{"id":7919,"date":"2018-05-06T00:00:00","date_gmt":"2018-05-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7919"},"modified":"2018-05-06T00:00:00","modified_gmt":"2018-05-05T22:00:00","slug":"7919","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/05\/06\/7919\/","title":{"rendered":"Jordsj\u00f8 &#8211; Jord"},"content":{"rendered":"\n<p>Amoureux de l&rsquo;\u00e9cole prog scandinave, du rock bois\u00e9 et <em>fuzz<\/em> des <em>seventies<\/em>, passionn\u00e9s d&rsquo;Anglagard, Anekdoten, Wobbler, Jethro Tull, Yes, Makajodama, Trettioariga Kriget, et autres m\u00e9lancoliques barbus, n&rsquo;allez pas plus loin, un nouveau joyau est arriv\u00e9 ! De ceux qu&rsquo;on n&rsquo;osait plus esp\u00e9rer, et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 duquel la grande majorit\u00e9 d&rsquo;entre nous passera (m\u00eame l&rsquo;inestimable et d\u00e9j\u00e0 v\u00e9n\u00e9rable site de r\u00e9f\u00e9rence Prog Archive n&rsquo;en fait pas mention, c&rsquo;est dire !). Voici le formidable Jordsj\u00f8. Ne cherchez pas, c&rsquo;est norv\u00e9gien et&#8230; impronon\u00e7able (tentez \u00ab\u00a0yordwheu\u00a0\u00bb en chuintant sur le wh), mais qu&rsquo;importe ! Il s&rsquo;agit non d&rsquo;un groupe comme pourtant semble le faire sonner (divinement) cet album mais d&rsquo;un duo. L&rsquo;un tient les claviers, les guitares, la fl\u00fbte et la voix, et l&rsquo;autre la batterie et percussions. Ce duo est apparu d\u00e9but 2016 et apr\u00e8s deux d\u00e9mos d\u00e9j\u00e0 bien all\u00e9chantes d\u00e9barque avec <em>Jord<\/em>, son tout premier album donc.<br \/><br \/> Autant gagner du temps, c&rsquo;est excellent de bout en bout, m\u00eame sup\u00e9rieur \u00e0 leurs ain\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9s, pour leurs publications les plus r\u00e9centes du moins. Alors bien \u00e9videmment rien n&rsquo;est vraiment nouveau sous le soleil glac\u00e9 de ce nord de l&rsquo;Europe, on en conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bien tout le lexique, les sons comme les harmonies; accords  \u00e9mus, ce frimas si d\u00e9licat sachant s&rsquo;abriter avant les d\u00e9cha\u00eenements de l&rsquo;enfer, des guitares et orgues stoner fuzz, en autant de coups de cogn\u00e9e viking, \u00e0 l&rsquo;instar des deux premiers King Crimson p\u00e9riode 69, pour citer le berceau m\u00eame de cette musique. C&rsquo;est chant\u00e9 en version originale. \u00c7a aussi on connaissait, ent\u00e9rinant le charme exotique du genre. Mais pourquoi donc faire cette musique aujourd&rsquo;hui? On entendra les plus jeunes ou les plus suivistes taxer une telle initiative de pass\u00e9isme, les plus inhumains et\/ou ignorants parler de ringardise, tout ce que vous voudrez&#8230; On laissera \u00e0 chacun la libert\u00e9 de ses go\u00fbts et de ses opinions. Les amateurs ne pourront v\u00e9ritablement faire qu&rsquo;un seul reproche \u00e0 ce disque: sa trop grande bri\u00e8vet\u00e9 (37 courtes minutes). Car l&rsquo;inspiration est bel et bien au rendez-vous, de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re note, et m&rsquo;est avis que <em>Jord<\/em> tournera en bien des boucles dans nos enceintes comme dans nos casques favoris.<br \/><br \/> L&rsquo;interpr\u00e9tation est \u00e9clatante, le multi instrumentiste faisant montre d&rsquo;un talent insolent sans forfanterie ni d\u00e9bauche de v\u00e9locit\u00e9 non plus. Tout est au service de la musique, de son \u00e9criture, de sa couleur. Claviers (Hammond, Mellotron, piano, moog), fl\u00fbte (infiniment d\u00e9licate ou Tullienne), guitares (\u00e9lectrique, jazz, classique, folk), tout est splendeur. Comme nous le disions tout \u00e0 l&rsquo;heure, c&rsquo;est bien l&rsquo;impression d&rsquo;un groupe aguerri, uni, en un mot jouant <em>live<\/em>, qui s&rsquo;impose sur les six plages de ce disque (sans compter l&rsquo;introduction). Le batteur n&rsquo;est pas en reste non plus, ample, pr\u00e9cis, insufflant l&rsquo;\u00e9nergie et le balancement qu&rsquo;il faut. La voix est&#8230; scandinave au possible, sans fioritures, sans mani\u00e9risme, droite, honn\u00eate, parfaitement au service des textes (quelqu&rsquo;un parle-t-il norv\u00e9gien dans la salle?) et de la m\u00e9lodie, rappelant les heures glorieuses de Trettioariga Kriget notamment.<br \/><br \/> Le groupe fait montre d&rsquo;un sens de la composition, des ambiances, des encha\u00eenements, des arrangements absolument r\u00e9jouissants, dig\u00e9rant magnifiquement le vocabulaire propos\u00e9, et pourtant on le dit et r\u00e9p\u00e8te, mainte fois d\u00e9clin\u00e9. Chaque s\u00e9quence est un ravissement et appelle \u00e0 la r\u00e9\u00e9coute. L&rsquo;album ne fait que gagner en maturit\u00e9 au fur et \u00e0 mesure des \u00e9coutes, se r\u00e9v\u00e9lant tr\u00e8s vite \u00eatre un classique absolu.<br \/><br \/> La musique de Jordsj\u00f8 est d&rsquo;une fluidit\u00e9 \u00e9difiante, offrant nombre de passages d&rsquo;une beaut\u00e9 sans fard, tutoyant la tr\u00e8s grande \u00e9poque de l&rsquo; Age d&rsquo; Or, ne se contentant jamais de la singer mais bien de la faire vivre, pleinement, aujourd&rsquo;hui, en 2018 (ann\u00e9e de cette chronique). Prenons conscience d&rsquo;un tel miracle auquel on ne prend jamais le temps de penser : l&rsquo;invention de l&rsquo;enregistrement et de la reproduction sonore. C&rsquo;est ce qui conf\u00e8re une v\u00e9ritable \u00e9ternit\u00e9 \u00e0 la musique, celle qui convoque profondeur et inspiration, survivant aux g\u00e9n\u00e9rations, aux hommes, \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 peut-\u00eatre. Tout comme l&rsquo;arbre, qui tient les saisons, meurt, et continue de produire ses feuilles, ailleurs, longtemps, longtemps apr\u00e8s le passage de la neige.<br \/><br \/> Les deux d\u00e9mos (avec quelques incursions au berceau de l&rsquo;electro prog du meilleur effet) sont aussi disponibles en mp3 sur leur site, vous savez donc ce qui vous reste \u00e0 faire. Vivement la suite !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Amoureux de l&rsquo;\u00e9cole prog scandinave, du rock bois\u00e9 et fuzz des seventies, passionn\u00e9s d&rsquo;Anglagard, Anekdoten,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7920,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[38,111,24,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7919"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7919"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7919\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}