{"id":7609,"date":"2017-01-20T00:00:00","date_gmt":"2017-01-19T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7609"},"modified":"2017-01-20T00:00:00","modified_gmt":"2017-01-19T22:00:00","slug":"7609","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/01\/20\/7609\/","title":{"rendered":"Gong &#8211; Rejoice! I&rsquo;m Dead!"},"content":{"rendered":"\n<p>Gong est mort, vive Gong! C&rsquo;est ainsi, certainement, que le tr\u00e8s regrett\u00e9 Daevid Allen (p\u00e8re historique fondateur de ce qui deviendra sans son concours l&rsquo;\u00e9cole dite de Canterbury) aurait lui-m\u00eame d\u00e9marr\u00e9 cette chronique. C&rsquo;est \u00e9galement le titre d&rsquo;un des nombreux live de cette plan\u00e8te musicale qu&rsquo;est Gong, fond\u00e9e en 1969, maintes fois renouvel\u00e9e et toujours en vie \u00e0 ce jour! Mais saurait-il en \u00eatre autrement? Rappelons que le cancer (<em>You can kill my body, babe, but you can&rsquo;t kill me<\/em>) n&rsquo;avait pas permis \u00e0 l&rsquo;artiste d&rsquo;achever la tourn\u00e9e de 2015, encore moins de vivre, laissant Kavus Torabi (Kardiacs, Guapo, Knifeworld) aux commandes, lui qui avait d\u00e9j\u00e0 particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent (<a href=\"chroniques\/item\/15060-i-see-you\"><em>I See You<\/em><\/a>), et fut officiellement intronis\u00e9 dans <a href=\"chroniques\/item\/15347-canterbury-tales\"><em>Romantic Warriors III<\/em><\/a>, indispensable DVD narrant l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e Canterbury. On y voyait Allen, le visage marqu\u00e9 mais incroyablement rajeuni du fait de ses cheveux coup\u00e9s et de sa barbichette absente, annoncer le recrutement de Torabi (l&rsquo;histoire nous dira que tout s&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9 sur une simple conversation, sans que la moindre note n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 entendue)&#8230; Le coeur nous en serre encore&#8230; Restera \u00e0 jamais cette image de lui, en tenue cosmique, tenant canne face \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an, sto\u00efque&#8230; Inoubliable et persistant, jusqu&rsquo;\u00e0 sans doute notre propre derni\u00e8re heure&#8230; Bienheureux ceux qui t\u00e9moign\u00e8rent de la pr\u00e9sence des deux musiciens en 2014, et dont on appr\u00e9cierait une publication, vid\u00e9o ou audio, pour tous ceux qui ne purent y assister&#8230; <br \/><br \/> En attendant voici donc ce Gong nouveau, sans le ma\u00eetre donc (ce qui est loin d&rsquo;\u00eatre la premi\u00e8re fois), mais dont la voix appara\u00eet cependant \u00e0 deux reprises, discr\u00e8tement, presque l&rsquo;air de rien, et en fran\u00e7ais, ce qui d\u00e9clenche beaucoup d&rsquo;\u00e9motion, tant c&rsquo;est fait avec go\u00fbt, et une grande dignit\u00e9. Ce disque est aussi \u00e9paul\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion par Didier Malherbe, Steve Hillage, et Graham Clarke, histoire d&rsquo;ent\u00e9riner le passage de sceptre. N&rsquo;est pas Gong qui veut, non plus! On conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;immense talent de Kavus Torabi, son jeu de guitare incroyable, son toucher, ses textures psych\u00e9-stoner, sa versatilit\u00e9, sa voix claire et simple, ses qualit\u00e9s de compositeur et d&rsquo;arrangeur supr\u00eame. Alors forc\u00e9ment les moustaches nous en viennent aux babines. L&rsquo;apparition de ce nouvel album induit bien des questions, \u00e9videmment: Torabi va-t-il se fondre enti\u00e8rement dans le Gong historique? <em>Space<\/em>? Jazz fusion? Ethnique? jazz rock? avant Pop Canterbury? Ou bien adaptera-t-il Gong \u00e0 son propre univers, au risque de faire bondir les fans de th\u00e9i\u00e8res volantes? Hommage, plumage, d\u00e9rapage ou transformage? Et bien contre toute attente, c&rsquo;est la derni\u00e8re solution, la plus risqu\u00e9e sans doute, qui a \u00e9t\u00e9 choisie, en ad\u00e9quation parfaite avec le parcours artistique sans concession de Torabi, tout comme celui d&rsquo;Allen.<em>Rejoice I&rsquo;m Dead<\/em> est un album coll\u00e9gial et d\u00e9mocratique; l&rsquo;esprit libre de Gong, son essence m\u00eame, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9s. <br \/><br \/> Imaginez une fusion improbable entre l&rsquo;\u00e9nergie enthousiasmante de Knifeworld (assez dominante il faut le dire), son saxo rythmique imp\u00e9rial, les glissandos et trilles cosmiques \u00e0 la Steve Hillage (quel r\u00e9gal!), et les m\u00e9lodies ethniques ou <em>free<\/em> de Didier Malherbe, le tout assaisonn\u00e9 de <em>riffs rock<\/em> tr\u00e8s radiants fa\u00e7on Kavus sous influence Crimson&#8230; et \u00e7a marche! Diablement m\u00eame. Le groupe y assure une excellence technique de tout premier ordre. Gong a une fois de plus pris un train en marche. On mesurait d\u00e9j\u00e0 les \u00e9tendues qui s\u00e9paraient <em>Angel&rsquo;s Egg<\/em> de <em>Gazeuse!<\/em>, ou <em>Floating Anarchy<\/em> de <em>I See You<\/em>, alors pourquoi jouer la surprise? A l&rsquo;allure de <em>Rejoice I&rsquo;m Dead<\/em> (\u00e9galement le morceau titre, triomphant, contagieux, extraordinaire, d\u00e9fon\u00e7ant tout sur son passage) on peut \u00e0 nouveau se r\u00e9jouir d&rsquo;une telle transformation. Force, all\u00e9gresse, po\u00e9sie, \u00e9lectricit\u00e9 et d\u00e9rive hyper spatiale sont au menu&#8230; Manqueront cependant l&rsquo;absurde et l&rsquo;autod\u00e9rision, si constitutifs d&rsquo;Allen&#8230; Une fois la nouveaut\u00e9 stylistique dig\u00e9r\u00e9e (on navigue davantage dans des eaux <em>rock<\/em> que <em>groove jazz<\/em> ou <em>funky<\/em>), on se dit tr\u00e8s vite que bon nombre des musiciens ayant travers\u00e9 ce cosmos durant ces quarante-sept derni\u00e8res ann\u00e9es seraient tent\u00e9s d&rsquo;en refaire partie tant l&rsquo;\u00e9nergie et l&rsquo;air frais qui s&rsquo;en d\u00e9gagent sont communicatifs. Une r\u00e9ussite donc. Une seule inconnue demeure: une nouvelle \u00e8re commence-t-elle vraiment, ou est-ce un simple hommage sans lendemain? Daevid et Gilly seuls nous le diront, de la-haut, l\u00e0-bas, si loin, si grands&#8230; On n&rsquo;a qu&rsquo;une h\u00e2te: entendre Torabi et sa bande puiser dans le r\u00e9pertoire global de ce ph\u00e9nix, pour l&#8217;emmener sur sc\u00e8ne. <br \/><br \/> C&rsquo;est pourquoi et parce que Gong est mort que vive Gong!<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gong est mort, vive Gong! 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