{"id":767,"date":"2010-04-29T00:00:00","date_gmt":"2010-04-28T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/767"},"modified":"2010-04-29T00:00:00","modified_gmt":"2010-04-28T22:00:00","slug":"767","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/04\/29\/767\/","title":{"rendered":"Univers Zero &#8211; Clivages"},"content":{"rendered":"<p>Ah, qu\u2019il \u00e9tait attendu cet album ! Univers Zero ne s\u2019\u00e9tait plus manifest\u00e9 depuis Implosion en 2004, et le retour d\u2019Andy Kirk, l\u2019ann\u00e9e suivante, avait chang\u00e9 la donne. Si ce disque \u00e9tait \u00e9tonnamment lumineux \u2013 \u00e0 la mesure de la noirceur ordinaire d\u2019Univers Zero, sachons raison garder \u2013, les concerts de ces derni\u00e8res ann\u00e9es marquaient un retour aux climats tortur\u00e9s de l\u2019\u00e9poque d\u2019<span style=\"font-style: italic;\">H\u00e9r\u00e9sie<\/span> ou de <span style=\"font-style: italic;\">Ceux du Dehors<\/span>, \u00ab&nbsp;Le Triomphe des Mouches&nbsp;&#187; en t\u00eate. Les apparitions de la formation belge \u00e9tant trop rares en Hexagone (en dehors des murs du Triton aux Lilas, toujours prompts \u00e0 accueillir ces musiciens \u00e9tranges, dont le plus grand plaisir semble \u00eatre d\u2019exploser les fronti\u00e8res stylistiques, et sans doute le dernier lieu de la capitale capable de leur proposer une exposition sc\u00e9nique). D\u00e8s lors, ce retour discographique n\u2019en est que plus pr\u00e9cieux.\u2028\u2028<\/p>\n<p>Plus que jamais, l\u2019enfant terrible engendr\u00e9 par le croisement qu\u2019on aurait cru jusque-l\u00e0 contre-nature entre l\u2019esth\u00e9tique rock et les musiques d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est du d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle (Bartok saute imm\u00e9diatement aux oreilles, tout comme Ligeti lorsque l\u2019on s\u2019aventure sur des terrains plus rugueux et contemporains), Univers Zero enfonce le clou de sa proposition musicale, un net cran au dessus de ses pr\u00e9c\u00e9dentes productions. Bien que les compositions soient sign\u00e9es de divers auteurs (Daniel Denis pour quatre titres, dont les excellents \u00ab&nbsp;Les Kobolds&nbsp;&#187; et \u00ab&nbsp;Soubresauts&nbsp;&#187;, mais aussi Michel Berckmans, Kurt Bud\u00e9 et Andy Kirk pour un \u00e9pique \u00ab&nbsp;Warrior&nbsp;&#187; de douze minutes), l\u2019unit\u00e9 stylistique est frappante, et <span style=\"font-style: italic;\">Clivages<\/span> rec\u00e8le un r\u00e9el propos de groupe o\u00f9 les individualit\u00e9s se fondent dans un portrait d\u2019ensemble.<\/p>\n<p>\u2028\u2028On est loin des ambiances les plus sombres de leur r\u00e9pertoire (\u00ab&nbsp;La Faulx&nbsp;&#187;, \u00ab&nbsp;Le Triomphe des Mouches&nbsp;&#187;, et \u00e9videmment \u00ab&nbsp;Jack The Ripper&nbsp;&#187;), mais tout aussi loin d\u2019Implosion. Tout ce qui semble carr\u00e9 ne l\u2019est pas, chaque m\u00e9lodie cache un propos anguleux derri\u00e8re ses arabesques grin\u00e7antes. Au d\u00e9tour de chaque break se dissimule une inqui\u00e9tude, chaque dissonance pique l\u2019oreille, l\u2019emp\u00eachant de se laisser aller \u00e0 la douceur des timbres de clarinette, de basson ou du violon. \u00ab&nbsp;Soubresauts&nbsp;&#187; a de petits airs sulfureux de danse macabre sarcastique, tandis que \u00ab&nbsp;Warrior&nbsp;&#187; et \u00ab&nbsp;Straight Edge&nbsp;&#187; frisent l\u2019angoisse. Sur chaque titre, la complexit\u00e9 est de mise, harmonique ou structurelle, quand elle ne combine pas les deux aspects. Mais jamais, pour autant, on ne perd le fil. Jamais l\u2019univers du groupe ne sombre dans l\u2019abscons.\u2028\u2028<\/p>\n<p>Qualit\u00e9, exigence et rigueur sont en effet les ma\u00eetres mots de ce <span style=\"font-style: italic;\">Clivages<\/span>, qui reste pourtant toujours accessible et parvient \u00e0 \u00e9viter l\u2019\u00e9cueil de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Voil\u00e0 donc, sans doute, le disque le plus accompli des Belges \u00e0 ce jour (et il ne s&rsquo;agit pas, ici, du clich\u00e9 galvaud\u00e9 du \u00ab&nbsp;nouvel album, le meilleur de tous jusqu\u2019au suivant&nbsp;&#187;), subtile synth\u00e8se de toutes les qualit\u00e9s de la formation. Rauque et strident, chaleureux et enj\u00f4leur, m\u00e9di\u00e9val et contemporain\u2026 Univers Zero administre la preuve par dix d\u2019une personnalit\u00e9 plus riche et plus forte que jamais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ah, qu\u2019il \u00e9tait attendu cet album ! Univers Zero ne s\u2019\u00e9tait plus manifest\u00e9 depuis Implosion&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":768,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/767"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=767"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/767\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/768"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=767"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=767"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=767"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}