{"id":7553,"date":"2016-11-01T00:00:00","date_gmt":"2016-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7553"},"modified":"2016-11-01T00:00:00","modified_gmt":"2016-10-31T22:00:00","slug":"7553","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/11\/01\/7553\/","title":{"rendered":"Emile Parisien Quintet &#8211; Sfumato"},"content":{"rendered":"\n<p>Il est partout, \u00c9mile ! Il tourne, il tourne, aux c\u00f4t\u00e9s des plus grands. Et il compose, aussi. Son <a href=\"chroniques\/item\/15032-spezial-snack\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Spezial Snack<\/em><\/a> est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires des jazzeux gr\u00e2ce \u00e0 son audace et sa fra\u00eecheur, <em>Sfumato<\/em> est bien parti pour le rejoindre. Avec quatre gros calibres en renfort, dont le pianiste allemand Joachim K\u00fchn, le saxophoniste n&rsquo;est toujours pas d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 rentrer dans le rang. Et qui retrouve-t-on en <em>guest stars<\/em> ? Michel Portal et Vincent Peirani, bien s\u00fbr. All\u00e9chant ! <br \/><br \/> La Belle \u00c9poque ch\u00e8re \u00e0 Parisien flotte au-dessus d\u2019un \u00ab\u00a0Pr\u00e9ambule\u00a0\u00bb m\u00e9lancolique qui ne semble pas annoncer de gros mouvement sur la ligne de d\u00e9fense du jazz europ\u00e9en. C&rsquo;est pour mieux la prendre par surprise. \u00ab\u00a0Poulp\u00a0\u00bb arrive comme un chien dans un jeu de quilles et m\u00e9lange toutes ces jolies petites cases qui servent habituellement \u00e0 ranger les genres, avec force d\u00e9crochages, changements de rythmes, motifs intercal\u00e9s sans sommation. Toute la troupe s&rsquo;en donne \u00e0 c\u0153ur joie \u00e0 tour de r\u00f4le. Flamboyant ! <br \/> Mais c&rsquo;est encore peu de choses en comparaison de \u00ab\u00a0Le clown tueur de la f\u00eate foraine\u00a0\u00bb, dont on trouve une premi\u00e8re mouture sur <em>Au revoir porc-\u00e9pic<\/em> (2006). Ce titre a eu le temps de m\u00fbrir, de se d\u00e9velopper, de se perfectionner, pour atteindre une fluidit\u00e9 extraordinaire. On y retrouve l&rsquo;accord\u00e9on de Vincent Peirani et la clarinette de Michel Portal, plus expressifs que jamais sur une pi\u00e8ce tr\u00e8s color\u00e9e aux multiples rebondissements. Passionnant ! <br \/> Apr\u00e8s une composition aussi dense, rien de tel qu&rsquo;un \u00ab\u00a0Duet for Daniel Humair\u00a0\u00bb concis et nerveux bien comme il faut. En fait de \u00ab\u00a0duet\u00a0\u00bb, c&rsquo;est plut\u00f4t de \u00ab\u00a0duel\u00a0\u00bb qu&rsquo;il faudrait parler. K\u00fchn et Parisien roulent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te puis se doublent, se klaxonnent, s&rsquo;invectivent,  acc\u00e9l\u00e8rent, ralentissent, freinent brusquement : un hommage \u00e0 la virtuosit\u00e9 du batteur et peintre suisse (Parisien a jou\u00e9 pour lui sur <em>Sweet &amp; Sour<\/em> en 2012). \u00c9bouriffant !<\/p>\r\n\n<p>\u00ab\u00a0Ar\u00f4me de l&rsquo;air\u00a0\u00bb en remet une couche niveau vivacit\u00e9 et chass\u00e9s-crois\u00e9s, avec sa rythmique hypnotique et ses passages presque pop ; et tout le monde s&rsquo;y met cette fois-ci, y compris une guitare qui s&rsquo;autorise quelques saturations. A peine le temps de souffler sur un \u00ab\u00a0Brainmachine\u00a0\u00bb pachydermique et inqui\u00e9tant, qu&rsquo;on est propuls\u00e9 dans \u00ab\u00a0Umckaloabo\u00a0\u00bb, v\u00e9loce et sautillant, truff\u00e9 de p\u00e9rip\u00e9ties. Revoici la clarinette, aux c\u00f4t\u00e9s du saxophone ou se la jouant perso, et l&rsquo;accord\u00e9on, discret mais qui maintient l&rsquo;\u00e9difice sur ses fondations. Exaltant ! <br \/><br \/> Histoire de se remettre de ses \u00e9motions, on finit cette heure tumultueuse par un d\u00e9nouement plus tranquille, un \u00ab\u00a0Balladibiza\u00a0\u00bb plus rassurant, plus facile \u00e0 d\u00e9chiffrer, qui suit la voie sans d\u00e9raillement incertain sur le bas-c\u00f4t\u00e9. Il fallait bien \u00e7a apr\u00e8s avoir tant maltrait\u00e9 les chapelles du jazz. Car \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il est de bon ton de s&rsquo;offusquer et de th\u00e9oriser pour tout ce qui concerne le genre, voici un album presque transgenre. Ses fronti\u00e8res sont indistinctes, ses structures vaporeuses mais le rendu est unique : une technique picturale brillamment adapt\u00e9e \u00e0 la musique. Un certain L\u00e9onard serait fier de ce <em>Sfumato<\/em>-l\u00e0\u2026 Le jazz fran\u00e7ais n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi vigoureux, aussi cr\u00e9atif, avec des \u00c9mile Parisien qui enjambent sans vergogne la <em>caution tape<\/em> qui d\u00e9limite les territoires. \u00c9pique et virtuose, spontan\u00e9, novateur&#8230; En un mot : vivifiant !