{"id":7493,"date":"2016-08-10T00:00:00","date_gmt":"2016-08-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7493"},"modified":"2016-08-10T00:00:00","modified_gmt":"2016-08-09T22:00:00","slug":"7493","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/08\/10\/7493\/","title":{"rendered":"Macroscream &#8211; Macroscream"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;oreille, cet organe disgracieux ! Il fallait oser en coller une paire sur la pochette d&rsquo;un disque ! \u00ab\u00a0Tout a pourtant commenc\u00e9 par l\u00e0\u00a0\u00bb, diront certains en \u00e9voquant le pavillon cyclop\u00e9en qui se d\u00e9voile \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de <em>In The Court of The Crimson King<\/em>, \u0153uvre fondatrice s&rsquo;il en est. \u00ab\u00a0Que serait la musique sans l&rsquo;oreille ?\u00a0\u00bb, diront d&rsquo;autres, plus prosa\u00efquement. Certes, mais enfin, on a rarement depuis utilis\u00e9 l&rsquo;esgourde comme argument de vente. <a href=\"chroniques\/item\/14885-3\" target=\"\u201d_blank\u201d\">Factor Burzaco<\/a> ? Mullmuzzler ? Et apr\u00e8s ? Non, clairement, ils n&rsquo;ont peur de rien, ces artistes qui ont choisi d&rsquo;illustrer aussi singuli\u00e8rement leurs disques. Pour les Italiens de Macroscream, ce sont deux oreilles sym\u00e9triques, bleues sur fond rouge&#8230; telles deux ailes\u2026 S&rsquo;envoler gr\u00e2ce \u00e0 la musique, quelque chose dans ce go\u00fbt-l\u00e0 ? Gardons les interpr\u00e9tations hasardeuses pour plus tard et int\u00e9ressons-nous au contenu de cet album plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 son visuel rococo. <br \/><br \/> Apr\u00e8s un <em>Sisyphus<\/em> autoproduit en 2012, c&rsquo;est Fading Records, \u00e9manation <em>classic prog<\/em> de AltRock, qui prend la rel\u00e8ve pour sortir ce second enregistrement \u00e9ponyme. Luca Marconi a entre-temps rejoint le quintette d&rsquo;origine, et ce recrutement hisse le groupe dans la cat\u00e9gorie sup\u00e9rieure. En effet, Marconi est un vrai chanteur, qui s&rsquo;exprime en anglais quasiment sans accent et dont le chant expressif plein de vibrato, tr\u00e8s emprunt\u00e9 ou tr\u00e8s <em>soul<\/em> \u2013 \u00e0 la Herman Saming, s&rsquo;il faut absolument trouver une comparaison &#8211; colle parfaitement aux multiples facettes de six titres bariol\u00e9s. C&rsquo;est donc d&rsquo;un prog plein de couleurs et d&rsquo;influences dont il s&rsquo;agit ici, \u00e0 la bonne humeur communicative, avec un pied ou deux dans les ann\u00e9es soixante-dix. Voire jusqu&rsquo;aux genoux par moments, la faute aux sons <em>vintage<\/em> des claviers de Davide Cirone, notamment. Sautillant ou d&rsquo;un lyrisme typiquement italien, plus <em>art rock<\/em>, jazz ou m\u00eame folk que prog&rsquo; parfois, <em>Macroscream<\/em> passe du coq \u00e0 l&rsquo;\u00e2ne, de Spock&rsquo;s Beard \u00e0 Jethro Tull. Ces changements incessants d\u00e9gagent beaucoup de chaleur, en partie gr\u00e2ce \u00e0 la basse ronflante d&rsquo;Alessandro Patierno et \u00e0 de grosses louch\u00e9es de funk diss\u00e9min\u00e9es un peu partout, particuli\u00e8rement sur \u00ab\u00a0The Flying Giampy\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Goliath\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Unquiet\u00a0\u00bb. Et comme si six membres ne suffisaient pas d\u00e9j\u00e0, le groupe a convi\u00e9 une liste d&rsquo;invit\u00e9s longue comme le bras qui maintiennent debout cet \u00e9difice par la fluidit\u00e9 des diff\u00e9rents mouvements, l&rsquo;adresse avec laquelle la fl\u00fbte s&rsquo;ins\u00e8re ici, et l\u00e0 la trompette, pendant que le violon et les saxophones passent dire bonjour comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait. <br \/><br \/> Macroscream \u00e9vite pour ainsi dire toutes les emb\u00fbches qui se dressent habituellement sur le chemin d&rsquo;une formation aux ambitions progressives : longueurs inutiles, citations trop \u00e9videntes, paroles indigentes, chant caricatural, production faiblarde\u2026 Non seulement ce second album a tout pour plaire (sauf sa pochette, n&rsquo;insistons pas) mais on s&rsquo;imagine sans peine quel plaisir cela pourrait \u00eatre de voir sur sc\u00e8ne des titres aussi color\u00e9s. La France regorge de festivals de prog, alors faites votre choix, <em>signori<\/em> !<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;oreille, cet organe disgracieux ! 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