{"id":7775,"date":"2017-09-03T00:00:00","date_gmt":"2017-09-02T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7775"},"modified":"2017-09-03T00:00:00","modified_gmt":"2017-09-02T22:00:00","slug":"7775","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/09\/03\/7775\/","title":{"rendered":"Miriodor &#8211; Signal 9"},"content":{"rendered":"\n<p>Neuvi\u00e8me parution (comme l&rsquo;indique son titre et ses neuf morceaux) pour ce d\u00e9sormais quatuor (issu d&rsquo;une g\u00e9om\u00e9trie variable) r\u00e9sidant \u00e0 Montr\u00e9al. Miriodor est une r\u00e9f\u00e9rence depuis trente-cinq ans (form\u00e9 en 1980 !) dans son pays mais aussi au-del\u00e0, en mati\u00e8re de RIO. Le <em>Rock In Opposition<\/em> est un mouvement fond\u00e9 et \u00e9minemment dissout dans les ann\u00e9es 70, par Chris Cutler (avec Henry Cow, suivi d&rsquo;Univers Zero, Pr\u00e9sent, Art Zoyd ou Etron Fou Leloublan pour ne citer que les premiers&#8230;). Ce mouvement, d&rsquo;essence rock, puisant dans la musique moderne et contemporaine (sens stylistique du terme), ayant inspir\u00e9 toute une galaxie d&rsquo;\u00e9mules, s&rsquo;inscrivit explicitement contre l&rsquo;industrie de la musique, qui d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et bien que ce soit toujours le cas aujourd&rsquo;hui chez les majors, refusait de publier des groupes dont l&rsquo;univers stylistique et harmonique \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme non commercialisable.Tout \u00e9tait dit, et bien que le rock progressif ait connu son heure de gloire (une petite huitaine d&rsquo;ann\u00e9es), son sort a posteriori n&rsquo;a fait que nous \u00e9clairer un peu plus sur la place qu&rsquo;occupe la musique cinquante ans plus tard&#8230; Une affaire d&rsquo;argent, de norme, et de contre culture. Les amateurs de RIO, \u00e0 l&rsquo;instar du mouvement Canterbury, se sont de tous temps limit\u00e9s \u00e0 une poign\u00e9e sur la plan\u00e8te, mais dont la ferveur et l&rsquo;exigence n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9menties. Ce sont en g\u00e9n\u00e9ral des intellectuels, parfois musiciens, souvent politiquement engag\u00e9s \u00e0 gauche, voire libertaires, bien souvent regard\u00e9s par leurs confr\u00e8res prog (au sens large) comme des \u00e9lites m\u00e9prisants&#8230; C&rsquo;est parfois vrai, mais la r\u00e9ciproque est tout aussi valable&#8230; On leur pr\u00eatera davantage un go\u00fbt prononc\u00e9 et aventureux pour l&rsquo;art conceptuel, au-del\u00e0 de la gamme et des harmonies classiques, avec une certaine vision du monde et de la vie, dont les nuances et la complexit\u00e9 ne seraient qu&rsquo;une partie des nombreuses facettes. L\u00e0 o\u00f9 beaucoup recherchent l&rsquo;\u00e9vasion, l&rsquo;oubli et le r\u00eave, le RIO\u00efste (!) s&rsquo;int\u00e9resserait davantage au r\u00e9el, \u00e0 ses contradictions, son ironie, ses difficult\u00e9s, aux possibilit\u00e9s et limites de la pens\u00e9e, n&rsquo;envisageant pas tant la musique comme un v\u00e9hicule de seule beaut\u00e9 ou plaisir, mais plut\u00f4t comme une exp\u00e9rience et un champs d&rsquo;exploration en lui-m\u00eame&#8230; Vous me pardonnerez ce petit raccourci pour pr\u00e9ambule, qui nous m\u00e8ne donc au disque ici pr\u00e9sent&#8230;<br \/><br \/> Miriodor d\u00e9finit son travail comme une sorte de musique de chambre post moderne, orient\u00e9e rock, et jalonn\u00e9e de traits d&rsquo;humour. On pourra les rapprocher d&rsquo;un Zappa par exemple, l&rsquo;outrance et les paroles en moins, ou bien des audaces de King Crimson et Gentle Giant (rythmiques, accords et contrepoints en t\u00eate). Il distille depuis ses d\u00e9buts une musique fascinante, essentiellement instrumentale, alliant pulsation, architecture, harmonie et tension. Cet album ne d\u00e9roge pas \u00e0 la r\u00e8gle, et confirme l&rsquo;extr\u00eame qualit\u00e9, non seulement des musiciens, mais aussi des compositions. On y jouit aussi d&rsquo;une science d\u00e9licieuse des arrangements, tr\u00e8s largement h\u00e9rit\u00e9e des groupes pr\u00e9-cit\u00e9s. Les entrelacs de la guitare de Bernard Falaise sont toujours splendides, et d&rsquo;une pr\u00e9cision d&rsquo;orf\u00e8vre, les sonorit\u00e9s de claviers (Pascal Globensky), parfois aussi tr\u00e8s espi\u00e8gles, \u00e9voquent la sc\u00e8ne de Canterbury, et la paire rythmique (Leclerc-Lessard) donne au tout une f\u00e9roce envie de claquer des doigts&#8230; Le charme le dispute \u00e0 l&rsquo;\u00e9trange, et les pi\u00e8ces ont toujours le souci de la concision et de la lisibilit\u00e9, donc pas de morceaux fleuves ou \u00e9piques ici, ni d&rsquo;agitations absconses, ce qui n&#8217;emp\u00eache nullement un fourmillement d&rsquo;id\u00e9es et d&rsquo;enluminures&#8230; L&rsquo;\u00e9l\u00e9gance est certainement le trait de caract\u00e8re qui sied le mieux \u00e0 Miriodor et sa discographie, m\u00eame si parfois on aborde sur cet album des zones heavy ou free.<br \/><br \/> Bref, encore un incontournable, pour une carri\u00e8re d\u00e9cid\u00e9ment exemplaire. Si vous ne connaissez pas ce fleuron qu\u00e9b\u00e9cois, ne passez pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de <em>Signal 9<\/em>. Une magnifique entr\u00e9e, dans un style trop souvent boud\u00e9, qui pourtant saura d\u00e9mentir votre scepticisme le plus tenace. Superbe.<br \/><br \/> <em>Distribu\u00e9 par <a href=\"http:\/\/www.orkhestra.fr\/\">Orkhestr\u00e2<\/a><\/em>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Neuvi\u00e8me parution (comme l&rsquo;indique son titre et ses neuf morceaux) pour ce d\u00e9sormais quatuor (issu&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7776,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[53,119,33,38,54,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7775"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7775"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7775\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7776"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7775"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7775"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7775"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}