<\/p>\n<p>Il est partout, \u00c9mile ! Il tourne, il tourne, aux c\u00f4t\u00e9s des plus grands. Et il compose, aussi. Son <a href=\"chroniques\/item\/15032-spezial-snack\" target=\"\u201d_blank\u201d\"><em>Spezial Snack<\/em><\/a> est rest\u00e9 dans les m\u00e9moires des jazzeux gr\u00e2ce \u00e0 son audace et sa fra\u00eecheur, <em>Sfumato<\/em> est bien parti pour le rejoindre. Avec quatre gros calibres en renfort, dont le pianiste allemand Joachim K\u00fchn, le saxophoniste n&rsquo;est toujours pas d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 rentrer dans le rang. Et qui retrouve-t-on en <em>guest stars<\/em> ? Michel Portal et Vincent Peirani, bien s\u00fbr. All\u00e9chant ! <br \/><br \/> La Belle \u00c9poque ch\u00e8re \u00e0 Parisien flotte au-dessus d\u2019un \u00ab\u00a0Pr\u00e9ambule\u00a0\u00bb m\u00e9lancolique qui ne semble pas annoncer de gros mouvement sur la ligne de d\u00e9fense du jazz europ\u00e9en. C&rsquo;est pour mieux la prendre par surprise. \u00ab\u00a0Poulp\u00a0\u00bb arrive comme un chien dans un jeu de quilles et m\u00e9lange toutes ces jolies petites cases qui servent habituellement \u00e0 ranger les genres, avec force d\u00e9crochages, changements de rythmes, motifs intercal\u00e9s sans sommation. Toute la troupe s&rsquo;en donne \u00e0 c\u0153ur joie \u00e0 tour de r\u00f4le. Flamboyant ! <br \/> Mais c&rsquo;est encore peu de choses en comparaison de \u00ab\u00a0Le clown tueur de la f\u00eate foraine\u00a0\u00bb, dont on trouve une premi\u00e8re mouture sur <em>Au revoir porc-\u00e9pic<\/em> (2006). Ce titre a eu le temps de m\u00fbrir, de se d\u00e9velopper, de se perfectionner, pour atteindre une fluidit\u00e9 extraordinaire. On y retrouve l&rsquo;accord\u00e9on de Vincent Peirani et la clarinette de Michel Portal, plus expressifs que jamais sur une pi\u00e8ce tr\u00e8s color\u00e9e aux multiples rebondissements. Passionnant ! <br \/> Apr\u00e8s une composition aussi dense, rien de tel qu&rsquo;un \u00ab\u00a0Duet for Daniel Humair\u00a0\u00bb concis et nerveux bien comme il faut. En fait de \u00ab\u00a0duet\u00a0\u00bb, c&rsquo;est plut\u00f4t de \u00ab\u00a0duel\u00a0\u00bb qu&rsquo;il faudrait parler. K\u00fchn et Parisien roulent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te puis se doublent, se klaxonnent, s&rsquo;invectivent,  acc\u00e9l\u00e8rent, ralentissent, freinent brusquement : un hommage \u00e0 la virtuosit\u00e9 du batteur et peintre suisse (Parisien a jou\u00e9 pour lui sur <em>Sweet &amp; Sour<\/em> en 2012). \u00c9bouriffant !<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u00ab\u00a0Ar\u00f4me de l&rsquo;air\u00a0\u00bb en remet une couche niveau vivacit\u00e9 et chass\u00e9s-crois\u00e9s, avec sa rythmique hypnotique et ses passages presque pop ; et tout le monde s&rsquo;y met cette fois-ci, y compris une guitare qui s&rsquo;autorise quelques saturations. A peine le temps de souffler sur un \u00ab\u00a0Brainmachine\u00a0\u00bb pachydermique et inqui\u00e9tant, qu&rsquo;on est propuls\u00e9 dans \u00ab\u00a0Umckaloabo\u00a0\u00bb, v\u00e9loce et sautillant, truff\u00e9 de p\u00e9rip\u00e9ties. Revoici la clarinette, aux c\u00f4t\u00e9s du saxophone ou se la jouant perso, et l&rsquo;accord\u00e9on, discret mais qui maintient l&rsquo;\u00e9difice sur ses fondations. Exaltant ! <br \/><br \/> Histoire de se remettre de ses \u00e9motions, on finit cette heure tumultueuse par un d\u00e9nouement plus tranquille, un \u00ab\u00a0Balladibiza\u00a0\u00bb plus rassurant, plus facile \u00e0 d\u00e9chiffrer, qui suit la voie sans d\u00e9raillement incertain sur le bas-c\u00f4t\u00e9. Il fallait bien \u00e7a apr\u00e8s avoir tant maltrait\u00e9 les chapelles du jazz. Car \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il est de bon ton de s&rsquo;offusquer et de th\u00e9oriser pour tout ce qui concerne le genre, voici un album presque transgenre. Ses fronti\u00e8res sont indistinctes, ses structures vaporeuses mais le rendu est unique : une technique picturale brillamment adapt\u00e9e \u00e0 la musique. 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