{"id":7669,"date":"2017-04-17T00:00:00","date_gmt":"2017-04-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7669"},"modified":"2017-04-17T00:00:00","modified_gmt":"2017-04-16T22:00:00","slug":"7669","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/04\/17\/7669\/","title":{"rendered":"Tony Paeleman &#8211; Camera Obscura"},"content":{"rendered":"\n<p>Qui va piano va sano. Tony Paeleman  a sorti son premier album solo \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 32 ans apr\u00e8s avoir jou\u00e9 plus de 10 ans dans l\u2019ombre des plus grands (Christian Vander, Emile Parisien, Vincent Peirani \u2026). Un temps n\u00e9cessaire \u00e0 la construction de sa propre musique qui semble \u00eatre un long chemin vers la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. <em>Slow Motion<\/em>,  sorti en 2013, exprimait d\u00e9j\u00e0 une certaine vision de la lenteur \u00e0 travers des compositions aux atmosph\u00e8res \u00e9th\u00e9r\u00e9es.  Son nouvel album Camera Obscura  poursuit ce travail  tout en l\u2019ouvrant, encore davantage que le premier,  vers des horizons qui d\u00e9passent le cadre du jazz.  <br \/><br \/> Les ambiances feutr\u00e9es et a\u00e9riennes restent  au centre du travail du pianiste.  A travers une production privil\u00e9giant les basses et des compositions oniriques comme, par exemple,  le morceau \u00ab\u00a0Zadar\u00a0\u00bb ou la magnifique reprise de Charlie Haden , \u00ab\u00a0Our Spanish Love song\u00a0\u00bb , Tony Paeleman continue d\u2019explorer l\u2019univers du <em>cool jazz<\/em>. Sur ces titres, o\u00f9 les ambiances  se suffisent \u00e0  elles-m\u00eames,  les musiciens ont toujours la sagesse de mettre leur virtuosit\u00e9 au service de l\u2019\u0153uvre et de ne jouer que les notes qui bercent le silence.  Dans un monde qui va trop vite, Tony Paeleman  nous propose de revenir \u00e0 l\u2019essentiel et de reprendre notre respiration en se reconnectant \u00e0 soi. <br \/><br \/> Si cet album est donc souvent une invitation \u00e0 un voyage int\u00e9rieur, le pianiste aime aussi introduire des aspects plus sombres \u00e0 ses compositions, comme un  brusque retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. \u00ab\u00a0Broken Frame\u00a0\u00bb,  par exemple,  d\u00e9marre par de magnifiques arp\u00e8ges \u00e0 la  guitare qui invitent \u00e0 la r\u00eaverie, avant que notre s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 ne soit bouscul\u00e9e par des effets sonores plus psych\u00e9d\u00e9liques et une m\u00e9lodie, au piano, \u00e0 la limite de la dissonance.  On retrouve dans ces \u00e9carts harmoniques toute la richesse du vocabulaire de Tony Paeleman qui a voyag\u00e9 dans de nombreux pays pour y apprendre d\u2019autres langages musicaux.  Ces voyages  ont ouvert son esprit \u00e0 de nouvelles approches du travail sur les notes et sur les rythmes. Souvent il utilise des langages rythmiques qui sortent du vocabulaire habituel du jazz. Sur  \u00ab\u00a0Moving Head\u2019s \u00a0\u00bb , on trouve des claves rythmiques qui rappellent celles qu\u2019on entend dans le  hip-hop. A d\u2019autres endroits, comme sur le titre d\u2019ouverture, \u00ab\u00a0the Hex\u00a0\u00bb ,  l\u2019auditeur attentif devinera des changements m\u00e9triques qui  font penser \u00e0  l\u2019univers de la musique progressive. Tony Paeleman est donc multiple mais jamais d\u00e9monstratif. Pour entendre la richesse de son travail, il faut savoir tendre l\u2019oreille. Cette discr\u00e9tion, on la retrouve aussi dans la pochette de l\u2019album  o\u00f9 l\u2019artiste appara\u00eet en filigrane dans un clair-obscur, comme s\u2019il \u00e9tait lui-m\u00eame mal \u00e0 l\u2019aise de devoir se mettre sous la lumi\u00e8re.  Une humilit\u00e9 qui n\u2019est pas forc\u00e9ment une qualit\u00e9 pour faire carri\u00e8re dans un monde o\u00f9 les m\u00e9dias ne semblent porter attention qu\u2019\u00e0 la force des poings lev\u00e9s. <br \/><br \/> Tant pis \u2026 Ou alors tant mieux !  Tony Paeleman n\u2019est pas un artiste fait pour un public qui cherche dans la musique un bref d\u00e9clenchement d\u2019adr\u00e9naline.  Il est de ceux qui font de leur art, comme disait Glenn Gould, une construction progressive, sur la dur\u00e9e d\u2019une vie,  d\u2019un \u00e9tat d\u2019\u00e9merveillement et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui va piano va sano. 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