{"id":7709,"date":"2017-05-28T00:00:00","date_gmt":"2017-05-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7709"},"modified":"2017-05-28T00:00:00","modified_gmt":"2017-05-27T22:00:00","slug":"7709","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/05\/28\/7709\/","title":{"rendered":"MaidaVale &#8211; Tales Of The Wicked West"},"content":{"rendered":"\n<p>Petit rattrapage de l\u2019ann\u00e9e 2016. <br \/> Elles sont quatre, elles font du rock. \u00c7a commence bien. Elles ne jurent que par le son et les vibrations du psych\u00e9d\u00e9lisme historique, ses horizons satur\u00e9s, son <em>heavy blues<\/em>, ses d\u00e9bordement fa\u00e7on Hendrix&#8230; Un truc de mecs ? Archi faux! Deuxi\u00e8me bonne nouvelle : elles envoient du bois sur sc\u00e8ne, et voici leur premier album, apr\u00e8s un bon paquet de concerts. Troisi\u00e8me round : elles se sont form\u00e9es en 2012, vivent en Su\u00e8de, et ne sont pas venues pour rigoler. Quatri\u00e8me salve : Les filles ne veulent pas juste s&rsquo;amuser&#8230; Voil\u00e0 un power trio, avec une chanteuse de premier plan. \u00c7a suit toujours?<br \/><br \/> <em>Tales From The Wicked West<\/em> est une ode, que dis-je, un temple, une montagne dress\u00e9 \u00e0 la Stratocaster, aux <em>fuzz<\/em>, <em>echoplex<\/em>, <em>cry baby<\/em> et tout l&rsquo;arsenal d&rsquo;un rock puissamment sexuel et lysergique, envoy\u00e9 bien les yeux dans les yeux, m\u00eames si \u00e7a pique avec toute la fum\u00e9e&#8230; Il faut entendre la miss (la blondinette, l\u00e0?) ass\u00e9ner ses riffs, ou vous foutre la chair de poule pendant plus de huit minutes, toute seule \u00e0 faire la grande sur toute la fin du disque&#8230; \u00ab\u00a0Heaven And Earth\u00a0\u00bb, la terre et le paradis&#8230; Tu m&rsquo;\u00e9tonnes! Quel feeling! Pareil pour la basse, solide, bien dans le fond, avec une batterie conqu\u00e9rante et au son parfait.<br \/><br \/> La chanteuse a ce type de gosier \u00e0 la fois poisseux et cajoleur, insolent, ce quelque chose de f\u00eal\u00e9, bousill\u00e9 \u00e0 l&rsquo;alcool, et avec un g\u00e9nial vibrato en toute fin. On a imm\u00e9diatement envie de la coller. Qu&rsquo;est-ce que vous voulez, le rock c&rsquo;est \u00e7a, dire qu&rsquo;on aime ce qui est tr\u00e8s beau et un peu cass\u00e9 quand-m\u00eame&#8230; Toujours ce quelque chose limite d\u00e9rangeant, d&rsquo;un peu maladif, fi\u00e9vreux, parfois limite sexiste, et avec en m\u00eame temps cette envie d&rsquo;admirer des filles, celles qui ne se laissent pas faire, qui tapent, qui veulent qu&rsquo;on leur foute la paix. C&rsquo;est \u00e7a, le rock. Et puis ensuite, \u00e9videmment, \u00e7a devient politique, irr\u00e9ductible, antimilitariste, anticonformiste, artistique, vous compl\u00e9terez&#8230; Tout se r\u00e9sume dans la pochette, ultra vintage, et pourtant semblant toujours \u00e9voquer nos soci\u00e9t\u00e9s. La mise en son de ce disque est spectaculaire, donnant la jubilatoire impression que cette musique vient tout juste de na\u00eetre, l\u00e0, sous votre bagnole, dans vos poings serr\u00e9s au boulot, dans votre bulletin de vote, ou sur cette route radieuse et mena\u00e7ante \u00e0 la fois&#8230;<br \/><br \/> MaidaVale (nom d&rsquo;une l\u00e9gendaire salle d&rsquo;enregistrement et de concert de la BBC) vous emm\u00e8ne, vous l&rsquo;aurez compris, l\u00e0 o\u00f9 tout \u00e9tait encore possible, o\u00f9 l&rsquo;on ne pouvait plus concevoir son existence sans une implication personnelle, sans intensit\u00e9, sans imagination, sans exp\u00e9rimentation, et surtout sans se sentir appartenir \u00e0 quelque chose de plus grand que soi&#8230; Les neuf morceaux de ce disque filent avec \u00e7a, \u00e0 toute allure, pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un ennui au compteur, et m\u00eame si rien n&rsquo;y est r\u00e9volutionnaire, du point de vue musical s&rsquo;entend, on ne peut que s&rsquo;y sentir puissamment debout, et vivant.<br \/><br \/> Excellent.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Petit rattrapage de l\u2019ann\u00e9e 2016. 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