{"id":771,"date":"2010-06-18T00:00:00","date_gmt":"2010-06-17T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/771"},"modified":"2010-06-18T00:00:00","modified_gmt":"2010-06-17T22:00:00","slug":"771","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/06\/18\/771\/","title":{"rendered":"Lorn &#8211; Nothing Else"},"content":{"rendered":"<p>Interrogation \u00e9crite : \u00ab&nbsp;Sur ce fond de carte repr\u00e9sentant le territoire des \u00c9tats-Unis, placez l&rsquo;Illinois&nbsp;&#187;. Alors ? Personne ne sait o\u00f9 c&rsquo;est ? Et Springfield, \u00e7a vous dit quelque chose ? Gu\u00e8re plus ? Normal ! De fait, l&rsquo;Illinois est un \u00e9tat du nord du Middle West, trou paum\u00e9 s&rsquo;il en est, dont Chicago constitue une \u00e9trange et improbable excroissance, seule trace d&rsquo;une activit\u00e9 quelconque dans ces contr\u00e9es peu accueillantes. Et pourtant, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique un s\u00e9nateur devenu pr\u00e9sident (Barack Obama, chacun l&rsquo;aura compris), l&rsquo;Illinois envoie un autre de ses repr\u00e9sentants de par le vaste monde. <\/p>\n<p>Pas de sourire enj\u00f4leur et carnassier \u00e0 la fois, pas d&rsquo;ambition politique d\u00e9bordante, pas de <span style=\"font-style: italic;\">\u00ab&nbsp;Yes We Can&nbsp;&#187;<\/span>, mais un simple jeune homme de vingt-trois ans, muni de ce second album glacial et attachant \u00e0 la fois, publi\u00e9 par Brainfeeder, c\u00e9l\u00e8bre label electro de Los Angeles. Peuplant son univers&nbsp;musical d&rsquo;inspirations Hip-Hop (\u00ab&nbsp;None an Island&nbsp;&#187;) et dubstep, Lorn propose un disque tr\u00e8s actuel, susceptible de d\u00e9passer le simple effet de mode. Des titres comme \u00ab&nbsp;Void 2&nbsp;&#187; et plus encore \u00ab&nbsp;Glass and Silver&nbsp;&#187; superposent des vagues m\u00e9lodiques obs\u00e9dantes \u00e0 des boucles tr\u00e8s \u00e9lectroniques et lin\u00e9aires, faites de sonorit\u00e9s froides et jouant sur des effets de r\u00e9p\u00e9tition obs\u00e9dants. <\/p>\n<p>Tout au long de ces douze titres, les cassures rythmiques sont rares, et l&rsquo;auditeur parcourt un long tunnel sans aucun espoir d&rsquo;en r\u00e9chapper. Cet aspect volontairement claustrophobe est accentu\u00e9 par le choix de sons tr\u00e8s compress\u00e9s, pour distordre de rares \u00e9l\u00e9ments m\u00e9lodiques hypnotiques (\u00ab&nbsp;Greatest Silence&nbsp;&#187;). <span style=\"font-style: italic;\">Nothing Else<\/span> suinte la d\u00e9pression, la mis\u00e8re et la post-industrialisation. Les m\u00e9lodies nostalgiques ne d\u00e9passent que rarement cinq notes, comme s&rsquo;il fallait tout \u00e9conomiser, jusqu&rsquo;aux plus simples moyens de l&rsquo;expression musicale. Tout est toujours vaguement distanci\u00e9, lointain, donnant&nbsp; l&rsquo;impression que la tristesse d\u00e9bordant de ces morceaux n&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 plus vraiment d&rsquo;importance.<\/p>\n<p>Quelques titres moins sombres viennent cependant all\u00e9ger l&rsquo;ensemble (\u00ab&nbsp;Cherry Moon&nbsp;&#187;, \u00ab&nbsp;What&rsquo;s the Use&nbsp;&#187;), pour d\u00e9poser l&rsquo;auditeur sur des rivages plus sereins avant de repartir vers des cieux t\u00e9n\u00e9breux qui n&rsquo;appartiennent qu&rsquo;\u00e0 un <span style=\"font-style: italic;\">\u00ab&nbsp;Poor Lornsome Cowboy&nbsp;&#187;<\/span>. Les morceaux n&rsquo;atteignent jamais les quatre minutes, mais la concentration du propos ne nuit pas. Bien au contraire : on ne prendra jamais le jeune compositeur en flagrant d\u00e9lit de d\u00e9layage. <\/p>\n<p>Le ma\u00eetre-mot de ce <span style=\"font-style: italic;\">Nothing Else<\/span> se trouverait sans doute quelque part entre les entr\u00e9es \u00ab&nbsp;efficacit\u00e9&nbsp;&#187; et \u00ab&nbsp;concision&nbsp;&#187;, dans le dictionnaire de la sobri\u00e9t\u00e9 musicale. Ainsi, cette deuxi\u00e8me offrande pourrait-elle bien \u00eatre un moyen, pour les fans de post-rock notamment, de glisser un pied dans l&rsquo;univers electro, qui para\u00eet parfois bien herm\u00e9tique\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interrogation \u00e9crite : \u00ab&nbsp;Sur ce fond de carte repr\u00e9sentant le territoire des \u00c9tats-Unis, placez l&rsquo;Illinois&nbsp;&#187;&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":772,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/771"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=771"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/771\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/772"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=771"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=771"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=771"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}