{"id":7655,"date":"2017-04-02T00:00:00","date_gmt":"2017-04-01T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7655"},"modified":"2017-04-02T00:00:00","modified_gmt":"2017-04-01T22:00:00","slug":"7655","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/04\/02\/7655\/","title":{"rendered":"Promenade &#8211; Noi Al Dir Di Noi"},"content":{"rendered":"\n<p>Le prog italien, s&rsquo;il n&rsquo;a plus la vivacit\u00e9  cr\u00e9atrice ni la fra\u00eecheur d&rsquo;antan (\u00ab\u00a0c&rsquo;\u00e9tait mieux avant, mon bon monsieur&#8230;\u00a0\u00bb), reste n\u00e9anmoins tr\u00e8s productif. Promenade est l&rsquo;un de ces jeunes groupes qui savent jouer de leurs instruments et ont choisi comme fa\u00e7on de l&rsquo;exprimer un prog rock foisonnant, lubrifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;huile d&rsquo;olive et carburant au Montepulciano.  <br \/><br \/> Un peu t\u00e9m\u00e9raires sur les bords, les G\u00e9nois proposent d&#8217;embl\u00e9e \u00ab\u00a0Athletics\u00a0\u00bb en ouverture de leur premier album, dix minutes qui sont loin justement d&rsquo;\u00eatre une promenade de sant\u00e9\u2026  Cette d\u00e9ferlante instrumentale dont on ne saisit pas bien la finalit\u00e9, si ce n&rsquo;est d&rsquo;afficher le niveau de ma\u00eetrise des musiciens,  a beau \u00eatre pleine d&rsquo;enthousiasme, voire d&rsquo;humour, on pourrait ne retenir de cet assemblage de <em>breaks<\/em> incessants et de changements de rythme que le c\u00f4t\u00e9 virtuose, malgr\u00e9 des passages r\u00e9jouissants et d&rsquo;amusantes petites allusions (\u00e0 Gentle Giant par exemple). Si d&rsquo;aventure on survit \u00e0 ce remuant pr\u00e9ambule, on se rendra compte que la suite est plus sage et repr\u00e9sentative de la musique de Promenade, en d\u00e9pit d&rsquo;une inclination persistante \u00e0 vouloir en faire des caisses. La voix suave et expressive de Matteo Barisone joue heureusement le r\u00f4le d&rsquo;agent lissant sur les rugosit\u00e9s (pour ne pas dire les esbroufes) instrumentales. \u00c9videmment, le fait qu&rsquo;il chante en italien y est pour beaucoup (l&rsquo;effet n&rsquo;aurait certainement pas \u00e9t\u00e9 le m\u00eame en n\u00e9erlandais\u2026). Il est vrai que la langue d&rsquo;Eros Ramazotti se marie \u00e0 merveille avec les volutes d\u00e9licates un peu jazzy de \u00ab\u00a0L&rsquo;Albero Magico\u00a0\u00bb  par exemple.  On sent d&rsquo;ailleurs tout au long de ces trois quarts d&rsquo;heure de musique l&rsquo;influence discr\u00e8te mais tangible de la sc\u00e8ne Canterbury. C\u00f4t\u00e9 instruments, on trouve quelques jolis solos, notamment de guitare \u00e9lectrique, mais aussi une tendance de Simone Scala \u00e0 en faire un peu trop derri\u00e8re sa batterie. Un m&rsquo;as-tu-vu de jeunesse qui s&rsquo;effacera  sans doute avec le temps\u2026 L&rsquo;un des points positifs de cette luxuriance incontr\u00f4l\u00e9e est que les sept titres n&rsquo;\u00e9voluent jamais comme on pourrait s&rsquo;y attendre, tel ce \u00ab\u00a0Roccoc\u00f2\u00a0\u00bb qui s&rsquo;ouvre sur des notes de clavecin pour prendre rapidement la direction d&rsquo;un rock prog m\u00e9lodique et enlev\u00e9 que n&rsquo;auraient pas reni\u00e9 les anc\u00eatres italiens du genre que sont Banco ou PFM. Contre toute attente,  <em>Noi Al Dir Di Noi<\/em> se ferme de mani\u00e8re exactement oppos\u00e9e \u00e0 son ouverture, par le tr\u00e8s calme et m\u00e9lancolique \u00ab\u00a0Crisantemo\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e9lant une facette moins inutilement fougueuse du quatuor.<\/p>\r\n\n<p>Une telle brochette de talents, si elle est bien exploit\u00e9e, est forc\u00e9ment promise \u00e0 un bel avenir dans le genre musical qu&rsquo;elle a choisi. Encore faut-il que les individualit\u00e9s se mettent au service du groupe : quelque chose de beaucoup moins \u00e9vident  \u00e0 r\u00e9aliser en pratique qu&rsquo;en th\u00e9orie\u2026<\/p>\n<p>Le prog italien, s&rsquo;il n&rsquo;a plus la vivacit\u00e9  cr\u00e9atrice ni la fra\u00eecheur d&rsquo;antan (\u00ab\u00a0c&rsquo;\u00e9tait mieux avant, mon bon monsieur&#8230;\u00a0\u00bb), reste n\u00e9anmoins tr\u00e8s productif. Promenade est l&rsquo;un de ces jeunes groupes qui savent jouer de leurs instruments et ont choisi comme fa\u00e7on de l&rsquo;exprimer un prog rock foisonnant, lubrifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;huile d&rsquo;olive et carburant au Montepulciano.  <br \/><br \/> Un peu t\u00e9m\u00e9raires sur les bords, les G\u00e9nois proposent d&#8217;embl\u00e9e \u00ab\u00a0Athletics\u00a0\u00bb en ouverture de leur premier album, dix minutes qui sont loin justement d&rsquo;\u00eatre une promenade de sant\u00e9\u2026  Cette d\u00e9ferlante instrumentale dont on ne saisit pas bien la finalit\u00e9, si ce n&rsquo;est d&rsquo;afficher le niveau de ma\u00eetrise des musiciens,  a beau \u00eatre pleine d&rsquo;enthousiasme, voire d&rsquo;humour, on pourrait ne retenir de cet assemblage de <em>breaks<\/em> incessants et de changements de rythme que le c\u00f4t\u00e9 virtuose, malgr\u00e9 des passages r\u00e9jouissants et d&rsquo;amusantes petites allusions (\u00e0 Gentle Giant par exemple). Si d&rsquo;aventure on survit \u00e0 ce remuant pr\u00e9ambule, on se rendra compte que la suite est plus sage et repr\u00e9sentative de la musique de Promenade, en d\u00e9pit d&rsquo;une inclination persistante \u00e0 vouloir en faire des caisses. La voix suave et expressive de Matteo Barisone joue heureusement le r\u00f4le d&rsquo;agent lissant sur les rugosit\u00e9s (pour ne pas dire les esbroufes) instrumentales. \u00c9videmment, le fait qu&rsquo;il chante en italien y est pour beaucoup (l&rsquo;effet n&rsquo;aurait certainement pas \u00e9t\u00e9 le m\u00eame en n\u00e9erlandais\u2026). Il est vrai que la langue d&rsquo;Eros Ramazotti se marie \u00e0 merveille avec les volutes d\u00e9licates un peu jazzy de \u00ab\u00a0L&rsquo;Albero Magico\u00a0\u00bb  par exemple.  On sent d&rsquo;ailleurs tout au long de ces trois quarts d&rsquo;heure de musique l&rsquo;influence discr\u00e8te mais tangible de la sc\u00e8ne Canterbury. C\u00f4t\u00e9 instruments, on trouve quelques jolis solos, notamment de guitare \u00e9lectrique, mais aussi une tendance de Simone Scala \u00e0 en faire un peu trop derri\u00e8re sa batterie. Un m&rsquo;as-tu-vu de jeunesse qui s&rsquo;effacera  sans doute avec le temps\u2026 L&rsquo;un des points positifs de cette luxuriance incontr\u00f4l\u00e9e est que les sept titres n&rsquo;\u00e9voluent jamais comme on pourrait s&rsquo;y attendre, tel ce \u00ab\u00a0Roccoc\u00f2\u00a0\u00bb qui s&rsquo;ouvre sur des notes de clavecin pour prendre rapidement la direction d&rsquo;un rock prog m\u00e9lodique et enlev\u00e9 que n&rsquo;auraient pas reni\u00e9 les anc\u00eatres italiens du genre que sont Banco ou PFM. Contre toute attente,  <em>Noi Al Dir Di Noi<\/em> se ferme de mani\u00e8re exactement oppos\u00e9e \u00e0 son ouverture, par le tr\u00e8s calme et m\u00e9lancolique \u00ab\u00a0Crisantemo\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e9lant une facette moins inutilement fougueuse du quatuor.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Une telle brochette de talents, si elle est bien exploit\u00e9e, est forc\u00e9ment promise \u00e0 un bel avenir dans le genre musical qu&rsquo;elle a choisi. Encore faut-il que les individualit\u00e9s se mettent au service du groupe : quelque chose de beaucoup moins \u00e9vident  \u00e0 r\u00e9aliser en pratique qu&rsquo;en th\u00e9orie\u2026<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le prog italien, s&rsquo;il n&rsquo;a plus la vivacit\u00e9 cr\u00e9atrice ni la fra\u00eecheur d&rsquo;antan (\u00ab\u00a0c&rsquo;\u00e9tait mieux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":7656,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[33,38,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7655"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7655\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7656"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}