{"id":7619,"date":"2017-01-30T00:00:00","date_gmt":"2017-01-29T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7619"},"modified":"2017-01-30T00:00:00","modified_gmt":"2017-01-29T22:00:00","slug":"7619","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/01\/30\/7619\/","title":{"rendered":"Light Coorporation &#8211; 64:38 Radio Full Liv(f)e"},"content":{"rendered":"\n<p>Cinqui\u00e8me publication pour ce quintette polonais, proposant autre chose que du n\u00e9o progressif \u00e0 la Collage ou une \u00e9ni\u00e8me d\u00e9clinaison de Porcupine Tree. On navigue ici dans des eaux bien plus troubles, poisseuses, avant-gardiste et donc aventureuses que chez leurs nombreux compatriotes. Le fond expose l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance du jazz, assur\u00e9e par la batterie volubile et magnifiquement subtile de Milosz Krauz, celle-ci second\u00e9e par Krzysztof Waskiewicz \u00e0 la basse (solide et inventif), et dont les convives s&rsquo;adonnent \u00e0 un travail de nourriture constante, qui \u00e0 la guitare jazz rock de Mariusz Sobanski (le capitaine du groupe, responsable de toutes les compositions \u00e0 ce jour), qui au saxophone, absolument envo\u00fbtant, de Pawel Rogoza, qui enfin au vibraphone dos\u00e9 et pertinent de Mariusz Gregorowicz. Jazz on vous avait dit. Pourtant, avec eux, on est bien loin des influences standard avec des harmonies classiques, loin s&rsquo;en faut&#8230; Ces Polonais-l\u00e0 ont surtout choisi d&rsquo;en exploiter la fibre <em>free<\/em>, que ce soit pour les <em>soli<\/em>, improvis\u00e9s \u00e9videmment, mais \u00e9galement pour les compos elles-m\u00eame, qu&rsquo;ils semblent litt\u00e9ralement invent\u00e9es sur place. C&rsquo;est peut-\u00eatre la qualit\u00e9 supr\u00eame de cette formation : vous donner l&rsquo;impression divine que tout est en train de se faire ; \u00e7a flotte, \u00e7a h\u00e9site ou \u00e7a s&#8217;emballe, \u00e7a avance prudemment jusqu&rsquo;\u00e0 gagner de l&rsquo;assurance et enfin tout emporter sur son passage. C&rsquo;est de la d\u00e9friche avec une libert\u00e9 absolue, tout en plantant un sacr\u00e9 drapeau \u00e0 chaque station&#8230; A chaque album, chaque plage, Light Coorporation met un pied sur la lune, pas moins&#8230;<br \/><br \/> <em>64:38 Radio Full Liv(f)e<\/em> ne d\u00e9roge pas \u00e0 cette r\u00e8gle, proposant ce qui semblerait \u00eatre une s\u00e9rie de travaux jou\u00e9s en <em>live<\/em> (mais de toutes fa\u00e7ons chez eux il n&rsquo;y a jamais la moindre esp\u00e8ce de retouche en post production, ou du moins \u00e7a n&rsquo;est jamais perceptible) dans ce qui fut et demeure le temple du jazz polonais, prodiguant d&rsquo;absolues merveilles durant les ann\u00e9es soixante et soixante-dix, et dont on ignore encore la port\u00e9e historique, pour cause de guerre froide. Cette s\u00e9paration autant politique que psychologique et culturelle, qu&rsquo;on se le dise, nous priva d&rsquo;une bonne moiti\u00e9 du g\u00e9nie musical de cette \u00e9poque, tout autant en terme de jazz (la sublime collection Polish Jazz Serie en t\u00e9moigne encore) que de progressif. Qui sait encore aujourd&rsquo;hui combien le bloc de l&rsquo;est fut productif, surpassant ou \u00e9galant parfois les t\u00e9nors britanniques? Une lacune qu&rsquo;il faudra combler un jour pour nous, citoyens de l&rsquo;ouest, dans ces lignes ou ailleurs&#8230;<br \/><br \/> Visiblement, deux types de prises sonores ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s, l&rsquo;un sur console (table de mixage), \u00e0 la mise en espace magistrale, st\u00e9r\u00e9o, ample, \u00e9labor\u00e9e, d\u00e9finissant parfaitement chaque instrument dans le paysage, et l&rsquo;autre prise effectu\u00e9e dans la salle, avec un son plus mat, mais de tr\u00e8s bonne tenue, o\u00f9 tous les instruments proviennent de la m\u00eame source, se chevauchant un peu. Ce disque a choisi l&rsquo;alternance, passant d&rsquo;une prise \u00e0 l&rsquo;autre. Un choix qui peut s&rsquo;av\u00e9rer discutable pour les uns ou intelligent pour les autres, ce sera selon. Quoi qu&rsquo;il en soit, on y d\u00e9couvrira une r\u00e9interpr\u00e9tation de morceaux issus des premiers et troisi\u00e8mes albums, en plus d&rsquo;improvisations totales. Bien malin celui (ou celle) qui saura distinguer l&rsquo;un de l&rsquo;autre, tant l&rsquo;impression de la d\u00e9couverte est perp\u00e9tuelle, le mouvement passionnant et les plaisirs certains. La palette est plus large qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, empruntant tout autant au psych\u00e9d\u00e9lisme, \u00e0 la fusion, qu\u2019\u00e0 la frange progressive la plus mature, privil\u00e9giant la recherche d\u2019ambiances et harmonies composites. Light Coorporation offre quelque chose de rare : l&rsquo;envie d&rsquo;aller de l&rsquo;avant, avec une certaine confiance en l&rsquo;inconnu. Une certaine subversion, au final, compte tenu de l\u2019air ambiant, entre un nouveau pr\u00e9sident Trump p\u00e9tri de certitudes et une Europe obnubil\u00e9e par les statistiques&#8230;.<br \/><br \/> Studio, sc\u00e8ne, concert sans public, disque, l&rsquo;aventure vivante de Light Coorporation n&rsquo;en finit pas d&rsquo;abolir toutes ces fronti\u00e8res, s&rsquo;adonnant depuis d\u00e9j\u00e0 2007 \u00e0 ce qu&rsquo;on peut ais\u00e9ment qualifier de magie sonore. Amoureux de jazz t\u00e9n\u00e9breux, d&rsquo;inventions et dialogues perp\u00e9tuels, d&rsquo;exp\u00e9riences, ce disque et ce groupe seront pour vous, de chaque instant.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinqui\u00e8me publication pour ce quintette polonais, proposant autre chose que du n\u00e9o progressif \u00e0 la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7620,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[127,67,43,33],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7619"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7619"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7619\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7619"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7619"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7619"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}