, d&rsquo;une \u00e9nergie communicative, aux motifs m\u00e9lodiques (les fameux unissons) superbes, laissant grandir une \u00e9motion d&rsquo;une grande beaut\u00e9. Mais brusquement le morceau rompt avec cet envol  dont on \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 poursuivre le formidable crescendo&#8230; Une phase tr\u00e8s int\u00e9rioris\u00e9e prend les devants, de ces atmosph\u00e8res ambient exp\u00e9rimentales jazzo \u00e9lectroniques auxquelles nous ont habitu\u00e9s les Su\u00e9dois, fagocitant l&rsquo;identit\u00e9 m\u00eame du morceau, la portion m\u00e9lodique de d\u00e9part apparaissant du coup comme incongrue&#8230;! Elle s&rsquo;av\u00e8rera d&rsquo;ailleurs le seul tron\u00e7on v\u00e9ritablement symphonique du disque, tant toute la suite sera domin\u00e9e par les planances impressionnistes pr\u00e9cit\u00e9es. Le deuxi\u00e8me morceau tentera une synth\u00e8se davantage fluide des deux versants, avec un vrai succ\u00e8s. Les quatre plages suivantes offriront de longues vagues \u00e9vocatrices, tant\u00f4t rythm\u00e9es, tant\u00f4t z\u00e9br\u00e9es de suaves instruments \u00e0 vent, souvent superbement, mais sans qu&rsquo;aucun morceau se distingue vraiment des autres, et parfois m\u00eame avec certaines longueurs&#8230; Le morceau final est un bonus, une pi\u00e8ce pour guitare classique rem\u00e9morant les tout d\u00e9buts du groupe, splendide de d\u00e9licatesse et d&rsquo;inspiration baroque et classique,  mais qui du coup n&rsquo;\u00e9voque strictement rien de tout ce que l&rsquo;on vient d&rsquo;entendre&#8230;! De quoi d\u00e9finitivement jeter le trouble et la circonspection.<br \/><br \/> Pris s\u00e9par\u00e9ment, chaque jalon de <em>Off The Radar<\/em> est un voyage \u00e0 lui tout seul, nous invitant d\u00e9licieusement \u00e0 laisser toute revendication ou rep\u00e8re derri\u00e8re nous, chaque id\u00e9e ayant \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9e avec un soin remarquable. Mais c&rsquo;est bien le manque de coh\u00e9rence, de coh\u00e9sion dans le choix des pi\u00e8ces qui articule le tout, qui semblera pr\u00e9dominer pour les plus r\u00e9ticents d\u2019entre nous. Pour les autres, on avancera un vaste bouquet d&rsquo;inspirations et un talent de presque chaque instant pour distiller les s\u00e9quences d&rsquo;un film aux couleurs futuristes et puissamment introspectives.  La dimension sc\u00e9nique ent\u00e9rinerait ce constat, pour peu qu&rsquo;on ait l&rsquo;heureuse occasion de voir le groupe jouer live. On attend tout de m\u00eame un disque v\u00e9ritablement pens\u00e9 dans son ensemble, \u00e0 la hauteur de ce qu&rsquo;Isildurs Bane est capable de faire.<br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rattrapage. 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