{"id":7591,"date":"2016-12-29T00:00:00","date_gmt":"2016-12-28T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7591"},"modified":"2016-12-29T00:00:00","modified_gmt":"2016-12-28T22:00:00","slug":"7591","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/12\/29\/7591\/","title":{"rendered":"G\u00f6sta Berlings Saga &#8211; Sersophane"},"content":{"rendered":"\n<p>On le sait, les sorties ne sont pas pl\u00e9thoriques chez les groupes nordiques&#8230; C&rsquo;est m\u00eame une des caract\u00e9ristiques de l&rsquo;\u00e9cole scandinave, comme ce son tr\u00e8s <em>vintage<\/em> (fin des ann\u00e9es 60 \/ d\u00e9but des ann\u00e9es 70), et cette fusion imm\u00e9diatement reconnaissable entre <em>new jazz<\/em>, <em>acid<\/em> et psych\u00e9 prog, <em>zeuhl<\/em>, symphonique, et rock d\u2019avant-garde. G\u00f6sta Berlings Saga en est l&rsquo;un des plus r\u00e9cents repr\u00e9sentants, pass\u00e9 la vague du renouveau (les ann\u00e9es 90), et indubitablement le fer de lance actuel. Imaginez donc leur m\u00e9lancolie bor\u00e9ale en boucles, coupl\u00e9e \u00e0 une tension digne des groupes les plus retors (Guapo, Elephant 9, Jagga Jazzist, King Crimson, \u00c4nglag\u00e5rd)&#8230; Inutile donc de cacher l&rsquo;excitation compulsive que procure l&rsquo;arriv\u00e9e de ce quatri\u00e8me opus, dix ans (d\u00e9j\u00e0!) apr\u00e8s le premier chapitre. On avait quitt\u00e9 <em>Glue Works<\/em> (2011) dans les meilleures dispositions possibles, encore tout r\u00e9miniscent d&rsquo;hypnose disjonct\u00e9e, basse <em>fuzz<\/em> et Rhodes foudroy\u00e9s \u00e0 l&rsquo;appui, juste au bord d&rsquo;une certaine folie. On se souvient \u00e9galement des constructions alambiqu\u00e9es mais tr\u00e8s savamment m\u00e9lodiques, et de la libert\u00e9 totale dont le groupe a fait preuve jusqu&rsquo;ici.<br \/><br \/> <em>Sersophane<\/em> appara\u00eet pourtant comme un peu en marge (l&rsquo;avenir le dira) de ce que propose G\u00f6sta Berlings Saga d&rsquo;habitude. Son inspiration devient plus m\u00e9lodique, plus apais\u00e9e, plus en retrait diront certains, avec un penchant assez marqu\u00e9 pour un progressif symphonique classique, \u00e9voquant parfois le Genesis du milieu des ann\u00e9es 70, voire Pink Floyd (\u00ab\u00a0Fort Europa\u00a0\u00bb). Des r\u00e9f\u00e9rences plut\u00f4t surprenantes pour qui suit et appr\u00e9cie les caract\u00e9ristiques profondes du quatuor. Cela d\u00e9bute comme un Anekdoten \u00e9nergique de derni\u00e8re mouture, un brin consensuel, juste efficace. Un autre morceau court assez anecdotique jalonne le milieu de l&rsquo;album, ajoutant un peu de perplexit\u00e9. La suite, le morceau-titre, sommet du disque, renoue avec les tonalit\u00e9s inqui\u00e8tes et obsessionnelles du quatuor, une batterie presque maladive de pr\u00e9cision, basse vrombissante de rigueur, tricotages tendus de guitares, \u00e9nergie et beaut\u00e9 harmonique, final sublime, bref, plaisir \u00e0 son maximum. \u00ab\u00a0Channeling The Sixth Extinction\u00a0\u00bb est la pi\u00e8ce de r\u00e9sistance, une pi\u00e8ce hypnotique \u00e0 souhait, dans ses boucles <em>acid zeuhl<\/em> \u00e9prises d&rsquo;arp\u00e8ges \u00ab\u00a0frippiennes\u00a0\u00bb, sorte d&rsquo;<em>afro beat<\/em> gla\u00e7ant, azimut\u00e9. Un morceau \u00e0 esp\u00e9rer sur sc\u00e8ne. L&rsquo;album s&rsquo;ach\u00e8ve sur une minute de guitare classique d&rsquo;une splendeur diaphane du meilleur effet, enfon\u00e7ant encore un peu plus le clou de l&rsquo;hommage au prog de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or. Et d\u00e9j\u00e0 la s\u00e9ance ferme (moins de quarante minutes), laissant, pour une premi\u00e8re \u00e9coute, un peu sur sa faim. Ce sentiment s&rsquo;estompera un peu cependant, apr\u00e8s r\u00e9\u00e9coutes successives. <br \/><br \/> Pour conclure, ce disque prend le risque de diviser, offrant une couleur plus g\u00e9n\u00e9raliste, plus consensuelle, susceptible de plaire davantage aux uns, ou bien, au contraire, \u00e9garant quelques fans de la premi\u00e8re heure. Il reste quoiqu&rsquo;il en soit une excellente entr\u00e9e en mati\u00e8re pour qui veut d\u00e9couvrir ce groupe d&rsquo;exception. La suite confirmera ou non cette orientation, en esp\u00e9rant ne pas trop devoir patienter.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On le sait, les sorties ne sont pas pl\u00e9thoriques chez les groupes nordiques&#8230; C&rsquo;est m\u00eame&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7592,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[33,38,52,24,36,42],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7591"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7591"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7591\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7592"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7591"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7591"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7591"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}