{"id":7487,"date":"2016-08-04T00:00:00","date_gmt":"2016-08-03T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/7487"},"modified":"2016-08-04T00:00:00","modified_gmt":"2016-08-03T22:00:00","slug":"7487","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/08\/04\/7487\/","title":{"rendered":"Dark Suns &#8211; Everchild"},"content":{"rendered":"\n<p>Avec le tour de force massivement acclam\u00e9 que fut <em>Orange<\/em> (2011), particuli\u00e8rement jouissif et inspir\u00e9, le groupe allemand d\u00e9laissait d\u00e9finitivement l&rsquo;artillerie metal du d\u00e9part, pour un prog hyper \u00e9labor\u00e9, tr\u00e8s <em>seventies<\/em> dans ses sonorit\u00e9s, au <em>groove<\/em> souvent imparable. Une p\u00e9pite, pas moins. Lui succ\u00e9der s&rsquo;av\u00e9rait difficile, pour ne pas dire une gageure.Trois possibilit\u00e9s : le plantage (mais vu le niveau, \u00e7a semblait quasi impossible), la redite (l\u00e0 non plus, on ne s&rsquo;en serait pas plaint !), ou enfin l&rsquo;\u00e9volution, l&rsquo;inattendu, l&rsquo;ouverture sur des horizons suppl\u00e9mentaires. Cinq ans ont pass\u00e9 et l&rsquo;on se disait que finalement, Dark Suns avait d\u00e9j\u00e0 produit son chef-d&rsquo;oeuvre et pouvait d\u00e9sormais dispara\u00eetre. C&rsquo;\u00e9tait mal conna\u00eetre ce groupe, d\u00e9sormais octuor (trompette et saxophone ont rejoint les festivit\u00e9s, en plus d&rsquo;un batteur permanent, lib\u00e9rant pleinement Niko Knappe, qui tenait aussi les baguettes, au chant). Dark Suns joue une fois de plus la carte pleinement artistique, laissant sa musique aller \u00e0 nouveau de l&rsquo;avant. Rien que pour \u00e7a, chapeau, peu nombreux sont ceux qui savent se remettre en question \u00e0 chaque album !<br \/><br \/> L&rsquo;entr\u00e9e en mati\u00e8re s&rsquo;annonce \u00e9nergique et tr\u00e8s joliment composite, entre <em>heavy<\/em> pop assum\u00e9e, et glissements neo jazz aux harmonies proches d&rsquo;un Jagga Jazzist, cuivres \u00e0 l&rsquo;appui. Le chant de Knappe appara\u00eet tr\u00e8s caressant (on pense beaucoup \u00e0 Rhys Marsh), pl\u00e2nant au dessus de cet \u00e9chafaudage splendide, tournant sans cesse autour des accords. L&rsquo;univers s&rsquo;est encore enrichi, avec beaucoup de s\u00e9duction. La suite enfonce le clou ; post rock, post jazz, post pop, post gothique, et ce, avec une fa\u00e7on toute diabolique de se renouveler, de glisser vers un refrain ou une digression avec une fluidit\u00e9 absolument miraculeuse&#8230; \u00ab\u00a0 Drifting With The Sun\u00a0\u00bb au riff d&rsquo;intro v\u00e9n\u00e9neux et <em>blues<\/em> \u00e0 souhait, suivi d&rsquo;un refrain sous-tendu de mellotron, est un mod\u00e8le du genre. M\u00eame si \u00e7a et l\u00e0 on traverse des zones assez sagement balis\u00e9es, m\u00eame si la voix parfois tr\u00e8s mani\u00e9r\u00e9e du chanteur peut agacer, et m\u00eame si l&rsquo;album souffre d&rsquo;une certaine longueur (onze morceaux), les atmosph\u00e8res y sont terriblement soign\u00e9es,  ondoyantes, ondulantes, cycliques \u00e0 en perdre la t\u00eate (mais jamais l&rsquo;\u00e2me) ; cet album saura charmer en profondeur. On y d\u00e9c\u00e8le en filigrane les nu\u00e9es d&rsquo;un Porcupine Tree, filtr\u00e9 de fusion lente et majestueuse, d&rsquo;un Riverside au meilleur de sa forme (le chant rappelle beaucoup celui de Mriusz Duda), ou d&rsquo;un Anekdoten, avec la m\u00eame magie des arrangements, et dont les splendides arabesques et mutations harmoniques semblent manquer aux derniers travaux de Sir Wilson, c&rsquo;est dire !<br \/><br \/> L&rsquo;apport des instruments \u00e0 vent (trompette, flute ou saxo, notamment pour  \u00ab\u00a0 Monster\u00a0\u00bb au jazz magnifique et tr\u00e8s envo\u00fbtant) repr\u00e9sente un enrichissement ind\u00e9niable. Le piano \u00e9galement, dont les accords velout\u00e9s contribuent si bien aux impressions stratosph\u00e9riques. L&rsquo;orgue Hammond et le Fender Rhodes (\u00e9mulation ou instruments d\u2019origine ?), \u00e7a et l\u00e0, ainsi que les nombreux sons clairs et effets de guitare (\u00ab\u00a0The Fountain Garden\u00a0\u00bb, magnifique) conservent l&rsquo;orientation <em>seventies<\/em> du disque pr\u00e9c\u00e9dent. Et si la majest\u00e9 et la lenteur dominent le propos, c&rsquo;est sans compter quelques moments de puissance, et de tr\u00e8s belle \u00e9nergie (\u00ab\u00a0The Only Youg Ones Left\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Codes\u00a0\u00bb).<br \/><br \/> En un mot, <em>Everchild<\/em> propose une musique capiteuse, superbe, en rien d\u00e9monstrative, splendidement construite et chant\u00e9e, tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e, \u00e0 la beaut\u00e9 profonde et pourtant \u00e9vidente, et dont on ne devine jamais compl\u00e8tement la suite. C&rsquo;est l&rsquo;un de ses innombrables charmes, celui de vous pousser irr\u00e9sistiblement vers une r\u00e9\u00e9coute. Un seul souhait, que le prochain arrive plus vite ! br&gt;<br \/> Une splendeur.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec le tour de force massivement acclam\u00e9 que fut Orange (2011), particuli\u00e8rement jouissif et inspir\u00e9,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":7488,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[49,88,38,52,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7487"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7487"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7487\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7488"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7487"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7487"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7487"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}