{"id":7823,"date":"2017-11-05T00:00:00","date_gmt":"2017-11-04T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7823"},"modified":"2017-11-05T00:00:00","modified_gmt":"2017-11-04T22:00:00","slug":"7823","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/11\/05\/7823\/","title":{"rendered":"Wobbler &#8211; From Silence To Somewhere"},"content":{"rendered":"\n<p>R\u00e9solument inspir\u00e9 \u00e0 la base par la frange la plus complexe et sombre du mouvement progressif de l&rsquo;Age d&rsquo;Or, Wobbler, formation norv\u00e9gienne \u00e0 dominante clavier, avait au final, contre toute attente, orient\u00e9 son horizon musical vers un symphonisme davantage m\u00e9lodique, \u00e0 l&rsquo;architecture plus simple, plus d\u00e9pouill\u00e9e, ou plus simpliste diront les f\u00e9rus d&rsquo;ambiances tortueuses et tendues, lorgnant assez franchement vers un Yes rassembleur mais balis\u00e9. On y d\u00e9couvrait que le chant, jusqu&rsquo;ici quasi absent alors que les d\u00e9bats solistes \u00e9taient tr\u00e8s largement tenus par les claviers (influence ELP), venait de faire une entr\u00e9e pleinement assum\u00e9e, se pr\u00e9sentant en v\u00e9ritable fil rouge du dernier album (<a href=\"chroniques\/item\/12876-rites-at-dawn\"><em>Rites At Dawn<\/em><\/a>, 2011). On constate \u00e0 cette nouvelle parution un prolongement en tous points semblable, mais avec une approche peut-\u00eatre plus m\u00fbre et surtout plus vari\u00e9e.<br \/><br \/> <em>From Silence To Somewhere<\/em> propose trois pi\u00e8ces cons\u00e9quentes, en plus d&rsquo;une parenth\u00e8se calme (superbe mais vraiment courte), d\u00e9marrant d&rsquo;entr\u00e9e avec une pi\u00e8ce de 22 minutes (en partie r\u00e9ussie cependant, d\u00fbe \u00e0 des encha\u00eenements un peu artificiels). Lisibilit\u00e9 et soin sonore sont les ma\u00eetres mots de la musique actuelle de Wobbler. On a d\u00e9j\u00e0 pu constater combien le chant d&rsquo;Andreas Wettergreen Str\u00f8mman Prestmo faisait merveille sur sc\u00e8ne; fin, d\u00e9licat, \u00e9voquant la puret\u00e9 \u00e9l\u00e9giaque et la pr\u00e9sence insistante d&rsquo;un Jon Anderson (rapprochement in\u00e9vitable) ou d&rsquo;un Peter Nichols, tout en ayant sa propre fragilit\u00e9. On y retrouve \u00e9galement l&rsquo;incroyable coh\u00e9sion de groupe qui d&rsquo;entr\u00e9e avait fait de Wobbler un des incontournables du mouvement <em>revival<\/em>; pr\u00e9cision (paire rythmique \u00e9poustouflante, basse Rickenbacker de rigueur), nuance, puissance, richesse (dialogues instrumentaux), une alchimie qui conf\u00e9rait au tout une sorte d&rsquo;\u00e9quilibre parfait entre \u00e9motion et technique. Cet album confirme plut\u00f4t ce constat, le brio soliste en moins. Les digressions instrumentales y ont pourtant conserv\u00e9 leur place, \u00e9maillant chaque pi\u00e8ce d&rsquo;arrangements et enluminures, tout en mettant l&rsquo;accent sur les ambiances, une qualit\u00e9 qui, soit dit en passant, s&rsquo;est un peu perdue ces derniers temps dans le paysage progressif. Envol\u00e9es romantiques, folk nu, psych\u00e9d\u00e9lisme rock ou bien m\u00e9di\u00e9val-renaissance, s&rsquo;affranchissent un peu de leurs influences yessiennes, le temps d&rsquo;\u00e9voquer les tous premiers King Crimson, voire Genesis pour le dernier morceau. Le menu est en forme de voyage, garantissant une attention qui ne se voudrait faiblir qu&rsquo;\u00e0 la toute derni\u00e8re mesure. De ce point de vue il r\u00e8gne en cet opus une \u00e9vidence remarquable, donnant l&rsquo;impression de facilit\u00e9 et d&rsquo;harmonie de chaque instant, malgr\u00e9 une impression d&rsquo;articulations parfois un peu forc\u00e9es.<br \/><br \/> Mais c&rsquo;est aussi, pour le coup, ce qui fait la limite de cette musique. Ce qu&rsquo;elle a voulu gagner en clart\u00e9, en imm\u00e9diatet\u00e9, elle l&rsquo;a perdu en richesse de vocabulaire, s\u00e9duisant sans doute davantage un public peu enclin \u00e0 une certaine complexit\u00e9 musicale, cet appauvrissement de propos laissant peut-\u00eatre sur le bord du chemin les fans de la premi\u00e8re heure, aux attentes certes plus exigeantes. Wobbler prend le risque d&rsquo;y d\u00e9laisser peut-\u00eatre aussi sa personnalit\u00e9. On observera en outre cette tendance de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, au del\u00e0 du groupe, \u00e0 l&rsquo;instar des autres chefs de file (Echolyn, Anekdoten, Gosta Berlings Saga) qui eux aussi proposent aujourd&rsquo;hui (au tournant de 2015) des compositions plus lumineuses et simplifi\u00e9es, privil\u00e9giant la sonorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;architecture, les arrangements \u00e0 la composition. Dans le cas qui nous pr\u00e9occupe ici, c&rsquo;est de mani\u00e8re collective que s&rsquo;est constitu\u00e9 ce nouveau r\u00e9pertoire, a contrario des deux premiers disques dont la gen\u00e8se revenait au seul clavi\u00e9riste Lars Fredrik Fr\u00f8islie. Sa musique s&rsquo;y av\u00e9rait indiscutablement plus fouill\u00e9e, plus dense, plus surprenante, aux encha\u00eenements plus travaill\u00e9s, et elle s&rsquo;en av\u00e9rait infiniment plus passionnante \u00e0 apprivoiser. De mani\u00e8re plus large, difficile, du coup, de faire le distingo entre une vraie volont\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence artistique, de renouvellement, ou bien le constat plut\u00f4t de r\u00e9solutions mues par des consid\u00e9rations plus financi\u00e8res, motiv\u00e9es par la seule survie du groupe. Au final, il en ressortira encore, comme ce fut d\u00e9j\u00e0 le cas deux fois au festival Crescendo (Anekdoten, Wobbler), que c&rsquo;est v\u00e9ritablement sur sc\u00e8ne que prend toute la dimension de ces morceaux, gagnant \u00e0 chaque coup en \u00e9nergie et en conviction. Reste \u00e0 saisir la chance de voir ces groupes en live, lorsque leur tourn\u00e9e daigne passer par la France, ce qui est chose plut\u00f4t rare, voire inexistante pour certains, malheureusement.<br \/><br \/> Quoiqu&rsquo;il en soit, voici un disque au charme indiscutable, bien que manquant tout de m\u00eame d&rsquo;une certaine dose de surprise.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9solument inspir\u00e9 \u00e0 la base par la frange la plus complexe et sombre du mouvement&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7824,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[38,24,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7823"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7823"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7823\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7823"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7823"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7823"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}