{"id":7665,"date":"2017-04-10T00:00:00","date_gmt":"2017-04-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7665"},"modified":"2017-04-10T00:00:00","modified_gmt":"2017-04-09T22:00:00","slug":"7665","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/04\/10\/7665\/","title":{"rendered":"Ulver &#8211; The Assassination of Julius Caesar"},"content":{"rendered":"\n<p>Quelle insolite cr\u00e9ature que ce combo norv\u00e9gien&#8230; En perp\u00e9tuelle r\u00e9invention, mutation, telle une incessante chrysalide, Ulver enivre l\u2019auditeur \u00e0 chacune de ses apparitions et offre le parfum du renouveau. <em>The Assassination of Julius Caesar<\/em>, p\u00e9pite \u00e9lectronique exp\u00e9rimentale mais abordable, est une nouvelle m\u00e9tamorphose dans une discographie d\u00e9j\u00e0 riche en rebondissements.<br \/><br \/> Sous les traits d\u2019un Depeche Mode sabbatique, d\u2019un Wolfsheim min\u00e9ral, le groupe cr\u00e9e des boucles ent\u00eatantes qui repensent <em>new wave<\/em>, <em>coldwave<\/em> et <em>synthpop<\/em> dans une ferveur symbiotique. Quelques voix f\u00e9minines viennent caresser la surface avant de transformer le tout en d\u00e9flagration sonore (le saxophone d\u00e9moniaque de \u00ab\u00a0Rolling Stone\u00a0\u00bb), preuve que le groupe a conserv\u00e9 tous ses spasmes. Parfois symphoniques au d\u00e9tour de cloches, cuivres ou cordes fortes qui sous-tendent la structure (on pense \u00e0 In the Nursery), les morceaux poss\u00e8dent une gravit\u00e9 essentielle mais jamais flagorneuse jusqu\u2019au s\u00e9minal final.<br \/><br \/> Il faut dire que les sujets, entre soci\u00e9t\u00e9s et religions, ne sont pas superficiels. De la d\u00e9esse grecque Art\u00e9mis \u00e0 la princesse Diana, de la tentative d\u2019assassinat de Jean-Paul II \u00e0 l\u2019occulte Anton LaVey, on y \u00e9gr\u00e8ne les destins tragiques et les relations troubles qui lient rite et sacrifice. Comme si Ren\u00e9 Girard avait cr\u00e9\u00e9 son \u00e9glise \u00e9lectronique occulte.<br \/><br \/> Musicalement, nous sommes \u00e0 la limite de l\u2019industriel gothique sans jamais y plonger compl\u00e8tement, on se d\u00e9lecte de <em>darkwave<\/em> sans tomber dans ses travers accablants &#8211; au sens propre (la rupture \u00e0 mi-parcours de \u00ab\u00a0So falls the world\u00a0\u00bb, les soubresauts de \u00ab\u00a0Southern Gothic\u00a0\u00bb ou\u2026 <em>Ulver goes to Hollywood !<\/em>). Dans un monde qui normalement la promeut, nous nous retrouvons en pleine anti-monotonie. C\u2019est certainement cela qui rend l\u2019album ph\u00e9nom\u00e9nal : m\u00eame lorsqu\u2019il est clairement hors de notre \u00e9poque (\u00ab\u00a0Transverberation\u00a0\u00bb, guilleret comme Tears for fears), il r\u00e9ussit \u00e0 retomber sur les pattes de la modernit\u00e9, sans nulle doute (mais pas seulement) gr\u00e2ce \u00e0 sa production impeccable.<br \/><br \/> Huit titres roboratifs, solides, parfois dat\u00e9s (les Oslo\u00eftes se disent influenc\u00e9s par Talk Talk) mais jamais de mauvais go\u00fbt : <em>The Assassination of Julius Caesar<\/em> n\u2019est pas un meurtre mais une renaissance. VNV Nation, Diary of Dreams ou Leaether Strip auraient offert une redite, Ulver propose un discours, un hommage vivant. Depeche Mode ennuie sur son dernier <em>Spirit<\/em> (\u00e0 l\u2019exception peut-\u00eatre de deux titres en guise de single), Ulver excite et tire son \u00e9pingle du nouveau jeu de la <em>synthwave<\/em>. Qui sait, les fans de Kavinsky, The Weeknd et m\u00eame Daft Punk pourraient m\u00eame en tomber amoureux ? Apr\u00e8s tout, les cr\u00e9ateurs pr\u00e9sentent eux-m\u00eame cette derni\u00e8re offrande comme leur album <em>pop<\/em> !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle insolite cr\u00e9ature que ce combo norv\u00e9gien&#8230; En perp\u00e9tuelle r\u00e9invention, mutation, telle une incessante chrysalide,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":7666,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[26,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7665"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7665"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7665\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7666"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7665"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7665"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7665"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}