{"id":7867,"date":"2018-02-05T00:00:00","date_gmt":"2018-02-04T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7867"},"modified":"2018-02-05T00:00:00","modified_gmt":"2018-02-04T22:00:00","slug":"7867","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/02\/05\/7867\/","title":{"rendered":"Gleb Kolyadin &#8211; Gleb Kolyadin"},"content":{"rendered":"\n<p>Attention, chef d\u2019\u0153uvre. Moiti\u00e9 du duo Iamthemorning qu&rsquo;il compose avec la chanteuse Marjana Semkina, Gleb Kolyadin tente l&rsquo;aventure du premier album solo avec un disque \u00e9ponyme. Au sein de son groupe, il d\u00e9montre d\u00e9j\u00e0 des talents de compositeur de m\u00e9lodiste prodigieux mais \u00e9galement des facult\u00e9s d&rsquo;instrumentiste dou\u00e9 qu&rsquo;il laisse exprimer sur l&rsquo;instrumental \u00ab\u00a0 Harmony \u00a0\u00bb de l&rsquo;album <em>Lighthouse<\/em> ou encore sur l&rsquo;ouverture \u00ab\u00a0 Intermission IX \u00a0\u00bb de <em><a href=\"http:\/\/chromatique.net\/chroniques\/item\/15068-belightedtarget=\u201d_blank\u201d\">Belighted<\/a><\/em> . Le moins que l&rsquo;on puisse dire est que pour cette premi\u00e8re escapade, Gleb Kolyadin a su s&rsquo;entourer d&rsquo;une \u00e9quipe de fines lames. On retrouve donc \u00e0 la batterie Gavin Harrison (qui a assur\u00e9 la batterie sur les deux derniers albums de Iamthemorning et qui fait d\u00e9sormais parti de l&rsquo;\u00e9quipe rythmique de King Crimson apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 un service chez Porcupine Tree.), \u00e0 la basse Nick Beggs (qui joue actuellement avec Steven Wilson, mais qui dans le pass\u00e9 s&rsquo;est illustr\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Steve Hackett ainsi qu&rsquo;au sein du groupe Kajagoogoo), aux synth\u00e9tiseurs Jordan Rudess (de Dream Theater) et \u00e0 la fl\u00fbte et au saxophone Theo Travis (qui a collabor\u00e9 avec Porcupine Tree, Steven Wilson, Robert Fripp, Gong, The Tangent, et autres). Pour ce qui est de la touche vocale, la parole a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 Mick Moss (Antimatter) et Steve Hogarth (Marillion).<br \/><br \/> Maintenant que les pr\u00e9sentations sont faites, venons en \u00e0 la question : qu&rsquo;est-ce que Gleb Kolyadin pourrait exprimer \u00e0 travers un album \u00e0 son nom ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 la premi\u00e8re interrogation qui pourrait nous venir en t\u00eate, mettons les choses au claire: Gleb Kolyadin en solo n&rsquo;est pas Iamthemorning sans Marjana Semkina. Il y a forc\u00e9ment quelques similitudes, mais ce sont deux projets tr\u00e8s diff\u00e9rents. L&rsquo;aspect pop de Iamthemorning ainsi que les arrangements \u00e0 cordes sont bien moindres sur cet album. Les instruments sont au premier plan pour nous inviter \u00e0 un p\u00e9riple des plus mouvement\u00e9s. Chaque musicien rend honneur \u00e0 sa propre r\u00e9putation en sachant trouver sa place. Gavin Harrison d\u00e9montre une nouvelle fois son g\u00e9nie cr\u00e9atif  dans l&rsquo;\u00e9laboration de percussions d&rsquo;une musicalit\u00e9 \u00e9vidente ahurissante (pour les int\u00e9ress\u00e9(e)s, Gavin Harrison explique sa fa\u00e7on de composer des parties batteries sur la cha\u00eene Youtube Drumeo dans une vid\u00e9o intitul\u00e9e <em>How to create amazing drum parts<\/em>). Theo Travis a le don de doser ses interventions \u00e0 la perfection, ponctuant magistralement les morceaux d&rsquo;\u00e9lans de virtuosit\u00e9. Jordan Rudess est impeccable lorsqu&rsquo;il est mis en lumi\u00e8re \u00e0 travers ses excellents solos, autant que lorsqu&rsquo;il tapisse la musique de nappes d&rsquo;ambiances. Nick Beggs est pour le coup tr\u00e8s discret tout au long de l&rsquo;album, assurant une base harmonique solide et sans faille. Gleb Kolyadin, pour sa part, n&rsquo;a pas \u00e0 rougir face aux talents de ses \u00e9minents coll\u00e8gues. M\u00eame s&rsquo;il ne partage pas (encore) la m\u00eame dimension de notori\u00e9t\u00e9, il assure un jeu pianistique des plus bluffants. A la fois po\u00e9tique et \u00e9pique, inspir\u00e9 romantique et naviguant en eaux m\u00e9lancoliques, il d\u00e9livre un jeu spontan\u00e9 et \u00e9loquent empli de nuances allant de la douceur la plus d\u00e9licate \u00e0 la v\u00e9h\u00e9mence ma\u00eetris\u00e9e.