{"id":7789,"date":"2017-09-23T00:00:00","date_gmt":"2017-09-22T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7789"},"modified":"2017-09-23T00:00:00","modified_gmt":"2017-09-22T22:00:00","slug":"7789","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/09\/23\/7789\/","title":{"rendered":"Chon &#8211; Homey"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;une des choses qui avait pu frapper avec la musique du trio am\u00e9ricain et ce, d\u00e8s leur premier album, est l&#8217;emploi quasi-syst\u00e9matique des gammes majeures, conf\u00e9rant \u00e0 leur musique un aspect nettement plus \u00ab\u00a0grand public\u00a0\u00bb que la plupart de leurs confr\u00e8res du genre. L&rsquo;atout indiscutable de <em>Homey<\/em> est d&rsquo;avoir su approfondir cette originalit\u00e9 : certains titres (\u00e9couter \u00ab\u00a0Berry Streets\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Feel this way\u00a0\u00bb) enfoncent le clou par un recours \u00e0 des arrangements nettement \u00e9lectro, conf\u00e9rant une ambiance surprenante, touchant au <em>chillwave<\/em>. Cette prise de risque m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre salu\u00e9e, bien qu&rsquo;on puisse regretter qu&rsquo;\u00e0 force de jouer aux bons \u00e9l\u00e8ves, <em>Chon<\/em> ne se heurte que davantage au grand mal des musiques progressives modernes : avec une production irr\u00e9prochable, une technique instrumentale touchant \u00e0 la viruosit\u00e9, des compositions riches et complexes, le groupe en vient trop souvent \u00e0 oublier l&rsquo;essentiel : produire une musique \u00e9motionnelle, susceptible de procurer \u00e0 l&rsquo;auditeur une exp\u00e9rience sensible.<\/p>\r\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce titre que <em>Homey<\/em> prend le risque de se circonscrire finalement \u00e0 sa communaut\u00e9 d&rsquo;origine, celle des musiciens et des amateurs de prog ; c&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage qu&rsquo;on note, pourtant, l&rsquo;effort fourni pour \u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil. \u00c9tant toutefois certain que le lecteur de Chromatique pourra probablement se retrouver dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des cat\u00e9gories sus-cit\u00e9es, il est conseill\u00e9 de passer outre cette conclusion un peu pessimiste, et d&rsquo;aller de ce pas d\u00e9couvrir la musique du trio californien, qui garde une l\u00e9gitimit\u00e9 incontestable \u00e0 \u00e9crire sa page de l&rsquo;histoire des musiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p><em>Chon<\/em>, en sortant son deuxi\u00e8me album chez Sumerian Records, ne trompe pas sur la marchandise, puisque le label se sp\u00e9cialise notamment dans ces nouvelles musiques progressives : Animals as Leaders, Veil of Maya, the Faceless, Periphery&#8230; La couleur, donn\u00e9e au d\u00e9part, se confirme rapidement d\u00e8s les premiers instants d&rsquo;\u00e9coute : \u00e0 l&rsquo;instar de leur premier album, <em>Grow<\/em>, les californiens continuent \u00e0 creuser un filon math rock instrumental, rappelant fortement Animals as Leaders, le c\u00f4t\u00e9 djent en moins.<\/p>\r\n\n<p>L&rsquo;une des choses qui avait pu frapper avec la musique du trio am\u00e9ricain et ce, d\u00e8s leur premier album, est l&#8217;emploi quasi-syst\u00e9matique des gammes majeures, conf\u00e9rant \u00e0 leur musique un aspect nettement plus \u00ab\u00a0grand public\u00a0\u00bb que la plupart de leurs confr\u00e8res du genre. L&rsquo;atout indiscutable de <em>Homey<\/em> est d&rsquo;avoir su approfondir cette originalit\u00e9 : certains titres (\u00e9couter \u00ab\u00a0Berry Streets\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Feel this way\u00a0\u00bb) enfoncent le clou par un recours \u00e0 des arrangements nettement \u00e9lectro, conf\u00e9rant une ambiance surprenante, touchant au <em>chillwave<\/em>. Cette prise de risque m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre salu\u00e9e, bien qu&rsquo;on puisse regretter qu&rsquo;\u00e0 force de jouer aux bons \u00e9l\u00e8ves, <em>Chon<\/em> ne se heurte que davantage au grand mal des musiques progressives modernes : avec une production irr\u00e9prochable, une technique instrumentale touchant \u00e0 la viruosit\u00e9, des compositions riches et complexes, le groupe en vient trop souvent \u00e0 oublier l&rsquo;essentiel : produire une musique \u00e9motionnelle, susceptible de procurer \u00e0 l&rsquo;auditeur une exp\u00e9rience sensible.