{"id":7863,"date":"2018-01-30T00:00:00","date_gmt":"2018-01-29T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7863"},"modified":"2018-01-30T00:00:00","modified_gmt":"2018-01-29T22:00:00","slug":"7863","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2018\/01\/30\/7863\/","title":{"rendered":"Th\u00e9o Ceccaldi &#8211; Freaks &#8211; Amanda Dakota"},"content":{"rendered":"\n<p>Si le palmar\u00e8s des Victoires de la Musique pr\u00eate parfois \u00e0 rire (ou \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer), celui de leur alter ego du Jazz est heureusement \u00e0 des lieues d&rsquo;\u00eatre la m\u00eame mascarade. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent du moins, c&rsquo;est bien souvent l&rsquo;originalit\u00e9 et la prise de risque qui ont \u00e9t\u00e9 valoris\u00e9es, il suffit pour s&rsquo;en convaincre de jeter un \u0153il \u00e0 la liste des artistes prim\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es : Ibrahim Maalouf, Emile Parisien,  Vincent Peirani, M\u00e9d\u00e9ric Collignon, Marc Ducret, Thomas de Pourquery\u2026 autant de noms \u00e9voqu\u00e9s dans nos pages qui repr\u00e9sentent la jeunesse, l&rsquo;audace, la transgression des codes. Th\u00e9o Ceccaldi r\u00e9unit sans le moindre doute ces trois qualit\u00e9s et obtient le titre 2017 de l&rsquo; \u00ab\u00a0Artiste qui monte\u00a0\u00bb. Avec <em>Amanda Dakota<\/em>, premier \u00e9clat de sa formation baptis\u00e9e fort justement Freaks, c&rsquo;est m\u00eame tr\u00e8s haut qu&rsquo;il monte, le jeune violoniste. <br \/><br \/> Ceccaldi est un transfuge du classique, son premier amour et ses deux premi\u00e8res infid\u00e9lit\u00e9s  (<em>Carrousel<\/em> et <em>Can You Smile?)<\/em> sont sorties chez Ayler Records en 2012 et 2013. Membre d&rsquo;une multitude de formations, il est aussi co-fondateur du Tri Collectif, ce regroupement de musiciens qui officie dans le jazz et les musiques improvis\u00e9es, comme <a href=\"chroniques\/item\/15674-axel-erotic\" target=\"\u201d_blank\u201d\">In Love With<\/a> ou <a href=\"chroniques\/item\/15704-shapin%E2%80%99-with\" target=\"\u201d_blank\u201d\">MILESDAVISQUINTET!<\/a>, pour ne citer que ceux \u00e0 qui Chromatique a ouvert ses colonnes. Avec Freaks, il r\u00e9unit une bande de touche-\u00e0-tout et compose un album  r\u00e9solument moderne, voire avant-gardiste tant il repousse les fronti\u00e8res connues (mieux encore que William Shatner et son \u00e9quipage) en saccageant sans vergogne les cloisonnements en vigueur dans les musiques \u00ab\u00a0actuelles\u00a0\u00bb. <br \/><br \/> L&rsquo;humour, la folie, la dext\u00e9rit\u00e9 sont quelques-uns des \u00e9l\u00e9ments du programme que propose cette fine \u00e9quipe, o\u00f9 saxos et cordes (ce dernier poste \u00e9tant d\u00e9volu aux frangins Ceccaldi ) rivalisent d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 et de folie avec la guitare \u00e9lectrique de Giani Caserotto et la batterie d&rsquo;Etienne Ziemniak. Des d\u00e9bordements loin d&rsquo;\u00eatre vains et gratuits, au service d&rsquo;un <em>road trip<\/em> d\u00e9jant\u00e9, ponctu\u00e9 \u00e7a et l\u00e0 par les  textes  de Robin Mercier, dont l&rsquo;humour parfois caustique \u00e9corche avec le sourire mais sans m\u00e9nagement nos ch\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s occidentales. \u00ab\u00a0Tchou Tchou\u00a0\u00bb donne le \u00ab\u00a0la\u00a0\u00bb : fr\u00e9n\u00e9sie \u00e0 peine contr\u00f4l\u00e9e et mots d&rsquo;esprit sarcastiques; le violon \u00e9pileptique de Th\u00e9o Ceccaldi tranche dans le gras d&rsquo;une rythmique saccad\u00e9e o\u00f9 parfois le violoncelle et les saxophones tout aussi fi\u00e9vreux de la paire Dousteyssier\/Biardeau jouent des coudes pour se m\u00e9nager un espace. Dans la m\u00eame veine de cette \u00e9quip\u00e9e sauvage,  on trouve \u00ab\u00a0Henry m&rsquo;a tuer\u00a0\u00bb, v\u00e9ritable festival pyrotechnique syncop\u00e9, et \u00ab\u00a0Coquette Rocket\u00a0\u00bb, au riff tournant quasi punk d\u00e9chir\u00e9 par les coups de scie rouill\u00e9e et \u00e9mouss\u00e9e du violon. On rigole toujours, mais pas trop, sur \u00ab\u00a0Bingo Mazout\u00a0\u00bb, qui place dans la bouche de l&rsquo;inqui\u00e9tant Dom Farkas des paroles aussi loufoques que l&rsquo;atmosph\u00e8re est pesante. De temps en temps, l&rsquo;orage tournoie ou passe au loin, tel ce \u00ab\u00a0Oh mon Dieu\u00a0\u00bb dont le post-rock a\u00e9rien tire sur l&rsquo;<em>ambiant<\/em> ou encore l&rsquo;\u00e9ponyme d\u00e9claration \u00e0 la myst\u00e9rieuse et all\u00e9gorique cr\u00e9ature, douce et parsem\u00e9e&#8230; d&rsquo;explosions. Mais la bande reste plut\u00f4t friande de passages du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne savamment orchestr\u00e9s, de climats en montagnes russes fa\u00e7on \u00ab\u00a0Escalator Over The Bill\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Nu sur le rivage\u00a0\u00bb, deux compositions qui n&rsquo;ont pour seul point commun qu&rsquo;on n&rsquo;imaginerait pas une seconde que ce d\u00e9but-<em>l\u00e0<\/em> m\u00e8nerait \u00e0 cette fin-<em>ci<\/em>. Bref, un t\u00e9l\u00e9scopage entre Zappa, Zorn, Can ou m\u00eame Panzerballett  c\u00f4t\u00e9 musique, Bashung et Gotainer c\u00f4t\u00e9 textes. <br \/><br \/> Bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne ployer le genou devant aucun dieu, Ceccaldi  nous entra\u00eene aux confins des genres, l\u00e0 o\u00f9 on croise des personnages extravagants ou patibulaires. Avis aux compositeurs de fusions de toutes esp\u00e8ces, \u00e0 la jeunesse avant-gardiste des musiques dites \u00ab\u00a0nouvelles\u00a0\u00bb : l&rsquo;ann\u00e9e est certes  encore longue, mais il va falloir se lever de  bonne heure pour esp\u00e9rer approcher le m\u00eame niveau.  Un album pour des oreilles initi\u00e9es diront certains. Un album pour des oreilles ouvertes, dirons-nous.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si le palmar\u00e8s des Victoires de la Musique pr\u00eate parfois \u00e0 rire (ou \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer),&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7864,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[53,56,33,39,74,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7863"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7863"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7863\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7864"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7863"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7863"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7863"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}