<br \/><br \/> La meilleure d\u00e9monstration de puissance de cette \u00e9quipe de choc r\u00e9side s\u00fbrement en la piste \u00ab\u00a0 Kaleidoscope \u00a0\u00bb qui cristallise des \u00e9changes musicaux s&rsquo;inspirant mutuellement les uns des autres au travers d&rsquo;un crescendo des plus prenants. De p\u00e9rip\u00e9ties en p\u00e9rip\u00e9ties, on se sent comme emport\u00e9 sur le trac\u00e9 d&rsquo;une montagne russe regorgeant de surprises. D&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, quand on \u00e9coute l&rsquo;album d&rsquo;un bloc, on a l&rsquo;impression d&rsquo;\u00e9couter un cours d&rsquo;eau de musique dont la destination n&rsquo;est pas fix\u00e9e et dont le cours s&rsquo;alt\u00e8re fluidement au fil des reliefs rencontr\u00e9s. Pour exemple, certains th\u00e8mes m\u00e9lodiques sont r\u00e9utilis\u00e9s de plusieurs fa\u00e7ons diff\u00e9rentes (attention, nous n&rsquo;avons pas non plus affaire \u00e0 un album concept dans le genre de ceux de Neal Morse ou de Pain of Salvation).\u00ab\u00a0 Kaleidoscope \u00a0\u00bb est l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;ambiant \u00ab\u00a0 White Dawn \u00a0\u00bb telle la rivi\u00e8re confluant le fleuve au d\u00e9bit parfois torrentiel, \u00ab\u00a0 Echo Sigh Strand \u00a0\u00bb est un rappel succint des deux premi\u00e8res pistes \u00ab\u00a0 Insight \u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0 Astral Architecture \u00a0\u00bb , &#8230; \u00ab Inspir\u00e9 \u00bb serait l&rsquo;adjectif qualifiant le mieux l&rsquo;album de Gleb Kolyadin. Les id\u00e9es sont r\u00e9utilis\u00e9es pour \u00e9voluer diff\u00e9remment au cours des aventures rencontr\u00e9es, se mat\u00e9rialisant comme un effet papillon. De  \u00ab\u00a0 Astral Architecture \u00a0\u00bb, plage ambiante d&rsquo;une douceur rassurante \u00e9voquant Tigran Hamasyan \u00e9voluant vers un mysticisme renvoyant \u00e0 l&rsquo;imaginaire d&rsquo;un Tim Burton \u00e0 \u00ab\u00a0The Room \u00a0\u00bb, pi\u00e8ce aux allures jazz fusion alambiqu\u00e9, Gleb Kolyadin laisse libre cours \u00e0 son imagination et \u00e0 son inspiration sans jamais perdre en coh\u00e9rence. Perle finale, \u00ab\u00a0 The Best of Days \u00a0\u00bb est une valse myst\u00e9rieuse et entra\u00eenante propuls\u00e9e par l&rsquo;interpr\u00e9tation hercul\u00e9enne de Steve Hogarth tandis qu&rsquo; \u00ab\u00a0 Into the Void \u00a0\u00bb brise les barri\u00e8res s\u00e9parant piano classique et piano jazz en moins de 2 minutes. Les fronti\u00e8res entre les styles sont abrog\u00e9es en faveur d&rsquo;une musique qui ne veut pas de limites.<br \/><br \/> De la finesse d&rsquo;un Tigran Hamasyan aux prouesses techniques de Hiromi Uehara, on distingue d&rsquo;innombrables influences passant par Chopin ou encore Rachmaninoff dans les passages les plus romantiques. L\u2019\u00e9bullition de ce m\u00e9lange conflue en une musique d&rsquo;une richesse \u00e9tourdissante. <em>Gleb Kolyadin<\/em> est prodigieux, sensationnel, sans pour autant donner la sensation de forcer le talent.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Attention, chef d\u2019\u0153uvre. 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