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce titre que <em>Homey<\/em> prend le risque de se circonscrire finalement \u00e0 sa communaut\u00e9 d&rsquo;origine, celle des musiciens et des amateurs de prog ; c&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage qu&rsquo;on note, pourtant, l&rsquo;effort fourni pour \u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil. \u00c9tant toutefois certain que le lecteur de Chromatique pourra probablement se retrouver dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des cat\u00e9gories sus-cit\u00e9es, il est conseill\u00e9 de passer outre cette conclusion un peu pessimiste, et d&rsquo;aller de ce pas d\u00e9couvrir la musique du trio californien, qui garde une l\u00e9gitimit\u00e9 incontestable \u00e0 \u00e9crire sa page de l&rsquo;histoire des musiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>La d\u00e9cennie 2010 aura indubitablement vu \u00e9clore une galaxie de groupes portant un \u00e9tendard nouveau au sein des musiques progressives. Nourris autant au <em>shred<\/em> qu&rsquo;aux polyrythmies d&rsquo;un Meshuggah, les enfants terribles des ann\u00e9es 80 et 90 essaiment \u00e0 travers une n\u00e9buleuse de chapelles plus ou moins voisines : <em>math rock, djent, tech death<\/em>&#8230; Autant de patronages stylistiques r\u00e9v\u00e9lant un amour commun pour les amplis \u00e0 mod\u00e9lisation, les accords enrichis&#8230; et les instruments ayant trop de cordes !<\/p>\r\n\n<p><em>Chon<\/em>, en sortant son deuxi\u00e8me album chez Sumerian Records, ne trompe pas sur la marchandise, puisque le label se sp\u00e9cialise notamment dans ces nouvelles musiques progressives : Animals as Leaders, Veil of Maya, the Faceless, Periphery&#8230; La couleur, donn\u00e9e au d\u00e9part, se confirme rapidement d\u00e8s les premiers instants d&rsquo;\u00e9coute : \u00e0 l&rsquo;instar de leur premier album, <em>Grow<\/em>, les californiens continuent \u00e0 creuser un filon math rock instrumental, rappelant fortement Animals as Leaders, le c\u00f4t\u00e9 djent en moins.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>L&rsquo;une des choses qui avait pu frapper avec la musique du trio am\u00e9ricain et ce, d\u00e8s leur premier album, est l&#8217;emploi quasi-syst\u00e9matique des gammes majeures, conf\u00e9rant \u00e0 leur musique un aspect nettement plus \u00ab\u00a0grand public\u00a0\u00bb que la plupart de leurs confr\u00e8res du genre. L&rsquo;atout indiscutable de <em>Homey<\/em> est d&rsquo;avoir su approfondir cette originalit\u00e9 : certains titres (\u00e9couter \u00ab\u00a0Berry Streets\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Feel this way\u00a0\u00bb) enfoncent le clou par un recours \u00e0 des arrangements nettement \u00e9lectro, conf\u00e9rant une ambiance surprenante, touchant au <em>chillwave<\/em>. Cette prise de risque m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre salu\u00e9e, bien qu&rsquo;on puisse regretter qu&rsquo;\u00e0 force de jouer aux bons \u00e9l\u00e8ves, <em>Chon<\/em> ne se heurte que davantage au grand mal des musiques progressives modernes : avec une production irr\u00e9prochable, une technique instrumentale touchant \u00e0 la viruosit\u00e9, des compositions riches et complexes, le groupe en vient trop souvent \u00e0 oublier l&rsquo;essentiel : produire une musique \u00e9motionnelle, susceptible de procurer \u00e0 l&rsquo;auditeur une exp\u00e9rience sensible.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce titre que <em>Homey<\/em> prend le risque de se circonscrire finalement \u00e0 sa communaut\u00e9 d&rsquo;origine, celle des musiciens et des amateurs de prog ; c&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage qu&rsquo;on note, pourtant, l&rsquo;effort fourni pour \u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil. \u00c9tant toutefois certain que le lecteur de Chromatique pourra probablement se retrouver dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des cat\u00e9gories sus-cit\u00e9es, il est conseill\u00e9 de passer outre cette conclusion un peu pessimiste, et d&rsquo;aller de ce pas d\u00e9couvrir la