{"id":7673,"date":"2017-04-22T00:00:00","date_gmt":"2017-04-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7673"},"modified":"2017-04-22T00:00:00","modified_gmt":"2017-04-21T22:00:00","slug":"7673","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/04\/22\/7673\/","title":{"rendered":"Karda Estra &#8211; Infernal Spheres"},"content":{"rendered":"\n<p>Karda Estra, projet prot\u00e9iforme anglais emmen\u00e9 par le multi-instrumentiste et principal compositeur Richard Wileman, d\u00e9veloppe depuis d\u00e9j\u00e0 1998 une musique tout \u00e0 fait personnelle, hors des sentiers battus (entendez <em>mainstream<\/em>), aux accents particuli\u00e8rement capiteux et \u00e9vocateurs, dont la toile de fond serait autant de films mentaux. Puis\u00e9 dans le classique, les musiques de l&rsquo;Est et le rock en g\u00e9n\u00e9ral, cet ensemble d\u00e9roule \u00e0 chaque disque une narration souvent proche de l&rsquo;intime, livr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;imaginaire de chacun. Cin\u00e9matographique serait le terme qui semble convenir le plus imm\u00e9diatement, et dont on ne cessera de saluer l&rsquo;immense talent. En voici donc d\u00e9j\u00e0 le quatorzi\u00e8me album.<br \/><br \/> <em>Infernal Spheres<\/em> propose un paysage particuli\u00e8rement onirique, malgr\u00e9 son titre, s&rsquo;appuyant sur un symphonisme magnifiquement d\u00e9licat, o\u00f9 le jazz et la fusion le disputent au neo-classique, et ce avec un m\u00eame bonheur, exprimant encore une fois \u00e0 quel point les genres se sont litt\u00e9ralement interp\u00e9n\u00e9tr\u00e9s les uns les autres. Ici, pl\u00e9nitude et contemplation guident tous les discours, et c&rsquo;est une fois de plus vers le ravissement et l&rsquo;extase qu&rsquo;on nous emporte&#8230; <br \/><br \/> Hautbois, clarinette, cor anglais, trompette, violon, trombone, clavecin, piano et nappes d&rsquo;orgue \u00e9lectrique ou acoustique (religieusement choisis !) sont au menu, versant dans des sentiments \u00e9voquant les harmonies fin 19\u00e8me-d\u00e9but 20\u00e8me, entre fl\u00e2nerie et inqui\u00e9tude.  On y trouvera assez peu de batterie (\u00ab\u00a0The Fermi Paradox\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Solar Riviera\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Free Fall On Tyche\u00a0\u00bb) et \u00e0 peine quelques discr\u00e8tes et incertaines apparitions de guitare, la plupart du temps planantes. Quant \u00e0 une basse, pas s\u00fbr d&rsquo;en voir la couleur. C&rsquo;est dire que le rock est ici sinon absent sous-jacent du moins, et dont la particularit\u00e9 \u00e9lectrique n&rsquo;en sera que mieux fondue dans les accords tenus et atmosph\u00e9riques de cette musique de chambre. On pensera particuli\u00e8rement \u00e0 certaines oeuvres t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es fran\u00e7aises des ann\u00e9es 70, dont ce disque pourrait \u00eatre la bande originale id\u00e9ale&#8230; Inventivit\u00e9, relief, choix pr\u00e9cieux des tons et couleurs, l&rsquo;art ici pr\u00e9sent s&rsquo;av\u00e8re des plus consomm\u00e9s&#8230;<br \/><br \/> Karda Estra touche au coeur, une fois n&rsquo;est pas coutume, \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, au plus profond de nous-m\u00eame, alliant beaut\u00e9 r\u00eaveuse, introspection et \u00e9tranget\u00e9, d\u00e9roulant une tapisserie magnifiquement soign\u00e9e, color\u00e9e et passionnante, fluide assur\u00e9ment. Loin d&rsquo;\u00eatre une d\u00e9clinaison de la <em>muzak<\/em> (musique d&rsquo;ascenseur) passe-partout, les plages apparaissent au fur et \u00e0 mesure comme de v\u00e9ritables tr\u00e9sors, invitant au calme et \u00e0 une certaine distorsion temporelle. Deux vertus s&rsquo;av\u00e9rant absolument indispensables, en ce si\u00e8cle d&rsquo;efficacit\u00e9 et de rentabilit\u00e9 \u00e0 tout-va&#8230; A consommer donc sans la moindre esp\u00e8ce de mod\u00e9ration. <br \/><br \/> Splendide.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Karda Estra, projet prot\u00e9iforme anglais emmen\u00e9 par le multi-instrumentiste et principal compositeur Richard Wileman, d\u00e9veloppe&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7674,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[71,53,38,36],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7673"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7673"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7673\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7674"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7673"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7673"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7673"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}