musique du trio californien, qui garde une l\u00e9gitimit\u00e9 incontestable \u00e0 \u00e9crire sa page de l&rsquo;histoire des musiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>La d\u00e9cennie 2010 aura indubitablement vu \u00e9clore une galaxie de groupes portant un \u00e9tendard nouveau au sein des musiques progressives. Nourris autant au <em>shred<\/em> qu&rsquo;aux polyrythmies d&rsquo;un Meshuggah, les enfants terribles des ann\u00e9es 80 et 90 essaiment \u00e0 travers une n\u00e9buleuse de chapelles plus ou moins voisines : <em>math rock, djent, tech death<\/em>&#8230; Autant de patronages stylistiques r\u00e9v\u00e9lant un amour commun pour les amplis \u00e0 mod\u00e9lisation, les accords enrichis&#8230; et les instruments ayant trop de cordes !<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Chon<\/em>, en sortant son deuxi\u00e8me album chez Sumerian Records, ne trompe pas sur la marchandise, puisque le label se sp\u00e9cialise notamment dans ces nouvelles musiques progressives : Animals as Leaders, Veil of Maya, the Faceless, Periphery&#8230; La couleur, donn\u00e9e au d\u00e9part, se confirme rapidement d\u00e8s les premiers instants d&rsquo;\u00e9coute : \u00e0 l&rsquo;instar de leur premier album, <em>Grow<\/em>, les californiens continuent \u00e0 creuser un filon math rock instrumental, rappelant fortement Animals as Leaders, le c\u00f4t\u00e9 djent en moins.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>L&rsquo;une des choses qui avait pu frapper avec la musique du trio am\u00e9ricain et ce, d\u00e8s leur premier album, est l&#8217;emploi quasi-syst\u00e9matique des gammes majeures, conf\u00e9rant \u00e0 leur musique un aspect nettement plus \u00ab\u00a0grand public\u00a0\u00bb que la plupart de leurs confr\u00e8res du genre. L&rsquo;atout indiscutable de <em>Homey<\/em> est d&rsquo;avoir su approfondir cette originalit\u00e9 : certains titres (\u00e9couter \u00ab\u00a0Berry Streets\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Feel this way\u00a0\u00bb) enfoncent le clou par un recours \u00e0 des arrangements nettement \u00e9lectro, conf\u00e9rant une ambiance surprenante, touchant au <em>chillwave<\/em>. Cette prise de risque m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre salu\u00e9e, bien qu&rsquo;on puisse regretter qu&rsquo;\u00e0 force de jouer aux bons \u00e9l\u00e8ves, <em>Chon<\/em> ne se heurte que davantage au grand mal des musiques progressives modernes : avec une production irr\u00e9prochable, une technique instrumentale touchant \u00e0 la viruosit\u00e9, des compositions riches et complexes, le groupe en vient trop souvent \u00e0 oublier l&rsquo;essentiel : produire une musique \u00e9motionnelle, susceptible de procurer \u00e0 l&rsquo;auditeur une exp\u00e9rience sensible.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce titre que <em>Homey<\/em> prend le risque de se circonscrire finalement \u00e0 sa communaut\u00e9 d&rsquo;origine, celle des musiciens et des amateurs de prog ; c&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage qu&rsquo;on note, pourtant, l&rsquo;effort fourni pour \u00e9viter l&rsquo;\u00e9cueil. \u00c9tant toutefois certain que le lecteur de Chromatique pourra probablement se retrouver dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des cat\u00e9gories sus-cit\u00e9es, il est conseill\u00e9 de passer outre cette conclusion un peu pessimiste, et d&rsquo;aller de ce pas d\u00e9couvrir la musique du trio californien, qui garde une l\u00e9gitimit\u00e9 incontestable \u00e0 \u00e9crire sa page de l&rsquo;histoire des musiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;une des choses qui avait pu frapper avec la musique du trio am\u00e9ricain et ce,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":52,"featured_media":7790,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[46,51,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7789"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/52"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7789"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7789\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7789"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7789"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7789"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}